À Hanoï, de nouveaux leviers pour repenser l’aménagement urbain

À Hanoï, capitale vietnamienne, les espaces souterrains, le modèle de développement orienté vers les transports et les partenariats public-privé s’imposent comme des leviers majeurs pour améliorer l’efficacité et la durabilité du réseau ferroviaire urbain.

Le colloque « Transport urbain durable : solutions clés pour des villes agréables à vivre ». Photo : VnEconomy.
Le colloque « Transport urbain durable : solutions clés pour des villes agréables à vivre ». Photo : VnEconomy.

Ces orientations ont été mises en avant lors du récent colloque intitulé : « Transport urbain durable : solutions clés pour des villes agréables à vivre », dans le cadre du Forum des affaires et de l’investissement Union européenne-Vietnam 2026. L’événement a réuni des représentants de l’autorité de gestion du métro de Hanoï, ainsi que plusieurs experts européens.

Lors de son intervention, Benjamin Viale, directeur régional Asie du Sud du groupe AREP, a souligné que Hanoï disposait d’un potentiel considérable pour le développement des espaces souterrains. Ces espaces peuvent devenir de véritables extensions de la ville en surface, à condition d’offrir aux usagers des transports publics un accès fluide à une gamme diversifiée de commerces, d’activités culturelles et de services, a-t-il précisé.

L’enjeu ne se limite toutefois pas à l’exploitation technique. Il concerne avant tout la qualité de la conception, a-t-il insisté. Les espaces doivent être pensés avec des caractéristiques proches de celles observées en surface, avec des volumes généreux, une bonne circulation de l’air, une lisibilité claire et un environnement capable d’offrir une expérience positive.

Ces infrastructures doivent décourager les départs rapides et favoriser une présence prolongée, ainsi qu’une appropriation de l’espace et une participation à la vie urbaine.

Benjamin Viale a également souligné que la définition de normes techniques élevées et l’adoption d’une vision à long terme constituent des conditions essentielles dès la phase de conception. Des réseaux anciens, comme celui de Paris, reposent sur une planification anticipée et une cohérence durable dans les choix d’aménagement, a-t-il rappelé.

David Falcon, directeur ESG de VinFast, a mis en avant la nécessité de dépasser une approche fragmentée du transport urbain. Le développement du secteur doit s’appuyer sur une organisation multimodale et sur un renforcement des connexions entre différents modes de transport, à l’échelle nationale et régionale, afin d’améliorer l’efficacité opérationnelle, a-t-il expliqué.

Du côté vietnamien, Tran Nghia Hoa, directeur adjoint de l’autorité de gestion du métro de Hanoï, a indiqué que le modèle de développement orienté vers les transports constitue une orientation stratégique prioritaire.

Chaque station doit devenir un pôle urbain intégré, capable d’attirer des flux importants de population, de structurer des zones de bureaux et des quartiers résidentiels de haute qualité, et de développer un écosystème de services générant des revenus pour soutenir l’exploitation du réseau, a-t-il précisé.

Tran Nghia Hoa a souligné que la mise en œuvre de ce modèle repose sur une coopération étroite entre l’État et le secteur privé, avec un partage des ressources, des investissements et des bénéfices.

Les sources de financement ne se limitent pas au budget public et aux fonds d’aide publique au développement. D’autres instruments peuvent être mobilisés, comme l’émission d’obligations ou le recours à des partenariats public-privé, afin de créer de nouvelles ressources et de progresser vers une autonomie financière du réseau, a-t-il ajouté.

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