D’une superficie de 50 m², la librairie de bandes dessinées d’occasion de Nguyen Thi An abrite des milliers de titres, dont certaines séries publiées dans les années 1990, comme Dấu ấn rồng thiêng, Dũng sĩ Hesman, Cậu bé vô song ou Bảy viên ngọc rồng. De nombreuses anciennes séries, épuisées depuis longtemps, sont soigneusement rangées sur des étagères en bois. Photo : vnexpress.net
D’une superficie de 50 m², la librairie de bandes dessinées d’occasion de Nguyen Thi An abrite des milliers de titres, dont certaines séries publiées dans les années 1990, comme Dấu ấn rồng thiêng, Dũng sĩ Hesman, Cậu bé vô song ou Bảy viên ngọc rồng. De nombreuses anciennes séries, épuisées depuis longtemps, sont soigneusement rangées sur des étagères en bois. Photo : vnexpress.net

Une librairie de bandes dessinées fait revivre les souvenirs d’enfance dans un ancien complexe résidentiel de Hanoï

Chaque jour, la librairie de bandes dessinées d’occasion de Nguyen Thi An, installée dans un ancien complexe résidentiel de l’arrondissement de Dong Da, accueille entre 40 et 50 visiteurs de tous âges, des parents de la génération des années 1980 aux enfants.

À 13 heures, le 8 août, Thuy Duong, 36 ans, domiciliée dans le quartier de Bach Mai, est venue avec sa fille de 11 ans dans cette librairie située au troisième étage d’un bâtiment dans le complexe résidentiel A12 Khuong Thuong, dans l’arrondissement de Dong Da.

D’une superficie de 50 m², le lieu abrite des milliers de titres, dont certaines séries publiées dans les années 1990, comme Dấu ấn rồng thiêng, Dũng sĩ Hesman, Cậu bé vô song ou Bảy viên ngọc rồng. De nombreuses anciennes séries, épuisées depuis longtemps, sont soigneusement rangées sur des étagères en bois.

Tong Van Viet, 43 ans, domicilié dans l’arrondissement de Dong Da, a accompagné son fils, élève de CM1, à la librairie après avoir découvert l’endroit sur les réseaux sociaux.

Il explique que relire avec son fils la série Bảy viên ngọc rồng permet à la famille de passer davantage de temps ensemble le week-end, plutôt que de rester devant les appareils électroniques.

Selon Nguyen Thi An, 29 ans, propriétaire de la librairie, la collection actuelle est le fruit d’une vingtaine d’années d’accumulation. Au départ, elle avait rassemblé environ quatre tonnes de livres, pour un investissement de 500 à 600 millions de dôngs, afin de satisfaire sa passion personnelle.

Vivant elle-même dans un complexe résidentiel de Hanoï, elle avait l’habitude d’inviter les enfants du quartier à venir lire gratuitement. Depuis mars, face à l’augmentation constante du nombre de livres, An a loué un local dans le complexe résidentiel de Khuong Thuong et investi 100 millions de dôngs supplémentaires pour acheter des ouvrages et ouvrir sa librairie.

« Je veux créer un espace où chacun puisse partager son goût pour la lecture, retrouver ses souvenirs d’enfance et, en même temps, réduire le temps passé sur les réseaux sociaux afin de favoriser les échanges dans la vie réelle », explique-t-elle.

Les séries rares et épuisées sont rachetées auprès de librairies anciennes et de collectionneurs dans tout le pays, à des prix allant de 3 à 20 millions de dôngs pour une série complète de 70 à 100 volumes.

« Les anciennes bandes dessinées dont la collection est complète sont aujourd’hui relativement rares. Je n’achète que des séries disposant des droits d’édition et publiées par des maisons d’édition officielles, afin de garantir la qualité du contenu », précise An.

Les différentes séries sont soigneusement classées sur les étagères, accompagnées d’affiches et d’illustrations publicitaires. An indique que certaines collections lui ont demandé six à sept ans de recherches avant de pouvoir réunir tous les volumes.

Les visiteurs paient entre 40 000 et 45 000 dôngs par entrée, un tarif qui comprend une boisson et permet de rester lire sans limite de temps. Les lecteurs ne viennent pas seulement de Hanoï, mais aussi de plusieurs autres localités, notamment Bac Ninh, Hai Duong et Thai Nguyen.

Après trois mois d’activité, An a ouvert un deuxième établissement dans le complexe résidentiel de Nghia Tan, dans l’arrondissement de Cau Giay, sur le modèle d’une petite bibliothèque.

Quy Duong (en noir), 25 ans, domicilié dans l’arrondissement de Thanh Xuan, est un habitué de la librairie d’An. Depuis qu’il a découvert l’endroit, il y vient trois à quatre fois par semaine.

« Au lieu de rester chez moi à faire défiler les réseaux sociaux, j’ai maintenant un endroit où me divertir sainement et partager mes goûts. Ici, le calme est également propice pour avancer sur mes tâches urgentes », raconte Duong.

Pham Thi Thanh, 38 ans, domiciliée dans l’arrondissement de Nam Tu Liem, explique que lire avec son fils la série Thám tử lừng danh Conan les week-ends après-midi est devenu une nouvelle habitude pour eux depuis l’ouverture de la librairie.

En attendant la sortie de classe de son enfant, Do Thanh Tra, 37 ans, domiciliée dans l’arrondissement de Cau Giay, s’est, elle aussi, arrêtée à la librairie après avoir découvert que la série qu’elle avait commencée à lire il y a 20 ans y était désormais disponible dans son intégralité.

« Le week-end, je viens avec toute ma famille. Lire ensemble nous permet aussi de renforcer les liens entre les membres de la famille et de nous éloigner des réseaux sociaux », confie-t-elle.

Alors que le nombre de visiteurs ne cesse d’augmenter, An envisage de reproduire ce modèle dans plusieurs autres arrondissements du centre-ville.

« Pour moi, cette librairie n’a pas vocation à devenir une chaîne commerciale de cafés-librairies. C’est simplement un havre de paix au cœur d’un ancien ensemble résidentiel, où toutes les générations peuvent s’asseoir ensemble, retrouver un peu de quiétude intérieure et partager leurs souvenirs d’enfance. » Elle précise que les recettes tirées des boissons suffisent tout juste à assurer le fonctionnement du lieu.

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