La recherche, le rapatriement et l’identification des restes de martyrs constituent une mission politique particulière. Photo : baochinhphu.vn
La recherche, le rapatriement et l’identification des restes de martyrs constituent une mission politique particulière. Photo : baochinhphu.vn

Campagne des 500 jours et nuits : un parcours de responsabilité et de gratitude

La Campagne des 500 jours et nuits mobilise l’ensemble du pays pour rechercher, regrouper et identifier les restes des martyrs. Au-delà des résultats scientifiques et opérationnels, elle traduit aussi une responsabilité envers l’histoire, répond à l’attente des familles et fait vivre durablement la mémoire nationale.

Par sa profonde portée politique et humanitaire, la Campagne des 500 jours et nuits visant à intensifier la recherche, le rassemblement et l’identification des restes de martyrs contribue à redonner un nom aux héros tombés pour la Patrie et à les ramener dans les bras de leurs familles.

cover-1.png

Identifier les restes de martyrs et les ramener dans leur terre natale et auprès de leurs familles constitue une mission d’une haute portée humanitaire, à laquelle le Parti et l’État accordent une attention particulière. Elle témoigne de la reconnaissance envers ceux qui ont sacrifié leur sang et leur vie pour l’indépendance et la liberté de la Patrie.

C’est pourquoi la Campagne des 500 jours et nuits n’est pas seulement une importante mission politique, elle est aussi un appel du cœur et une responsabilité sacrée qui incombe à l’ensemble du système politique et à toute la population.

Au cours des différentes guerres de résistance et des luttes pour la défense nationale, des millions de Vietnamiens sont tombés au champ d’honneur. Pourtant, à ce jour, de nombreux martyrs n’ont toujours pas été retrouvés et leurs restes demeurent introuvables. De nombreux restes de martyrs ont été rassemblés, mais leur identité n’a pas encore pu être établie.

Cette situation constitue une préoccupation majeure pour les organismes compétents, mais aussi une aspiration profonde des familles de martyrs et de l’ensemble de la société.

Les tombes dont l’identité des soldats a été établie au cimetière des martyrs de Tong Khao, province de Dien Bien (au Nord). Photo : VNA.
Les tombes dont l’identité des soldats a été établie au cimetière des martyrs de Tong Khao, province de Dien Bien (au Nord). Photo : VNA.

Pour une famille dont un proche est tombé au combat, savoir où il repose, pouvoir confirmer son identité et disposer d’un lieu de sépulture clairement identifié ne relève pas seulement du passé. C’est un besoin spirituel, un droit légitime et une attente qui se transmet parfois sur plusieurs générations.

Ainsi, chaque reste retrouvé et chaque identité établie ne constituent pas seulement un résultat opérationnel : ils représentent le retour d’une personne auprès de sa famille, de sa terre natale et de la mémoire collective de la nation.

C’est aussi pourquoi la recherche, le regroupement et l’identification des restes des martyrs doivent être considérés au-delà d’un simple calcul des coûts ou des bénéfices matériels. Certaines valeurs d’une nation ne peuvent être évaluées en termes monétaires, au premier rang desquelles figure la gratitude envers ceux qui ont fait le sacrifice suprême et l’équité envers l’histoire.

Lancée en avril 2026, la Campagne des 500 jours et nuits mobilise les autorités et les forces compétentes à travers le Vietnam pour intensifier la recherche, le rapatriement et l'identification des restes des martyrs. Au-delà de son objectif scientifique, cette initiative traduit la profonde reconnaissance de la nation envers ceux qui ont sacrifié leur vie pour l'indépendance et la liberté du pays.

cover-2.jpg

Selon Nguyen Kim Oanh, cheffe adjointe du bureau des données et de l’information sur les personnes ayant rendu des services à la Patrie (relevant du Département des personnes ayant rendu des services à la Patrie du ministère des Affaires intérieures), le lancement de la campagne vise à créer une nouvelle dynamique d’émulation et à mobiliser de manière coordonnée l’ensemble du système politique, les ministères, secteurs et collectivités locales, les forces armées ainsi que toutes les composantes de la population dans le travail de vérification, de collecte et de mise à jour des informations concernant les martyrs dont l’identité reste inconnue.

Il s’agit également d’intensifier la recherche et le rassemblement des restes des martyrs, tout en renforçant l’application des sciences et des technologies, notamment des techniques d’identification par ADN et de la transformation numérique, afin de déterminer l’identité des martyrs dont les informations restent incomplètes.

Cependant, l’identification des restes de martyrs se heurte encore aujourd’hui à de nombreuses difficultés.

La première difficulté tient à l’absence d’informations ou, lorsqu’elles existent, au fait qu’elles sont dispersées dans des bases de données gérées par différents organismes, conservées au sein de la population, voire détenues de l’autre côté du front.

Ces informations ne sont pas encore centralisées au sein d’un même organisme et il n’existe pas encore de service spécialisé disposant des compétences nécessaires pour analyser, recouper et vérifier les données de manière professionnelle.

Une source d’information particulièrement précieuse est constituée par les anciens combattants. Mais celle-ci tend elle aussi à se raréfier, car les anciens combattants sont aujourd’hui âgés, fragilisés, leur mémoire s’est altérée ou certains sont même décédés.

Par ailleurs, les caractéristiques du terrain et des lieux où les martyrs ont été initialement inhumés ont profondément changé au fil du temps.

La recherche, le rassemblement et l’identification des restes des soldats morts pour la Patrie constituent une « mission politique d’exception ».

Le général Nguyen Trong Nghia, chef du Département général de la politique de l’Armée populaire vietnamienne.

La deuxième difficulté réside dans le nombre important d’échantillons de restes de martyrs disponibles, mais dont la qualité est souvent médiocre en raison de l’ancienneté des décès, des conditions dans lesquelles les dépouilles avaient été initialement enterrées et des particularités géographiques du Vietnam.

Quant aux échantillons provenant des proches des martyrs, dans certains cas, il n’existe plus de membres de la famille auprès desquels effectuer des prélèvements permettant d’établir une comparaison selon la lignée maternelle du martyr.

Dans ce contexte, la constitution d’une base de données ADN des proches de martyrs dont l’identité n’a pas encore été établie revêt une importance majeure pour l’identification des restes des martyrs à l’heure actuelle.

Elle permettra aux unités chargées des analyses ADN, lorsqu’elles obtiendront les résultats des tests effectués sur les restes des martyrs, de disposer d’échantillons ADN de leurs proches afin de procéder à des comparaisons et à des recoupements et ainsi d’établir l’identité des martyrs dont les informations font encore défaut.

L'identification des restes des martyrs est au centre des priorités. Photo : VNA.
L'identification des restes des martyrs est au centre des priorités. Photo : VNA.

En particulier, pour concrétiser l’objectif de la Campagne des 500 jours et nuits, le renforcement des capacités en matière d’identification par ADN devient une nécessité urgente.

Certains échantillons de restes de martyrs ne sont constitués que de quelques fragments d’os, enfouis depuis plus d’un demi-siècle. Ils ne contiennent plus que des fragments d’ADN fortement dégradés, brisés et altérés par le temps et le climat tropical chaud et humide.

C’est également la raison pour laquelle l’identification des martyrs demeure l’un des problèmes les plus complexes de la médecine légale. Pendant de nombreuses années, les méthodes d’analyse se sont principalement appuyées sur l’ADN mitochondrial, qui permet uniquement d’établir des comparaisons selon la lignée maternelle et doit être associé à de nombreuses données factuelles.

cpver-3.jpg

Le professeur Chu Hoang Ha, vice-président de l’Académie des sciences et des technologies du Vietnam (VAST), a souligné que la principale différence de la nouvelle procédure technologique résidait dans l’utilisation de plus de 5 000 marqueurs SNP du génome nucléaire, combinée aux technologies de séquençage de nouvelle génération.

Cette approche permet d’analyser des fragments d’ADN dont la longueur ne dépasse parfois que 20 à 30 nucléotides.

Plus important encore, cette technologie permet d’effectuer des comparaisons avec des proches présentant un lien de parenté pouvant aller jusqu’à la quatrième génération. Il s’agit d’une avancée majeure, qui ouvre de nouvelles perspectives pour résoudre le problème de l’identification des restes des martyrs au Vietnam.

Les premiers essais ont donné des résultats encourageants. Au cimetière des martyrs de Tra Linh, dans la province de Cao Bang (au nord), cette nouvelle technologie a été appliquée à des échantillons réels de restes humains et a permis, dans un premier temps, d’identifier des cas présentant une correspondance avec des membres des familles.

Chaque identification réussie n’est pas seulement une réussite scientifique, mais aussi un geste de reconnaissance envers ceux qui ont sacrifié leur vie pour la Patrie. Photos : NDEL
Chaque identification réussie n’est pas seulement une réussite scientifique, mais aussi un geste de reconnaissance envers ceux qui ont sacrifié leur vie pour la Patrie. Photos : NDEL

Plus récemment, la procédure a été déployée à une plus grande échelle au cimetière des martyrs de Rong Rieng, dans la province d’An Giang (au Sud), où près de 1 000 échantillons de restes ont été collectés en vue de leur analyse.

Afin de répondre aux exigences de la pratique, le professeur Chu Hoang Ha estime qu’au-delà de l’investissement dans des équipements modernes et de l’automatisation des procédures, il est essentiel de constituer une équipe suffisamment solide de spécialistes en biologie moléculaire, en technologies de séquençage et en bio-informatique.

D’autre part, l’achèvement de la base de données ADN des proches des martyrs permettra de raccourcir les délais de comparaison et d’améliorer la précision de l’identification.

Chaque identification réussie par analyse ADN ne constitue pas seulement une avancée scientifique. Elle représente aussi un espoir immense pour les familles qui attendent depuis plusieurs décennies de savoir où leurs proches reposent.

À mesure que les technologies seront maîtrisées, que les ressources humaines seront renforcées et que la base de données ADN sera progressivement complétée, le processus visant à « rendre leur nom » aux héros tombés pour la Patrie disposera d’une base scientifique toujours plus solide.

C’est aussi une manière pour les sciences et les technologies d’aujourd’hui de faire vivre et de prolonger la tradition nationale de « Quand on boit de l'eau, on pense à la source », autrement dit, de ne jamais oublier ceux à qui l’on doit ce que l’on est aujourd’hui.

La Campagne des 500 jours et nuits ne consiste pas seulement à réparer les conséquences de la guerre. Elle nous rappelle aussi la valeur du sacrifice et l’importance de la reconnaissance.

Cette campagne vise notamment à retrouver les restes de quelque 7 000 soldats, à prélever des échantillons sur environ 230 000 tombes non identifiées et à effectuer des analyses ADN sur près de 18 000 échantillons. Elle prévoit également la création d’une base de données génétiques des proches de soldats disparus et le déminage de plusieurs zones prioritaires.

À la mi-août, 32 équipes, soit près de 1 600 personnes, étaient mobilisées pour les recherches. Elles avaient collecté et conservé près de 35 000 échantillons. Quelque 360 équipes de déminage étaient également engagées sur le terrain.

Back to top