Des liens sans frontières au cœur de Hanoi

Des liens sans frontières au cœur de Hanoi

Bien plus qu’une simple destination touristique, Hanoi se transforme progressivement en un espace vivant de rencontres multiculturelles, porté par la dynamique de l’intégration internationale.

Les croisements entre les cultures apparaissent dans les lieux les plus ordinaires : amphithéâtres universitaires, terrains de basket-ball ou encore moments de recueillement dans une mosquée. Ces rencontres du quotidien tissent discrètement des liens entre les individus et donnent naissance à des histoires d’amitié et d’amour sans frontières.

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À l’Université du Commerce de Hanoi, Byambajav D., étudiant originaire de Mongolie, partage depuis quatre ans le rythme de vie de la capitale vietnamienne. Contrairement à de nombreux compatriotes qui choisissent généralement la Russie ou la Chine pour leurs études, il a opté pour le Vietnam afin de vivre une expérience totalement nouvelle.

Lors de ses débuts, l’université lui a permis de nouer ses premières amitiés locales. Bien que les cours soient dispensés en anglais, certaines notions restaient parfois expliquées à l’aide de termes ou d’expressions vietnamiennes, obligeant souvent le jeune Mongol à solliciter l’aide de ses camarades pour suivre les enseignements.

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M. Byambajav D. (deuxième à partir de la gauche) avec des amis vietnamiens à l’Université du Commerce. (Photo : Quynh Anh)

Des discussions autour des cours aux échanges sur les réseaux sociaux, la distance entre l’étudiant étranger et ses camarades s’est peu à peu réduite. En dehors des salles de classe, ils sont devenus de véritables amis, partageant jeux vidéo, cafés de rue et balades à travers les moindres recoins de Hanoi.

Le jeune homme confie que la chaleur humaine et l’ouverture d’esprit de ses amis vietnamiens lui ont permis de surmonter rapidement le sentiment de solitude loin de son pays. Pour décrire les jeunes Vietnamiens, il résume son impression en trois mots : polis, enthousiastes et dynamiques.

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Venu d’Arabie saoudite et aujourd’hui professeur d’anglais à Hanoi, Mohamed Mahdi Idrissi vit au Vietnam depuis environ huit mois. À son arrivée dans la capitale, la barrière linguistique lui donnait l’impression d’être « presque incapable de communiquer avec qui que ce soit ». La mosquée Al-Noor, située dans la rue Hang Luoc, est alors devenue pour lui un véritable lieu de sociabilité et de rencontres.

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M. Mohamed Mahdi Idrissi (à droite) avec un ami à la mosquée Mosquée Al-Noor. (Photo : Thu Phương)

Selon Mohamed, malgré les différences culturelles et linguistiques, la communauté musulmane de Hanoi favorise naturellement les liens entre Vietnamiens et étrangers à travers les activités quotidiennes. Tous partagent des repas halal, prient dans un même lieu et participent ensemble aux célébrations du Ramadan.

Le jeune enseignant évoque avec émotion l’atmosphère du Ramadan, lorsque des musulmans venus des quatre coins du monde se retrouvent après une journée de jeûne rigoureux. « Les Vietnamiens, Arabes, Indiens ou Pakistanais… tout le monde s’assoit ensemble autour de la même table et partage les mêmes valeurs », raconte-t-il. Ces moments chaleureux ont dissipé son sentiment d’isolement et nourri son attachement profond pour le pays et ses habitants.

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M. Nabeel (à droite) avec de nouveaux amis rencontrés à la mosquée Mosquée Al-Noor. (Photo : Thu Phuong)

Comme Mohamed, Nabeel, venu du Canada, explique qu’à peine arrivé à Hanoi depuis un jour, il avait déjà noué des liens grâce à la communauté musulmane locale. Ses nouveaux amis ne l’accompagnent pas seulement lors des prières, ils lui servent aussi de guides improvisés pour découvrir la gastronomie du vieux quartier et le mode de vie des habitants de Hanoi. L’hospitalité vietnamienne, des verres de thé glacé offerts aux visiteurs aux indications données avec bienveillance, a profondément marqué le jeune Canadien dès les premières heures de son séjour.

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M. Dakota Zinser partage son expérience de vie et les relations qu’il a nouées au Vietnam. (Photo : Quynh Anh)

Au-delà des communautés religieuses, le sport devient lui aussi un espace de connexion pour les étrangers installés à Hanoi. Dakota Zinser, basketteur professionnel américain, dispute actuellement sa troisième saison au Vietnam. Après avoir joué dans plusieurs pays, il affirme que ce sont les liens humains noués au quotidien qui le poussent à revenir au Vietnam.

Au fil des années passées dans le pays, Dakota s’est attaché à la vie locale et à ses habitants. Selon lui, chaque équipe sportive ressemble à une petite communauté où se créent de véritables amitiés. Après les entraînements, les joueurs se retrouvent souvent pour partager un repas, discuter et échanger sur leurs joies comme sur leurs difficultés personnelles.

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Au-delà des amitiés et des liens communautaires, certaines rencontres transfrontalières ont fini par donner naissance à de véritables familles au cœur de Hanoi.

Il y a près de dix ans, Tino, un jeune Danois, est arrivé au Vietnam avec un projet temporaire : rendre visite à des amis tout en effectuant un stage dans une école maternelle. Il était loin d’imaginer que ce voyage allait bouleverser à la fois sa carrière et sa vie personnelle.

« Nous nous sommes rencontrés grâce à un ami commun, puis nous nous sommes progressivement rapprochés », se souvient Thuy, aujourd’hui son épouse.

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M. Tino et Mme Thuy avec leur fils. (Photo : Thu Phuong)

Après près d’une décennie de vie commune, le couple a choisi de fonder sa famille et de s’installer durablement au Vietnam. Mais derrière le romantisme d’un mariage interculturel se cache aussi un long travail d’adaptation aux différences de mode de vie, de langue et de mentalité. Tino explique avoir été particulièrement marqué par la solidité des liens familiaux vietnamiens. Alors qu’au Danemark les jeunes quittent souvent le foyer très tôt, les familles vietnamiennes restent beaucoup plus soudées et proches les unes des autres.

Pour Thuy, aimer puis épouser un étranger relevait encore, il y a dix ans, d’une réalité peu courante. Elle se rappelle les inquiétudes et les préjugés que leur relation avait parfois suscités dans leur entourage.

Après plusieurs années de vie commune, leur équilibre repose désormais sur le respect de l’espace personnel de chacun, le partage des responsabilités et une communication constante. Pour ce couple, l’ouverture d’esprit et la patience demeurent essentielles. « L’amour ne connaît pas de frontières géographiques. Le plus important, c’est le respect et la volonté de comprendre l’autre », confie Tino.

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