Réaliser une croissance à deux chiffres : un défi de taille, mais une nécessité

Atteindre une croissance à deux chiffres représente un défi de taille, mais s’avère indispensable pour réaliser les objectifs de développement à long terme du Vietnam, a déclaré le ministre des Finances, Ngo Van Tuan, mardi 21 avril, lors de la première session de l’Assemblée nationale vietnamienne de la XVIe législature.

Le ministre des Finances, Ngô Van Tuân, s'exprime devant l’Assemblée nationale de la 16e législature, le 21 avril. Photo : VNA.
Le ministre des Finances, Ngô Van Tuân, s'exprime devant l’Assemblée nationale de la 16e législature, le 21 avril. Photo : VNA.

Le ministre a souligné les deux objectifs centenaires du pays : à l’horizon 2030, l’année marquant le 100e anniversaire du Parti, devenir un pays en développement doté d’un revenu intermédiaire supérieur ; et en 2045, l’année du 100e anniversaire de la République démocratique du Vietnam aujourd’hui République socialiste du Vietnam, devenir un pays développé à revenu élevé.

Il a souligné que depuis 1946, seules 13 économies dans le monde ont maintenu une croissance à deux chiffres pendant plus d’une décennie, leur permettant de passer du statut de pays à faible revenu ou en développement à celui de pays développé. Au cours des 40 années de rénovation du Vietnam, la croissance a dépassé les 9% à seulement deux reprises et n’a jamais atteint les deux chiffres.

Conformément à la résolution du 14e Congrès national du Parti et aux résolutions clés du Politburo, le gouvernement a fixé 59 objectifs sectoriels, 11 groupes de tâches et de solutions, et 92 tâches spécifiques pour 2026, a-t-il déclaré.

Les résultats initiaux sont encourageants. Au premier trimestre 2026, le PIB a progressé de 7,8%, les exportations de 19%, le décaissement d’investissements publics de 1,2% et les créations d’entreprises de plus de 31,7%.

Cependant, d’importants défis sont attendus à partir du deuxième trimestre, en raison de la volatilité des prix du pétrole et des tensions géopolitiques internationales. Les experts estiment qu’une hausse de 10% des prix du pétrole pourrait amputer la croissance de 0,4 point de pourcentage et alimenter les pressions inflationnistes. Pour atteindre une croissance annuelle supérieure à 10%, les trimestres restants devront enregistrer une expansion de 10 à 11%.

Il a indiqué que le ministère des Finances conseillera le gouvernement de revoir et d’actualiser les scénarios de croissance, en fixant des objectifs adaptés aux ministères, aux secteurs, aux collectivités locales et aux entreprises en fonction de l’évolution de la situation. Une coordination étroite entre les politiques budgétaire et monétaire sera privilégiée afin de garantir un approvisionnement suffisant en capitaux tout en préservant la stabilité macroéconomique.

La politique budgétaire se focalisera sur l’optimisation du système fiscal pour assurer une collecte des impôts précise, suffisante et opportune, tout en créant les conditions les plus favorables au développement des entreprises, notamment des petites et moyennes entreprises.

Concernant les investissements publics, le ministère accélère la mise en œuvre des tâches assignées par le Premier ministre, en s’attachant particulièrement à résoudre les problèmes fonciers en suspens et autres projets retardés, a poursuivi Ngô Van Tuân.

Environ 200.000 hectares de terres restent inexploitées, soit l’équivalent de 3,3 billiards de dôngs (125,3 milliards de dollars) de ressources immobilisées, représentant le triple des investissements publics prévus pour 2026. Ce manque d’exploitation constitue un obstacle majeur qui nécessite un suivi et une résolution.

Quant aux besoins en capitaux, la demande totale d’investissements devrait être multipliée par 2,2 par rapport aux périodes précédentes, les besoins du budget central par 3,4 et l’attractivité des IDE devant être multipliée par 1,7.

Le ministre a souligné l’importance cruciale d’améliorer l’efficacité des investissements. Sans une réduction du ratio capital-production marginal (RCPM), la réalisation d’une croissance à deux chiffres nécessitera que l’investissement social total représente jusqu’à 70% du PIB. L’objectif est donc de ramener le RCPM à 4-4,5.

Il a également insisté sur la nécessité de rééquilibrer le système financier, en soulignant la forte dépendance du Vietnam au marché monétaire. Le développement de marchés de capitaux à long terme, notamment par le biais des obligations et des actions, sera déterminant.

Cela exigera des réformes institutionnelles, une amélioration des infrastructures de marché et la création d’institutions d’investissement professionnelles afin de renforcer la confiance des investisseurs et de soutenir une croissance durable.

fr.vietnamplus.vn
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