La « Journée du dimanche bénévole », organisée au collège d’Abiyé, s’est déroulée avec une simplicité à l’image de l’attachement sincère que ces messagers de la paix portent à cette terre.
Abiyé entre dans la saison sèche. Les tempêtes de poussière rouge semblent vouloir tout engloutir. Au collège d’Abiyé, établissement modeste aux salles de classe souvent vides et aux portes branlantes, enseignants et élèves sont depuis longtemps habitués à voir la poussière s’inviter jusque sur les cahiers dès que le vent se lève.
La cour de l’école, vaste terrain dénudé criblé de creux et d’affaissements, devient un bourbier pendant la saison des pluies et un champ de pierres irrégulier durant la saison sèche, rendant chaque récréation potentiellement dangereuse pour les enfants.
Conscients de ces difficultés et profitant de leur jour de repos, les Casques bleus vietnamiens ont acheminé des machines et outils afin d’aider l’établissement à améliorer ses infrastructures et ses salles de classe.
Observant le déroulement des travaux, le capitaine Pham Phu Hai, représentant de la cellule de coordination civilo-militaire (CIMIC) de la Mission de l’ONU à Abiyé (UNISFA), a souligné : « Nous apprécions hautement la réactivité de l’Équipe du Génie no 4. Ils mettent à profit leur jour de repos pour soutenir la communauté avec un grand sens des responsabilités et un soin remarquable. Du nivellement de la cour à la consolidation de chaque porte, tout est réalisé avec minutie afin d’assurer la sécurité des élèves. »
Cette urgence trouve sa source dans une compréhension profonde de la situation : chaque jour où la cour reste accidentée, chaque jour où les portes demeurent endommagées, l’apprentissage des enfants continue de subir les effets conjugués de la poussière et du soleil accablant.
Sans cérémonie formelle, la « Journée du dimanche bénévole » a commencé par une scène simple : soldats et enseignants locaux échangeant, traçant à même le sol rougeâtre, à l’aide de branches, le schéma des travaux à entreprendre.
Le directeur de l’école, Santino Jok, visiblement ému, a confié : « Vous n’avez pas seulement apporté des machines pour remettre à niveau la cour, vous avez aussi consacré du temps à réparer chaque porte et chaque serrure, qui étaient endommagées depuis longtemps. En vous voyant travailler, j’ai ressenti votre sincérité. La poignée de main chaleureuse que nous vous offrons aujourd’hui vaut notre plus profond remerciement. »
Tandis que le grondement des rouleaux compresseurs et des bulldozers s’élève, aplanissant sans relâche les surfaces irrégulières, les soldats de la section du Génie de construction no 2 s’affairent également, à l’image de techniciens polyvalents.
Les portes principales et les fenêtres autrefois mal ajustées sont soigneusement redressées, chaque vis resserrée, chaque fixation renforcée. Les serrures rouillées sont remplacées, permettant désormais aux salles de classe de se fermer solidement et de résister aux tempêtes de poussière.
Tournevis dans une main, clé anglaise dans l’autre, le capitaine Trinh Xuan Loc confie : « Voir les enfants jouer sur une cour plane, sans craindre de tomber, nous remplit de joie. Chez moi, j’ai aussi un enfant en âge d’aller à l’école. En réparant chaque cadre de porte, je souhaite simplement que ces élèves disposent de salles de classe propres, protégées du soleil et de la poussière, afin d’apprendre sereinement. »
Sur cette terre où le soleil, le vent et la poussière rouge peuvent rapidement user le métal et la pierre, les Casques bleus vietnamiens savent que la valeur de leur engagement ne se limite pas aux réalisations matérielles. Elle réside surtout dans la confiance transmise et dans l’espoir d’un avenir meilleur.
Lorsque le bruit des machines s’apaise et rend à l’école son calme habituel, c’est aussi le moment où de jeunes « pousses » d’espoir commencent à émerger de cette terre aride. Car la durabilité la plus profonde de cette œuvre ne tient ni aux barres de fer ni aux boulons, mais se cristallise dans l’amour et la solidarité sans frontières des soldats de l’Armée populaire vietnamienne, fidèles à l’esprit humaniste de Hô Chi Minh.