Le village touristique de Lin Chang, une destination attractive pour découvrir la culture vietnamienne en Thaïlande

Le village touristique de Lin Chang, village flottant de la communauté vietnamienne situé le long de la pittoresque rivière Kwai, dans la commune de Pak Phraek, province de Kanchanaburi, se trouve à environ 130 km de Bangkok (Thaïlande).

La pagode vietnamienne Khanh Tho, vielle de plus de 200 ans d’histoire au bord de la Kwai. Photo: VOV
La pagode vietnamienne Khanh Tho, vielle de plus de 200 ans d’histoire au bord de la Kwai. Photo: VOV

Le site est réputé pour sa beauté naturelle encore sauvage et son histoire singulière, où se mêlent de manière remarquable les empreintes culturelles thaïes et vietnamiennes.

Le village flottant de Lin Chang, un paisible village vietnamien sur la rivière Kwai

Depuis le Skywalk de Kanchanaburi, une passerelle de verre située à 12 mètres de hauteur au confluent de la Mae Klong et de la Kwai, le village flottant de Lin Chang apparaît sous les teintes rougeoyantes du coucher du soleil, offrant un tableau simple et paisible d’une région fluviale encore sauvage. Au loin, la grande statue blanche de Bouddha du temple Tham Khao Laem se détache sur la montagne, accentuant l’atmosphère méditative du paysage crépusculaire.

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Depuis le Skywalk de Kanchanaburi, il est possible d’admirer l’ensemble du village flottant de Lin Chang. Photo: VOV

M. Noppadon Kachangchai, un Thaï d’origine vietnamienne de troisième génération vivant à Lin Chang, explique : « Autrefois, nos ancêtres vietnamiens s’étaient installés sur la rivière et vivaient de la pêche. Ensuite, ils ont évolué vers l’élevage de poissons en cages. Aujourd’hui, la majorité des habitants se sont tournés vers les services touristiques sur des radeaux. Nous accueillons des visiteurs venus de nombreux pays tels que la Chine, Singapour, la Corée du Sud, la Russie et plusieurs pays européens. L’activité touristique sur les radeaux est devenue la principale source de revenus de la communauté thaïe d’origine vietnamienne ici, tout en contribuant à faire de ce lieu une destination importante de la province de Kanchanaburi. »

Sous la lumière de l’après-midi, au son de la musique du “Loi Krathong”, les radeaux touristiques glissant lentement sur la rivière Kwai dessinent une image vivante de cette communauté vietnamienne de Kanchanaburi, où les cultures thaïe et vietnamienne s’entrelacent pour offrir une identité nouvelle et attractive aux visiteurs.

Aujourd’hui, les cultures thaïe et vietnamienne se sont profondément mêlées dans la vie quotidienne du village de Lin Chang. La pagode vietnamienne Khanh Tho, située près du village, constitue depuis plus de 200 ans un lieu spirituel majeur pour les Vietnamiens de la région. Il est désormais également un site de recueillement pour les habitants thaïlandais et les touristes. Les plats vietnamiens sont eux aussi devenus des spécialités emblématiques de la province de Kanchanaburi.

Pramote Unjitskul, maire de la ville de Pak Phraek, déclare : « Autrefois, les rives étaient encore sauvages et couvertes de végétation dense. Ces dernières années, les autorités locales ont aménagé des embarcadères et organisé des espaces pour les activités touristiques sur radeaux. Aujourd’hui, environ 400 à 500 radeaux exercent une activité touristique dans cette zone. Le tourisme fluvial génère des revenus importants et stables pour la communauté thaïe d’origine vietnamienne. C’est désormais l’un des modèles touristiques majeurs de la province de Kanchanaburi. »

« Nous accueillons des touristes nationaux et des visiteurs internationaux venant avec des agences de voyage. Le mois d’avril, pendant le festival Songkran, est la période la plus fréquentée. Certains mois, nous recevons des dizaines de milliers de visiteurs. Lors des grandes fêtes, jusqu’à 200 à 300 bus touristiques peuvent arriver en une seule journée. Outre les séjours sur radeaux très appréciés des visiteurs coréens, nous proposons également des nuitées sur l’eau. Le prix d’un forfait 2 jours 1 nuit est d’environ 6 500 bahts (environ 200 USD) pour un groupe de 30 à 40 personnes, hors restauration. Les espaces sur les radeaux sont ouverts, avec des couchages collectifs rappelant les maisons communautaires sur pilotis, très appréciés des touristes », ajoute M. Noppadon.

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Kaeng Som Yuan, la soupe de poisson aigre vietnamienne en terre thaïlandaise. Photo: VOV

Même si la pêche sur la rivière Kwai n’est plus pratiquée par la majorité des Vietnamiens locaux, le Kaeng Som Yuan, une soupe de poisson aigre créée par la communauté vietnamienne de Kanchanaburi, reste bien présent. Ce plat, issu de la tradition de pêche fluviale, est devenu une spécialité emblématique de la province et s’est diffusé dans plusieurs régions du « pays du temple d’or ».

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Aujourd’hui, les Vietnamiens de Lin Chang vivent principalement du tourisme fluvial et de l’élevage de poissons en cages.

La soupe de poisson aigre est connue sous le nom de « Kaeng Som Yuan Baan Lin Chang ». Elle est née du savoir-faire populaire de la communauté vietnamienne locale. Autrefois, les habitants travaillaient principalement comme pêcheurs. Exposés régulièrement à l’eau froide, ils souffraient de problèmes respiratoires. Ce plat était à la fois un aliment et un remède traditionnel destiné à prévenir certaines maladies liées à la pêche.

Un chef cuisinier d’un restaurant flottant près du pont de l’amitié Song An explique : le plat est simple à préparer. Les ingrédients principaux sont le piment oiseau, la pâte de crevettes et les échalotes pilées. Le tout est ajouté à de l’eau bouillante, puis on y incorpore du poisson (souvent du poisson-chat local), des tomates jaunes, du jus de citron pour l’acidité, et du basilic pour l’arôme. Le goût est à la fois acide et épicé, rappelant certaines soupes de poisson du littoral du centre du Vietnam.

Au début, le Kaeng Som Yuan était consommé seulement par la communauté d’origine vietnamienne, mais il s’est progressivement diffusé. En 2023, le ministère thaïlandais de la Culture lui a décerné le titre de « plat emblématique de la province de Kanchanaburi », tandis que le ministère de la Santé l’a reconnu comme un « plat bénéfique pour la santé ». Très apprécié des Thaïlandais, ce plat est réputé pour ses saveurs acides et épicées. Selon les habitants, il aide à transpirer et à se rétablir rapidement en cas de rhume ou pendant la saison des pluies.

Aujourd’hui, le Kaeng Som Yuan est également produit sous forme de mélange d’épices prêt à l’emploi : il suffit de faire bouillir de l’eau, d’ajouter la poudre, le poisson et les légumes pour obtenir le goût traditionnel. Sans conservateurs, il se conserve jusqu’à un an. Il est considéré comme un produit typique de Kanchanaburi, reflétant l’identité culinaire thaïe–vietnamienne et très apprécié des touristes.

Pramote Unjitskul précise : « La communauté vietnamienne vit ici depuis plus de 100 ans. Aujourd’hui, les générations suivantes sont issues d’un métissage thaï-vietnamien. Nous souhaitons développer davantage le tourisme culturel et gastronomique. En plus du Kaeng Som Yuan, nous voulons promouvoir des plats vietnamiens comme les nouilles, le phở, ou le bánh tét, afin de développer un tourisme culinaire basé sur l’expérience de la cuisine vietnamienne. »

Le pont Song An, situé sur la rivière Kwai, est un symbole de l’harmonie entre les communautés thaïe et vietnamienne. Le mot « Song » évoque l’union de deux entités, symbolisant les deux nations, tandis que « An » signifie paix, harmonie et bonheur. Long d’environ 20 à 25 mètres, ce pont représente la coexistence harmonieuse des communautés des deux rives. Les autorités locales prévoient d’y mettre en service un embarcadère et un marché flottant pour renforcer l’attractivité touristique de la zone.

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