À Tay Ninh, le Têt s’anime au rythme des villages de métiers

À l’approche du Têt (Nouvel An lunaire), du village de Hoa Thanh aux quartiers résidentiels situés au pied du mont Ba Den, la province de Tay Ninh (au Sud-Est du Vietnam) s’anime au rythme de la production des articles de fête.

Les villages de métiers traditionnels renouent avec l’effervescence : les ateliers d’encens demeurent imprégnés de teintes rouges, la vapeur s’élève des ateliers de galettes de riz, tandis que chaque fruit de corossol est soigneusement surveillé en vue de la saison du Têt. Au-delà du marché, ces produits contribuent à préserver les traditions culturelles et les moyens de subsistance locaux.

Aux abords de Tay Ninh, le rouge de l’encens au cœur du Têt

À l’approche des fêtes, la petite ruelle de Long Hai, dans le quartier de Long Hoa, semble plus chaleureuse, baignée par le rouge éclatant des bâtons d’encens alignés dans les cours des maisons.

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À l’approche du Têt, le village d’encens en pleine effervescence. Photo : VOV.

Dans un parfum délicat de bois aromatique, Mme Le Thien Tam, propriétaire de l’atelier Van Linh Huong, travaille aux côtés de sa famille du matin jusqu’à tard dans la nuit. Certains fendent les baguettes de bambou, d’autres assemblent les fagots d’encens ou les disposent au soleil, tous mobilisés pour la saison du Têt.

Pour les artisans de l’encens, le Têt représente la période la plus intense de l’année. « L’encens n’est pas seulement un produit à vendre ; il est destiné aux autels familiaux, pour inviter les ancêtres à revenir célébrer le Têt avec leurs descendants », confie Mme Tam. Malgré les fluctuations du marché, le village d’encens de Hoa Thanh s’efforce de maintenir la flamme du métier.

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Malgré un contexte de marché instable, le village d’encens de Hoa Thanh maintient son activité. Photo : VOV.

Cette année, l’atelier a volontairement augmenté sa production afin de répondre à la demande des consommateurs, tant dans la province qu’ailleurs. Toutefois, la hausse des prix des matières premières, la raréfaction des approvisionnements, la concurrence des produits industriels ainsi que les obligations fiscales et la généralisation de la facturation électronique contraignent les petites structures à investir dans des équipements.

En dépit de ces contraintes, aucune hausse de prix n’est envisagée. Consciente des difficultés auxquelles de nombreux ménages sont confrontés, Mme Tam explique vouloir maintenir des tarifs abordables afin que chacun puisse acheter de l’encens pour le Têt en toute sérénité.

Certifié OCOP quatre étoiles, l’encens Van Linh Huong gagne progressivement la confiance des consommateurs.

De Hoa Thanh au mont Ba Den, le Têt gagne les villages de métiers

À quelques kilomètres du village d’encens, les fours à galettes de riz demeurent allumés jour et nuit. Bien que soutenus par des équipements mécaniques permettant d’augmenter les volumes et d’harmoniser la qualité, les ateliers doivent fonctionner sans relâche pour satisfaire la demande du Têt.

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Les galettes de riz de Tay Ninh se déclinent en plusieurs variétés, adaptées aux usages contemporains. Photo : VOV.

Selon Nguyen Ngoc Son, directeur commercial de la SARL Tan Nhien, le pouvoir d’achat progresse, mais les coûts des matières premières, de la main-d’œuvre et du transport sont également en hausse. L’entreprise s’efforce néanmoins de maintenir ses prix, la galette de riz demeurant un mets incontournable des fêtes du Têt.

Aujourd’hui, les galettes de riz de Tay Ninh se déclinent en une large variété, adaptées à de multiples modes de préparation. La normalisation des procédés et l’investissement dans les équipements permettent de préserver la saveur traditionnelle tout en répondant aux exigences de sécurité alimentaire. L’obtention de la certification OCOP cinq étoiles a renforcé le rayonnement de la marque de galettes de riz Tan Nhien – Tay Ninh sur un marché de plus en plus large.

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Les agriculteurs à l’œuvre dans les vergers de corossoliers, au pied du mont Ba Den. Photo : VOV.

En remontant la pente vers le mont Ba Den, au pied de la montagne s’étendent des vergers de corossoliers d’un vert intense, chargés de fruits ronds et fermes. À l’approche du Têt, les arboriculteurs vivent presque au rythme de leurs vergers, veillant jour et nuit à la maturation des fruits.

Le Minh Trung, président du conseil d’administration de la coopérative de services agricoles Minh Trung, rappelle que le corossol occupe une place symbolique dans le plateau rituel des cinq fruits du Têt. Grâce à un terroir particulier et à une indication géographique reconnue, le corossol du mont Ba Den se distingue par un arôme spécifique, à la fois parfumé et délicatement sucré.

En prévision du Têt 2026, la coopérative a planifié un étalement de la récolte, avec une production estimée entre 100 et 120 tonnes. Malgré les aléas climatiques et la hausse des coûts de production, elle renforce les pratiques agricoles sûres et biologiques.

Forte de plus de 100 membres associés et d’une zone de production élargie, la filière du corossol ne se limite plus à un fruit de décoration pour le Têt ; elle devient un moyen de subsistance durable pour les agriculteurs des zones montagneuses.

De l’encens aux galettes de riz, en passant par le corossol, les villages de métiers de Tay Ninh abordent le marché du Têt 2026 dans une dynamique globalement positive. Les consommateurs privilégient de plus en plus les spécialités locales ainsi que les produits traçables et porteurs de valeurs culturelles, donnant un nouvel élan aux villages de métiers pour innover, normaliser leur production et élargir leurs débouchés.

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