Le coup d’envoi de la session d'étude hanoïenne a été donné le 22 septembre dans une atmosphère empreinte de convivialité et d'engagement institutionnel, réunissant des hauts responsables du ministère vietnamien de l'Éducation et de la Formation, des diplomates de l'ambassade de France, ainsi que des dirigeants de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF).
Pionnier en Asie grâce à son réseau de classes bilingues, le Vietnam sert de cadre de formation et d'observation concrète pour cette deuxième cohorte du Collège international de Villers-Cotterêts, un programme majeur issu des engagements pris lors du XIXᵉ Sommet de la Francophonie en 2024.
Financé par le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, le dispositif est piloté conjointement par l’OIF, l’AUF, France Éducation international (FEI) et la Cité internationale de la langue française (CILF).
Un terrain d’observation d’une valeur unique
Ce regroupement rassemble 24 hauts responsables éducatifs - inspecteurs, directeurs ministériels et concepteurs de programmes - venus d’Angola, d’Arménie, de Bulgarie, du Cambodge, du Cap-Vert, des États-Unis (Louisiane), du Canada (Ontario) et du Vietnam. Tous évoluent dans des contextes où le français possède le statut de langue étrangère ou minoritaire.
Pour la communauté internationale des cadres éducatifs, l'immersion sur le terrain vietnamien constitue une étape charnière. "Le choix de Hanoï est très significatif parce que le Vietnam a été pionnier en Asie pour le lancement des classes bilingues. C'est toute cette expérience-là que les cadres éducatifs vont pouvoir aller observer, dialoguer avec et s'enrichir", souligne Nicolas Maïnetti, directeur régional de l'AUF pour l'Asie-Pacifique.
Même constat pour Rennie Yotova, directrice de l'enseignement et de l'apprentissage du français de l'OIF, qui rappelle la spécificité de cette cohorte : "Le point fort de ce regroupement à Hanoï, ce sont les visites de terrain [...]. Les experts vont avoir l'occasion de voir comment le français est déployé sur le terrain dans des établissements scolaires du Vietnam, à la fois des écoles où le français est appris de manière plus renforcée mais aussi d'autres types d'établissements".
Des problématiques communes à explorer
Au-delà de la théorie, cette session privilégie l'analyse comparative des systèmes scolaires autour de trois axes fondamentaux : l’enseignement du français en milieu plurilingue, l’usage des outils numériques et de l'intelligence artificielle dans la pédagogie, et les dispositifs de formation continue des enseignants.
Pour des participants venus d'horizons lointains comme le Canada, les similitudes avec le contexte vietnamien sont saisissantes. "Ici au Vietnam, le français est une langue de la minorité, tout comme ça l'est dans les systèmes d'où nous venons, comme en Ontario où nous ne sommes que 5% d'Ontariens francophones", explique Alice Fomen, professeure adjointe à l’Université de l’Ontario français (Toronto). "On ira sur le terrain pour voir comment les élèves appréhendent cette langue en contexte de français langue seconde, comment le personnel enseignant est préparé et comment le contexte soutient la promotion du français", a-t-elle ajouté.
Le programme de la semaine est rythmé par des visites directes dans des établissements phares de la capitale, notamment à l'École primaire Nghia Tân pour observer la classe et l'enseignement des disciplines non linguistiques, ainsi qu'au Lycée d'élite Hanoi - Amsterdam pour étudier l'intégration du numérique éducatif.
Les experts assistent également à des modules de formation continue dispensés par le Centre régional francophone pour l'Asie-Pacifique (CREFAP/OIF).
Une étape clé dans un cycle international
Ce séjour à Hanoï fait suite à un premier rassemblement organisé à Sofia (Bulgarie) en mai 2026, complété par plusieurs mois de travaux à distance. À l'issue de leurs observations sur le terrain vietnamien, ces hauts responsables poursuivront leurs échanges jusqu'au troisième et dernier regroupement prévu à Phnom Penh (Cambodge) en janvier 2027, clôturant ainsi un cycle destiné à faire émerger des réformes éducatives durables.