Les Ma Coong appartiennent au groupe ethnique Van Kieu et vivent dans la commune de Thuong Trach, province de Quang Tri.
En 2019, la fête du bris du tambour des Ma Coong a été reconnue comme patrimoine culturel immatériel national du Vietnam.
Au-delà de sa dimension spirituelle visant à prier pour de bonnes récoltes, cette fête constitue également un rendez-vous unique, où les jeunes hommes et femmes se retrouvent et se courtisent au rythme vibrant des tambours.
Dans la nuit du 16 ᵉ jour du premier mois lunaire, lorsque la lune atteint le sommet des montagnes, les hommes et les femmes de l’ethnie Ma Coong se donnent rendez-vous pour participer à la fête du bris du tambour.
Le jour de la fête, cette peau est tendue sur le fût du tambour et solidement fixée à l’aide de vieilles cordes de rotin bouillies.
Après environ cinq heures de travail, le tambour est achevé et suspendu à près de deux mètres de hauteur au centre de la cour de la maison communautaire, prêt à servir lors de la cérémonie.
La fête se déroule au cœur du village de Ca Roong 1, commune de Thuong Trach. Le chef du village, Dinh Xon, est choisi par les villageois pour présider le rituel d’offrande à Giàng (la divinité céleste).
Les offrandes à Giàng comprennent : du ruou can (vin de riz fermenté bu à la jarre), du poulet, du poisson, du riz gluant, des fleurs de bananier, des pousses de rotin et des morceaux de tronc de palmier.
Selon le chef du village Dinh Xon, le tambour constitue l’élément central de la fête.
Le son du tambour est l’incarnation du monde spirituel, une voix mystérieuse comparable à celle de l’ethnie Ma Coong résonnant dans la forêt profonde, indomptable face au vent, à la pluie et aux bêtes sauvages.
Il est également considéré comme un signe de bon augure, annonçant la prospérité et la fécondité de la communauté Ma Coong.
« Cette fête est organisée une fois par an afin de souhaiter de bonnes récoltes aux villageois, et à les protéger du malheur et de la maladie », explique le chef du village Dinh Xon.
Vers 20 heures, à la fin de la cérémonie rituelle, de nombreuses personnes se rassemblent autour du tambour et commencent à le frapper à l’aide de bâtons.
Sans distinction d’âge ni d’origine, villageois et visiteurs se mêlent à l’atmosphère animée de la nuit festive.
Selon la croyance des Ma Coong, plus la peau du tambour se brise tôt, plus l’année sera chanceuse pour le village. C'est pourquoi chacun doit s'efforcer de la briser avant l'aube.
Selon la légende des Ma Coong, autrefois, un singe jaune féroce apparut sur leurs terres, détruisant chaque nuit leurs récoltes de maïs et de manioc.
Depuis son apparition, les villageois souffraient de mauvaises récoltes et de maladies persistantes.
Giàng révéla aux villageois qu’il fallait battre les tambours et faire résonner les gongs pour chasser l’animal.
Le vacarme des tambours et des gongs, avec l’aide de Giàng, fit disparaître la menace et ramena la paix dans le village.
Depuis lors, pour exprimer leurs reconnaissances au Giàng et à leurs ancêtres, et prier pour des récoltes abondantes, les Ma Coong organisent chaque année, le 16 ᵉ jour du premier mois lunaire, une cérémonie d’offrandes et de battement du tambour.
Peu à peu, cette pratique a donné naissance à la fête du bris du tambour, attirant de nombreux visiteurs.