À la découverte du village de chapeaux Tri Le, aux portes de Hanoï
Situé à environ 30 km du centre de Hanoï, le village de Tri Le, dans la commune de Dan Hoa, anciennement Tan Uoc (district de Thanh Oai), perpétue l’artisanat traditionnel du chapeau conique vietnamien. Connu pour ses « nón lá », le village se distingue notamment par une création emblématique baptisée « Lam Xung ».
Depuis plusieurs générations, presque chaque foyer de Tri Le participe à la fabrication des chapeaux : les ruelles s’animent de l’odeur des feuilles de palmier séchées, les ateliers résonnent du bruit des aiguilles qui cousent les chaînages, et les scooters chargés de nón sortent régulièrement pour livrer des commandes.
Outre le village de Chuong, célèbre pour son artisanat, Tri Le, situé dans l’ancien district de Thanh Oai, perpétue également l’art traditionnel du nón lá.
Le processus est entièrement manuel et minutieux. Les feuilles de palmier, souvent soigneusement sélectionnées et séchées au soleil, constituent la matière première. Elles sont façonnées, assemblées sur une structure de bambou, cousues à la main, formant peu à peu les nón qui, par leur simplicité et leur élégance, incarnent l’identité rurale du Nord Vietnam.
Bien que plus récente, la tradition du chapeau conique à Tri Le existe depuis près d’un siècle. Entièrement réalisée à la main, elle ne cesse d’innover avec de nouveaux modèles.
À Tri Le, toutes les générations, des enfants aux anciens, participent à la chaîne de production : certains préparent les feuilles, d’autres tracent les formes, d’autres encore cousent ou lissent le chapeau. Cette coopération intergénérationnelle transforme chaque chapeau en un témoin vivant de traditions familiales et communautaires.
À Tri Le, chaque maison devient un petit atelier. Dans les ruelles blanchies par les feuilles de palmier séchées, le cliquetis des aiguilles résonne, ponctué par le passage des motos transportant les chapeaux fraîchement terminés.
Aujourd’hui, le chapeau conique de Tri Le n’est plus seulement un objet utilitaire ou un souvenir traditionnel : il attire de nombreux visiteurs,Vietnamiens comme étrangers, venus observer la fabrication artisanale, découvrir le savoir-faire local, acheter des pièces uniques et s’imprégner de l’atmosphère paisible et authentique du village.
Les feuilles de palmier, larges et blanches, proviennent de Tuyen Quang et Phu Tho. Leur séchage dépend des saisons : quinze jours en hiver contre trois jours en été.
Ce retour aux racines illustre la capacité de Tri Le à se renouveler, en adaptant son artisanat aux goûts modernes, tout en préservant l’âme d’une tradition vieille de plusieurs siècles. C’est une invitation à explorer le Vietnam autrement, non pas à travers ses grandes villes, mais au rythme lent des villages, des gestes anciens et d’un patrimoine vivant.
Tous les âges participent : les enfants fendent les tiges, les anciens façonnent les cercles, les femmes cousent les chapeaux. L’été, les enfants remplacent les bancs d’école par l’atelier familial dans une ambiance animée et chaleureuse. Appréciés pour leur design pratique et original, les nón de Tri Le ne se vendent pas seulement au Vietnam, mais s’exportent aussi en Chine, au Japon et ailleurs en Asie. En visitant Tri Le, les touristes découvrent bien plus qu’un artisanat ancestral : ils repartent avec des souvenirs faits main, une bouffée d’air pur et la chaleur des habitants. Des visiteurs internationaux viennent à Tri Le pour s’initier à la fabrication du nón lá et s’immerger dans la culture locale.
Parmi les points d’intérêt : la maison communale de Tri Le, la pagode Bao An et les maisons traditionnelles du delta du Nord qui conservent l’architecture rurale typique.