Exportations : la montée en gamme au cœur de la stratégie vietnamienne

​Selon les experts économiques, l’augmentation des exportations contribue ainsi à renforcer les ressources financières de la production et à soutenir directement le produit intérieur brut (PIB).

Camions dédouanant pour l'exportation au poste frontière international de Kim Thanh, à Lao Cai. Photo : VNA.
Camions dédouanant pour l'exportation au poste frontière international de Kim Thanh, à Lao Cai. Photo : VNA.

Les exportations vietnamiennes poursuivent leur progression, mais l’élargissement des débouchés au cours des derniers mois de 2026 dépendra notamment de la capacité des entreprises à améliorer la qualité et la valeur ajoutée de leurs produits, plutôt qu’à simplement accroître les volumes.

La diversification des marchés, l’exploitation des accords de libre-échange (ALE), le respect des règles d’origine, l’accélération de la transformation et le renforcement des liens entre entreprises figurent parmi les orientations mises en avant pour soutenir une croissance durable des exportations.

Lors d'une réunion consacrée au projet de stratégie d'import-export à l'horizon 2030, avec une vision jusqu'en 2045, le vice-ministre de l'Industrie et du Commerce, Nguyen Sinh Nhat Tan, a souligné la nécessité d'adopter une approche d'équilibre dynamique. Cette démarche implique de gérer simultanément les exportations, les importations, la production nationale et les chaînes d'approvisionnement dans un ensemble cohérent afin de contribuer à l'objectif de croissance à deux chiffres.

L’économiste Nguyen Thuong Lang estime que la hausse des exportations permet aux entreprises d’élargir leurs marchés et de dégager davantage de ressources pour la production, contribuant ainsi directement à la croissance économique. L’essor des exportations favorise également l’attraction des investissements étrangers. Grâce à son réseau d’ALE, le Vietnam offre en effet aux entreprises étrangères implantées sur son territoire un accès privilégié à de nombreux marchés internationaux. En retour, ces investissements peuvent apporter des capitaux, des technologies, des débouchés et de nouvelles méthodes de gestion.

Selon les experts économiques, l’augmentation des exportations contribue ainsi à renforcer les ressources financières de la production et à soutenir directement le produit intérieur brut (PIB). L’élargissement du réseau d’accords de libre-échange renforce parallèlement l’attractivité du pays pour les investissements directs étrangers (IDE), qui peuvent à leur tour favoriser les transferts de technologies, améliorer les capacités de gestion et faciliter l’accès aux marchés internationaux.

Les experts préconisent d'associer ces investissements à des transferts de technologie et à un renforcement des liens avec les entreprises locales. La promotion du commerce doit également être renforcée sur les marchés présentant encore un potentiel, notamment en Europe, en Asie du Sud-Est, au Moyen-Orient et en Afrique. Les entreprises sont appelées à améliorer leurs produits, à développer des modes de production plus respectueux de l’environnement et à renforcer la transparence de leurs chaînes d’approvisionnement.

Production de faisceaux de câbles électriques chez Bandai Corporation, une entreprise à investissement direct étranger (IDE) qui crée l'emploi pour environ 1 000 travailleurs locaux. Photo : VNA
Production de faisceaux de câbles électriques chez Bandai Corporation, une entreprise à investissement direct étranger (IDE) qui crée l'emploi pour environ 1 000 travailleurs locaux. Photo : VNA

L’exemple de C.P. Vietnam, qui a exporté son premier lot de poulet transformé vers la République de Corée, illustre cette orientation. L’entreprise a consacré plusieurs années à préparer une chaîne de production allant de l’alimentation animale aux élevages, à l’abattage et à la transformation, afin de répondre aux exigences du marché coréen. Cette expérience montre l’importance de passer progressivement de l’exportation de matières premières ou de produits semi-finis à la maîtrise des procédures de traitement, des normes, de la traçabilité et de la stratégie de marque.

Il est donc nécessaire de passer d'une allocation des ressources fondée sur les simples frontières administratives à une organisation des ressources axée sur l'efficacité du développement. Pour le secteur industriel et commercial, cela doit se concrétiser par une gestion unifiée de l'espace de production, de la logistique, du marché et de l'exportation.

Pour les derniers mois de 2026, l’objectif de croissance à deux chiffres exige non seulement de préserver la dynamique des exportations, mais aussi de mobiliser de manière concertée le gouvernement, les ministères et le monde des affaires afin de stimuler davantage l’activité économique.

Dans un contexte d’incertitude persistante du commerce mondial, la croissance des exportations ne peut reposer uniquement sur les avantages comparatifs ou sur des coûts de production compétitifs. Elle doit également s’appuyer sur un environnement des affaires favorable, des politiques souples et réactives, ainsi que sur une amélioration continue de la compétitivité des entreprises.

Le gouvernement a identifié comme priorités, pour les derniers mois de l’année, le maintien de la stabilité macroéconomique, la maîtrise de l’inflation et la préservation des grands équilibres de l’économie, tout en mettant en œuvre des mesures décisives pour atteindre l’objectif de croissance économique à deux chiffres.

Dans ce contexte, les exportations demeurent un moteur essentiel de la croissance. Leur dynamisme reposera notamment sur une exploitation plus efficace des accords de libre-échange, la diversification des marchés et des chaînes d’approvisionnement, ainsi que l’augmentation de la valeur ajoutée des produits vietnamiens.

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