Lors d'une séance de travail au siège des Nations Unies à New York. Photo : Mission permanente du Vietnam auprès de l’ONU.
Lors d'une séance de travail au siège des Nations Unies à New York. Photo : Mission permanente du Vietnam auprès de l’ONU.

Vers le XIVᵉ Congrès du PCV :

Le Vietnam, un membre actif et responsable de l’ONU

L’ambassadeur Do Hung Viet, chef de la Mission permanente du Vietnam auprès des Nations unies, a accordé une interview sur les résultats et les contributions du Vietnam à l’Organisation des Nations unies (ONU) en 2025, ainsi que sur les orientations de son action en 2026 au sein de ce mécanisme multilatéral.

Monsieur l’ambassadeur, au cours de l’année écoulée, dans un contexte mondial marqué par de profondes fluctuations et divisions, comment évaluez-vous l’entrelacement des opportunités et des défis pesant sur les objectifs prioritaires des Nations unies ?

L’année 2025 a été marquée par d’importants bouleversements et de nombreux défis. La rivalité stratégique entre grandes puissances, la montée de l’unilatéralisme et de la politique de puissance ont gravement érodé les principes fondamentaux du droit international.

De multiples foyers de conflit continuent de perdurer et de s’intensifier, de l’Ukraine à Gaza, en passant par le Soudan et le Myanmar, tandis que la course aux armements, y compris nucléaires, s’exacerbe.

Parallèlement, les défis de sécurité non traditionnels, dont le changement climatique, les catastrophes naturelles, les crises humanitaires et l’insécurité alimentaire, continuent de s’aggraver, avec des impacts profonds sur l’ensemble des pays, en particulier les pays en développement.

Ces difficultés constituent un défi majeur pour les Nations unies, en dispersant l’attention et les ressources allouées aux actions communes, notamment dans des domaines clés tels que le développement durable, la lutte contre le changement climatique, la gestion des catastrophes ou les opérations de maintien de la paix.

Les Nations unies font également face à des divisions accrues. Alors que, lors des sessions précédentes de l’Assemblée générale de l’ONU, la majorité des résolutions étaient adoptées par consensus, en 2025, près de 75 % des résolutions ont dû être adoptées par vote.

Certaines résolutions ont même été approuvées avec un nombre de voix favorables ne représentant qu’environ un tiers des États membres, ce qui rend difficile la garantie d’un large soutien et d’une mise en œuvre efficace.

Toutefois, dans ce tableau dominé par des teintes grises, des points lumineux et des opportunités demeurent.

Premièrement, des avancées notables ont été enregistrées dans l’élaboration et la promotion de cadres juridiques mondiaux visant à répondre aux défis communs.

À titre d’exemple, 72 pays ont signé la Convention sur la lutte contre la cybercriminalité lors de la cérémonie officielle d’ouverture à la signature organisée récemment à Hanoï ; l’Accord sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine dans les zones situées au-delà de la juridiction nationale (BBNJ) devrait entrer en vigueur début 2026 après le nombre requis de ratifications ; ou encore l’Accord mondial sur la prévention et la réponse aux pandémies adopté par l’Assemblée mondiale de la Santé.

Deuxièmement, dans un contexte de recul des ressources et des engagements des grandes puissances, les petits pays et les pays en développement perçoivent de plus en plus les Nations unies comme un centre irremplaçable de coordination des efforts de coopération internationale, de promotion du développement durable et de réponse aux défis communs.

Troisièmement, les périodes de crise et de difficultés sont aussi porteuses d’opportunités de réforme et de renouveau. C’est précisément la voie empruntée aujourd’hui par les Nations unies à travers l’initiative « UN 80 », proposée par le Secrétaire général. Il s’agit du plus grand effort de réforme jamais entrepris, offrant non seulement à l’Organisation l’occasion de se renouveler et de renforcer son rôle, mais aussi de promouvoir un fonctionnement plus démocratique, transparent et efficace, mieux à même de répondre aux besoins et aux intérêts des États membres, en particulier des pays en développement.

En résumé, dans un monde instable et semé de défis, les Nations unies s’efforcent de s’adapter et de se réformer afin de continuer à jouer un rôle central dans la coopération multilatérale, de saisir les opportunités, de surmonter les obstacles et d’apporter des contributions concrètes à la paix et à la sécurité internationales, au développement durable et à la protection des droits de l’homme.

L’ambassadeur Do Hung Viet, chef de la Mission permanente du Vietnam auprès de l’ONU.
L’ambassadeur Do Hung Viet, chef de la Mission permanente du Vietnam auprès de l’ONU.

Le Vietnam participe de plus en plus activement et de manière substantielle aux travaux de nombreux organes importants des Nations unies. Pourriez-vous nous présenter les réalisations marquantes du Vietnam au sein de l’ONU en 2025 ? En quoi ces résultats ont-ils contribué à renforcer le rôle, la position et l’image du Vietnam sur la scène internationale ?

En 2025, le Vietnam a continué de mettre en œuvre de manière efficace la ligne de politique étrangère du Parti et de l’État dans les forums des Nations unies. Nous avons participé à des centaines de réunions à tous les niveaux, dans un esprit de proactivité, d’engagement et de contributions concrètes, tout en partageant les responsabilités communes. Ce faisant, le Vietnam a progressivement affirmé son rôle, son prestige et son identité propre au sein de la plus grande organisation multilatérale du monde.

Cinq faits saillants peuvent être relevés concernant la participation du Vietnam aux Nations unies en 2025.

Premièrement, l’implication étroite et la participation directe des plus hauts dirigeants du Parti et de l’État vietnamiens aux activités majeures des Nations unies ont permis de transmettre des messages forts du Vietnam en faveur de la paix, du multilatéralisme, du règlement des défis communs et du développement durable.

À cet égard, la participation du Président vietnamien Luong Cuong au débat général de haut niveau de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale, ainsi que celle du Premier ministre Pham Minh Chinh à la troisième Conférence des Nations unies sur les océans, sont particulièrement emblématiques.

Deuxièmement, le Vietnam a accueilli avec succès la cérémonie d’ouverture à la signature de la Convention sur la lutte contre la cybercriminalité, marquant un jalon historique.

Pour la première fois, le nom de Hanoï est associé à un traité international de portée mondiale, désormais connu sous le nom de « Convention de Hanoï ». La signature par 72 pays en seulement deux jours a constitué un moment fort et un point lumineux de la coopération multilatérale en 2025.

Troisièmement, la visite au Vietnam du secrétaire général des Nations unies, António Guterres, pour la deuxième fois au cours d’un même mandat (en octobre 2025), constitue également un fait marquant.

Lors de ses échanges avec les dirigeants vietnamiens, le secrétaire général de l'ONU a affirmé que le Vietnam est un partenaire exemplaire des Nations unies, un pilier du monde multipolaire actuel. Le pays mérite une voix, une représentation et un rôle plus importants au sein du système de gouvernance mondiale.

Quatrièmement, le Vietnam a été réélu au Conseil des droits de l’homme des Nations unies avec le nombre de voix le plus élevé parmi les candidats de la région Asie-Pacifique. Ce résultat témoigne de la confiance de la communauté internationale envers les contributions positives du Vietnam durant le mandat 2023-2025, ainsi que de la reconnaissance de ses efforts et réalisations en matière de promotion et de protection des droits de l’homme.

En 2025, le Vietnam a également assumé avec succès la présidence de la 35ᵉ Conférence des États parties à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (SPLOS), tout en étant membre du Conseil exécutif d’ONU Femmes, ainsi que de nombreux autres organes et mécanismes onusiens.

Cinquièmement, le Vietnam a entamé la préparation et la mise en œuvre de son rôle de président désigné de la Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) de 2026.

À travers une série de consultations avec des pays de différentes régions, le Vietnam a commencé à affirmer sa capacité de leadership et de coordination dans un processus d’une importance majeure pour la paix et la sécurité internationales.

Ces résultats contribuent à enrichir le « récit vietnamien » aux Nations unies : celui d’un Vietnam proactif, responsable, partenaire fiable et membre actif de la communauté internationale.

Le président vietnamien Luong Cuong prononce un discours lors du débat général de haut niveau de la 80e session de l'Assemblée générale des Nations unies, en septembre 2025 aux États-Unis. Photo: VNA
Le président vietnamien Luong Cuong prononce un discours lors du débat général de haut niveau de la 80e session de l'Assemblée générale des Nations unies, en septembre 2025 aux États-Unis. Photo: VNA

Dans le projet de documents du XIV Congrès du Parti, la politique étrangère et l’intégration internationale sont, pour la première fois, placées au même rang que la défense et la sécurité, devenant une mission « essentielle et permanente ». À la lumière de près de quarante années de Renouveau et d’intégration internationale du Vietnam, notamment au sein des Nations unies, quelles leçons illustrent ce changement de perspective ?

Le fait que le projet de documents du XIVᵉ Congrès national du Parti communiste du Vietnam (PCV) qualifie pour la première fois la politique étrangère et l’intégration internationale de mission « essentielle et permanente » reflète une évolution majeure de la pensée théorique du Parti quant au rôle de l’action extérieure. Cela consacre l’importance du « triptyque stratégique » formé par la défense, la sécurité et la diplomatie, trois piliers indissociables de la protection des intérêts nationaux et de la souveraineté du pays.

Cette évolution traduit également des attentes élevées du Parti et de l’État à l’égard de la politique étrangère et de l’intégration internationale : non seulement accompagner la défense et la sécurité dans la protection anticipée et à distance du pays, mais aussi servir de canal d’attraction des ressources et des savoirs au service du développement national, tout en renforçant la position et la voix du Vietnam sur la scène internationale.

Comme l’a souligné le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam, To Lam, « la diplomatie vietnamienne doit atteindre de nouveaux sommets afin d’assumer de nouvelles responsabilités honorables, dignes de son rôle d’avant-garde et de force intégrée de la révolution vietnamienne ».

Aux Nations unies, le Vietnam continuera de mettre en œuvre cette orientation de manière globale. Il s’agit d’abord de contribuer à la création d’un environnement pacifique et stable favorable au développement, en valorisant le rôle central des Nations unies dans la défense et la promotion des principes fondamentaux du droit international et de la Charte des Nations unies, contribuant ainsi durablement à la paix et à la sécurité internationales.

Le Vietnam renforcera également sa participation active à l’élaboration des règles du jeu et à la structuration des institutions multilatérales.

Alors que, par le passé, notre pays se concentrait principalement sur le respect des règles existantes, il s’engage désormais à participer plus profondément et plus activement à la définition de nouvelles normes et cadres, notamment dans des domaines clés pour l’avenir national tels que la science et la technologie, la cybersécurité ou la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle.

Par ailleurs, le Vietnam entend exploiter pleinement le rôle des Nations unies en tant que centre de connexion des connaissances et des expériences mondiales, afin d’attirer, de sélectionner et d’appliquer les ressources intellectuelles internationales au service direct du développement du pays.

Grâce à cette approche, l’action extérieure et la coopération multilatérale du Vietnam au sein des Nations unies continueront de gagner en substance et d’apporter des bénéfices concrets et durables à la nation.

Le Premier ministre Pham Minh Chinh (à droite) participe à l'ouverture de la 3e Conférence de haut niveau des Nations unies sur les océans (UNOC-3), en juin 2025 à Nice (en France). Photo : VNA
Le Premier ministre Pham Minh Chinh (à droite) participe à l'ouverture de la 3e Conférence de haut niveau des Nations unies sur les océans (UNOC-3), en juin 2025 à Nice (en France). Photo : VNA

Enfin, au regard des nombreux acquis de 2025, quelles seront les priorités du Vietnam aux Nations unies en 2026, une année charnière marquée par l’approfondissement de l’intégration internationale ?

L’année 2026 sera la première année de mise en œuvre de la Résolution du XIVᵉ Congrès du Parti, qui qualifie la politique étrangère et l’intégration internationale de missions essentielles et permanentes. Elle constituera également une étape clé dans la préparation du 50ᵉ anniversaire de l’adhésion du Vietnam aux Nations unies (1977 – 2027).

Dans ce contexte, plusieurs priorités ont été définies.

La première consiste à assurer une participation active aux grands rendez-vous onusiens en 2026, dont le débat général de haut niveau de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale, la Conférence des Nations unies sur l’eau, le Sommet sur l’intelligence artificielle, ou encore la réunion consacrée à l’Objectif de développement durable no 16 relatif à la paix, à la justice et aux institutions efficaces.

Une autre priorité majeure sera l’exercice par le Vietnam de la présidence de la Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, prévue en avril-mai 2026. Il s’agit d’une responsabilité particulièrement importante, car c'est la première fois que le Vietnam préside un mécanisme de premier plan concernant la lutte contre la prolifération nucléaire, la promotion du désarmement et la garantie de la sécurité nucléaire.

La communauté internationale place de grands espoirs dans la capacité du Vietnam à favoriser le dialogue, à instaurer la confiance et à impulser des avancées positives, tout en réaffirmant et consolidant les engagements communs en faveur du désarmement nucléaire, de la non-prolifération et de l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire.

En 2026, le Vietnam poursuivra également sa participation active et son rôle au sein des mécanismes et organisations multilatérales dont il est membre, notamment le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, le Conseil exécutif d’ONU Femmes, ainsi que de nombreux autres forums multilatéraux.

Il intensifiera par ailleurs ses efforts pour soutenir la candidature d’un juge vietnamien au Tribunal international du droit de la mer (TIDM).

Tout cela contribuera à affirmer l’image d’un Vietnam actif, responsable et toujours prêt à apporter des contributions substantielles aux travaux des Nations unies et aux objectifs communs de paix, de sécurité et de développement durable.

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