Attentes et espoirs des habitants de la région des réseaux fluviaux de l'Ouest

Dans la perspective du XIVe Congrès national du Parti communiste du Vietnam, les agriculteurs du delta du Mékong, de la « terre des lotus roses » de Dong Thap jusqu’à la région des « Bay Nui » d'An Giang, expriment une foi et des attentes profondes.

Le modèle de culture hydroponique de légumes combiné à l'élevage biologique de poissons chez Dong Thap AQUA Agricultural Products Co., Ltd., commune de Lap Vo, province de Dong Thap. Photo: NDEL
Le modèle de culture hydroponique de légumes combiné à l'élevage biologique de poissons chez Dong Thap AQUA Agricultural Products Co., Ltd., commune de Lap Vo, province de Dong Thap. Photo: NDEL

À travers le récit de leurs vies et de leurs métiers, ils manifestent leur adhésion aux grandes décisions du Parti concernant le développement économique régional, particulièrement l'objectif de transformer le delta du Mékong en une zone économique dynamique, résiliente face au changement climatique.

L’aspiration à s’enrichir par l’agriculture

Dans la commune de My Loi, province de Dong Thap, Bui Van Cong, tout en taillant minutieusement les branches d’un abricotier séculaire, partage avec nous ses attentes pour le XIVe Congrès. Pour lui, l'agriculture n'est plus synonyme de l'image traditionnelle du « buffle précédant la charrue ». Né en 1964 sur cette terre de My Loi, il a débuté sa carrière avec quelques parcelles familiales, à une époque où les plantes d'ornement étaient encore un luxe sans réel marché. Doté de l'esprit d'un agriculteur moderne, il a perçu la valeur durable de ce métier s'il est exercé avec professionnalisme.

Présentant ses 1 000 abricotiers anciens et ses 3 000 genévriers entretenus avec soin, il confie qu'aujourd'hui, le métier ne peut plus se pratiquer en vase clos, mais requiert un esprit de partage : s’enrichir personnellement est une chose, mais aider les autres à sortir de la pauvreté relève du devoir d'un membre du Parti et d'un agriculteur exemplaire. « Actuellement, mon modèle crée des emplois pour 10 travailleurs avec un revenu stable allant de 9 à 11 millions de dôngs par mois. J'espère que l'État continuera à soutenir la formation professionnelle directement dans les jardins, afin que les personnes d'âge mûr de cette commune disposent d'un savoir-faire et n'aient pas à s'expatrier », déclare-t-il.

Partageant ce même désir de renouveau, Dang Van Be, chef du groupe d’élevage de poissons en saison de crue du hameau de Giong Bang (province de Dong Thap), a trouvé le moyen de transformer les défis naturels en atouts économiques. Il est l'un des pionniers locaux du modèle de stockage de poissons sauvages combiné au tourisme écologique durant la saison des eaux. Dans la mémoire des habitants de cette zone inondable, la montée des eaux était autrefois synonyme d'angoisse, mais cet état d'esprit a radicalement changé.

Les modèles de préservation des poissons indigènes couplés au tourisme communautaire ont prouvé que, si l’on sait s’appuyer sur la nature avec une orientation juste, les agriculteurs ne seront plus jamais pauvres. Ici, les visiteurs découvrent la culture fluviale, cueillent des légumes sauvages et pêchent de manière traditionnelle.

La valeur culturelle du mode de vie local est devenue une source de revenus stables pour la population. Dang Van Be confie : « J'espère que le XIVe Congrès du Parti définira plus clairement la stratégie d'économie circulaire pour le delta du Mékong. »

Porter les produits agricoles vers le monde

En remontant vers la région de Bay Nui dans la province d'An Giang, nous rencontrons Nguyen Quoc Hung, connu du pamplemousse à peau verte dans la commune d’Oc Eo. Nous recevant dans son verger certifié VietGAP, il partage : « Je m’attache à cette terre d'An Giang depuis plus de 40 ans, depuis l'époque des terres acides et salées jusqu'à aujourd'hui, où verdissent les rizières et les pamplemoussiers. J'ai une confiance absolue dans les orientations de développement des infrastructures stratégiques déployées par le Parti. Pour nous, agriculteurs, les autoroutes et les ports en eau profonde sont des artères vitales. Actuellement, mes produits sont présents en supermarchés, mais pour aller plus loin dans le monde, les coûts logistiques doivent encore baisser. »

Il analyse l'enjeu de l'interconnexion régionale : « Je souhaite que le XIVe Congrès décide de prioriser les ressources nationales pour achever le système d'autoroutes interrégionales, reliant An Giang à Dong Thap et aux portes internationales. Une fois les infrastructures fluidifiées, nos produits agricoles ne craindront plus le paradoxe des “bonnes récoltes à prix dérisoires”. »

Dans la commune de Co To (An Giang), Chau Thi Nuong, directrice de la coopérative agricole de Ta Danh, incarne ce modèle d’intégration moderne. À la barre d'une coopérative en zone frontalière, elle comprend les inquiétudes des paysans face à la « tempête » du changement climatique et aux fluctuations imprévisibles du marché agricole mondial. Avec sa coopérative, elle s'efforce d'introduire la mécanisation et des processus de production propre, de l'usage de drones pour le traitement des cultures jusqu’à la mise en place de contrats de rachat garantis pour assurer des débouchés stables aux membres.

S’orientant vers le XIVe Congrès, elle souhaite que le gouvernement adopte des politiques spécifiques et plus avantageuses pour le delta du Mékong, notamment pour résoudre radicalement les problèmes de changement climatique et d'intrusion saline grâce à des ouvrages hydrauliques interrégionaux.

Les agriculteurs du delta du Mékong attendent un « nouveau souffle » émanant de la vision des dirigeants et de mécanismes politiques plus ouverts afin d'exploiter efficacement tout le potentiel de cette terre. C'est la foi en un Vietnam puissant où les zones rurales sont des lieux où il fait bon vivre, où les agriculteurs constituent une classe prospère et où l'agriculture demeure une force nationale majeure.

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