Lever les obstacles au développement de l’éolien en mer

Doté d’un important potentiel éolien en mer, le Vietnam cherche à accélérer le développement de cette énergie et de renforcer son autonomie énergétique.

Vue d’ensemble des parcs éoliens Hoa Binh 2-1 et Hoa Binh 4, dans la commune de Vinh Hau, province de Ca Mau. Photo : VNA.
Vue d’ensemble des parcs éoliens Hoa Binh 2-1 et Hoa Binh 4, dans la commune de Vinh Hau, province de Ca Mau. Photo : VNA.

Le développement de l'éolien en mer aidera le Vietnam à renforcer son autonomie énergétique tout en accélérant sa transition énergétique, afin de contribuer à la mise en œuvre de la Résolution n° 70-NQ/TW du Bureau politique du 20 août 2025 sur la sécurité énergétique nationale.

Avec plus de 3.260 km de côtes, une zone économique exclusive de près d'un million de kilomètres carrés et des vents stables, le Vietnam possède l'une des plus importantes ressources éoliennes en mer au monde. Selon la Banque mondiale, le potentiel technique de l'éolien en mer du pays atteint environ 600 GW, l'un des niveaux les plus élevés de la région Asie-Pacifique. Cette source d'énergie pourrait ainsi couvrir 30% des besoins en électricité du Vietnam d'ici 2050.

Malgré ces atouts considérables, le développement de cette énergie propre se heurte encore à de multiples obstacles. Le Dr Nguyen Hung Dung, vice-président et secrétaire général de l'Association pétrolière du Vietnam (Vietnam Petroleum Association – VPA), souligne que le premier point de blocage réside dans le manque de cohérence du cadre réglementaire. Un projet énergétique peut relever simultanément des lois sur l'électricité, l’investissement, le foncier, la protection de l'environnement et les ressources marines. Or, certaines réglementations se chevauchent ou manquent encore de cohérence, ce qui rallonge la phase de préparation des investissements.

Bien que le gouvernement ait promulgué le Décret n° 272/2026/ND-CP du 4 juillet 2026 encadrant les études et le développement de l'éolien en mer, plusieurs mécanismes essentiels font toujours défaut, notamment la méthode de détermination des tarifs de l'électricité, les contrats d'achat d'électricité (PPA), le partage des risques et les garanties de paiement. Autant d'éléments déterminants pour obtenir des financements auprès des institutions financières internationales.

Partageant cet avis, le député Nguyen Hai Nam estime que le manque de cohérence entre la planification électrique, la planification de l'espace maritime et les autres planifications concernées empêche encore la mise en œuvre concrète des projets. Les règles relatives à l'attribution ou à la location de zones maritimes, le mécanisme de tarification à long terme, les critères de sélection des investisseurs et les compétences en matière d'approbation des investissements restent par ailleurs incomplets ou insuffisamment harmonisés.

Afin de lever les obstacles au développement de l’éolien en mer, le Comité populaire de Can Tho a récemment proposé au Premier ministre d’autoriser la ville à accompagner les investisseurs potentiels dans la réalisation d’études et de relevés de données ainsi que dans la préparation d’études de préfaisabilité, en attendant que le ministère de l’Industrie et du Commerce examine leur intégration dans le Plan directeur révisé pour le développement de l’électricité VIII. Selon les autorités municipales, mener ces démarches en parallèle permettrait de raccourcir la phase préparatoire tout en respectant la réglementation en vigueur.

Pour le Dr Du Van Toan, de l’Institut de météorologie, d'hydrologie, d'environnement et de sciences marines, la prochaine révision de la loi sur l’électricité ne devrait donc pas seulement établir un cadre juridique complet pour cette nouvelle source d’énergie, mais aussi être considérée comme une occasion pour le Vietnam de jeter les bases institutionnelles de toute une industrie énergétique offshore.

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