Dans une modeste maison nichée au cœur du quartier 10 de Phuc Tho (arrondissement de Vinh Loc, province de Nghe An), le bruit des lanières de bambou que l’on fend et des ouvrages tressés résonne chaque jour avec régularité. Photo : tienphong.vn
Dans une modeste maison nichée au cœur du quartier 10 de Phuc Tho (arrondissement de Vinh Loc, province de Nghe An), le bruit des lanières de bambou que l’on fend et des ouvrages tressés résonne chaque jour avec régularité. Photo : tienphong.vn

Des mains rugueuses façonnent des produits raffinés exportés à l’étranger

À partir de simples lamelles de bambou et de fibres de rotin, les artisans de Nghe An créent des produits artisanaux d’une grande finesse, très appréciés sur les marchés nationaux et internationaux.

Les mains marquées par les années de Nguyen Thi Oanh, 62 ans, continuent de manier avec agilité les fibres de rotin et les lamelles de bambou pour achever la fabrication d’une lampe décorative.

Après plus de dix ans consacrés à l’art du tressage, Nguyen Thi Oanh considère ce métier comme une partie indispensable de sa vie. Même si ses gestes sont aujourd’hui moins rapides qu’autrefois, elle travaille chaque jour avec assiduité parmi les bottes familières de bambou et de rotin.

Selon elle, une fois terminés, les produits sont achetés par une entreprise qui les exporte. « Lorsque j’apprends que les objets que j’ai fabriqués sont envoyés dans d’autres pays, j’en ressens une grande joie et une immense fierté. J’ai passé toute ma vie dans mon village sans jamais beaucoup voyager, mais savoir que les lampes et les paniers que je tresse se retrouvent dans de nombreux endroits du monde me rend heureuse », confie-t-elle.

L’artisanat du rotin et du bambou a autrefois connu un essor remarquable dans cette région. Il y a un peu plus de dix ans, presque tout le village vivait de cette activité. Du matin jusqu’au soir, les ruelles étaient animées par le rythme incessant du tressage. « À cette époque, presque chaque famille exerçait ce métier. Des formations professionnelles étaient régulièrement organisées pour former les jeunes travailleurs. Les produits se vendaient très bien et tout le monde était enthousiaste », se souvient Nguyen Thi Lien, 51 ans.

Cependant, cet « âge d’or » n’a pas duré. Le marché s’est progressivement rétréci et les débouchés sont devenus plus difficiles, entraînant une forte baisse des revenus. Beaucoup ont été contraints d’abandonner le métier pour trouver d’autres moyens de subsistance. Aujourd’hui, dans le quartier 10 de Phuc Tho, seules quatre familles perpétuent encore cette activité artisanale traditionnelle.

Nguyen Thi Lan, 67 ans, explique que la principale matière première utilisée localement est le lùng, une variété de bambou. Autrefois, les habitants devaient eux-mêmes couper les bambous et les préparer avant le tressage ; aujourd’hui, les machines effectuent une grande partie de ce travail. Le métier est ainsi devenu plus pratique. « Le tressage ne demande pas une grande force physique, mais exige de la patience et de la minutie. L’artisan doit soigner chaque petit détail pour obtenir un produit beau et apprécié des clients », souligne-t-elle.

Soucieuse d’éviter la disparition de ce savoir-faire ancestral, Nguyen Thi Lan a mobilisé les femmes du village pour créer un groupe de production de rotin et de bambou tressés afin de préserver le métier. Parti de quelques personnes seulement, le groupe compte aujourd’hui plus de dix membres actifs. Les plus expérimentés transmettent leur savoir aux nouveaux venus ; tous travaillent ensemble pour honorer les commandes et trouver des débouchés pour leurs produits.

Afin de s’adapter aux évolutions du marché, les artisans ont également modifié leurs méthodes de travail. Alors qu’autrefois, ils fabriquaient principalement des objets ménagers simples, ils proposent désormais des modèles plus modernes. Des lampes décoratives, lanternes et paniers de rangement sont conçus avec élégance pour s’intégrer aux cafés, restaurants et espaces intérieurs contemporains.

Selon Nguyen Thi Oanh, chaque produit est vendu entre 30 000 et 80 000 dôngs. En moyenne, une personne peut réaliser de 8 à 10 articles par jour, ce qui lui procure un revenu d’environ 200 000 dôngs quotidiens.

D’après les autorités du Comité populaire de l’arrondissement de Vinh Loc, l’artisanat du rotin et du bambou tressés permet non seulement à de nombreuses femmes locales d’augmenter leurs revenus, mais contribue également à préserver le patrimoine culturel traditionnel de la région. Malgré les périodes difficiles qu’a traversées la profession, de nombreux artisans ont continué à exercer leur métier avec persévérance, tout en adaptant leurs créations aux exigences du marché. Aujourd’hui, les produits artisanaux en rotin et en bambou de la localité sont non seulement commercialisés au Vietnam, mais aussi exportés à l’étranger, encourageant ainsi les habitants à poursuivre la préservation de cette tradition ancestrale.

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