Il est également connu sous le nom de « village des antiquités », en raison des nombreux artefacts anciens qu’il conserve.
Autrefois, après chaque tempête ou épisode de forte houle, des morceaux de bois et des fragments de porcelaine aux motifs anciens apparaissaient sur le rivage et les plages de sable.
Ce qui semblait n’être que des vestiges épars rejetés par les vagues révélait en réalité la présence d’un véritable trésor historique enfoui sous les couches de sable et de roche de cette zone côtière.
En 2012, lors d’une sortie de pêche, un habitant du village de Chau Thuan Bien, découvrit les premières assiettes et bols en porcelaine décorés de motifs anciens.
Il comprit alors que de nombreux autres objets reposaient probablement encore sous le sable.
La nouvelle se répandit rapidement dans tout le village et les pêcheurs de la région commencèrent à plonger en mer afin de remonter des antiquités qu’ils exposaient ensuite chez eux.
Au départ, les habitants, simplement curieux, ramassaient les objets pour les exposer chez eux.
Plus tard, des antiquaires sont venus les acheter pour des prix allant de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de millions de dongs, révélant ainsi aux pêcheurs la valeur de leurs découvertes.
Selon les pêcheurs locaux, ce site de fouilles renferme trois ou quatre navires anciens ; certains ont coulé lors de tempêtes, d’autres ont brûlé.
Lors de leur exhumation, les fragments de bois et les marchandises à bord portaient encore des traces de brûlure, la plupart des navires transportant des céramiques d’origine chinoise.
Non loin de là, à environ 300 mètres plus au nord, au large de la plage de Chau Tan, les pêcheurs ont également signalé l’existence d’une épave chargée d’objets en bronze et en fonte.
Assiettes, bassins, plateaux et divers éléments métalliques présentaient des motifs insolites d'une grande finesse.
Outre les bols et les assiettes en porcelaine, de nombreux pêcheurs ont découvert des récipients en céramique, des vases, des théières, de petites jarres en porcelaine ainsi que des pots destinés autrefois à contenir des bijoux, remarquablement conservés et décorés de motifs élégants.
Dang Dao, pêcheur du village de Chau Thuan Bien, a lui aussi mis au jour de nombreuses pièces anciennes.
Il raconte qu’en 2016, alors qu’il plongeait pour capturer de jeunes langoustes après une période de forte houle, les vagues avaient dégagé un récif rocheux enfoui sous le sable. C'est en plongeant qu'il a remonté par hasard un fragment d'assiette ancienne.
Par la suite, Dang Dao et plusieurs autres pêcheurs s’équipèrent de matériel de plongée afin d’explorer la zone. Ils découvrirent alors de grandes assiettes et des bols anciens, plus épais et recouverts d’une glaçure d’un type différent de celle observée sur les épaves précédentes.
« Nous les avons fait expertiser par des antiquaires, et tous ont été surpris d'apprendre que ces objets remonteraient à la fin de la dynastie Song, en Chine », explique Dang Dao.
Vue du ciel, la plage de Chau Thuan dessine un arc naturel formant une petite baie. Cette configuration en faisait autrefois un refuge idéal pour les grands navires marchands, qui y faisaient également escale pour échanger des marchandises.
C’est aussi pourquoi de nombreux navires venaient s’abriter ici, avant d’être victimes des tempêtes et de sombrer.
Avec le temps, il n’est resté que des fragments de céramique, des porcelaines et divers objets anciens que les habitants découvrent encore aujourd’hui au gré de leurs activités de pêche.
Chez Nguyen Thuan, vice-chef du village de Chau Thuan Bien, un coin du salon a été spécialement aménagé pour exposer et conserver soigneusement les antiquités qu’il a retrouvées au cours de ses sorties en mer.
Selon lui, chaque objet remonté des profondeurs ne possède pas seulement une valeur historique ; il constitue également un témoignage précieux d’une zone maritime autrefois animée par un intense trafic commercial.
« Les autorités locales mènent régulièrement des campagnes de sensibilisation afin d’encourager les habitants à mieux protéger ces vestiges anciens et à limiter leur vente, leur achat ou leur détérioration, pour préserver ce patrimoine historique inestimable », souligne M. Thuan.