Lang Son poursuit sa mission de mémoire pour ramener les soldats tombés sur leur terre natale

Malgré un relief difficile et des conditions météorologiques éprouvantes, la recherche, le regroupement et l’identification des dépouilles de soldats morts au combat mobilisent à Lang Son, au Nord du Vietnam, l’ensemble du système politique, les forces armées et la population de cette province frontalière.

Les forces armées de la province de Lang Son transfèrent la dépouille d’un soldat au cimetière de Loc Binh. Photo : Duong Nguyen
Les forces armées de la province de Lang Son transfèrent la dépouille d’un soldat au cimetière de Loc Binh. Photo : Duong Nguyen

La détermination d’accomplir rapidement la mission

Durant les combats les plus violents, Lang Son fut à la fois une ligne de front et une base arrière fournissant hommes et ressources. Aujourd’hui, la province compte 12 cimetières abritant 2 983 tombes de soldats morts pour la Patrie, dont 990 ne sont toujours pas identifiées.

À partir de 2019, le Service provincial du travail, des invalides de guerre et des affaires sociales, aujourd’hui intégré au Service de l’intérieur, a effectué des prélèvements dans sept cimetières. Au total, 637 échantillons destinés aux analyses ont été remis au Département des personnes ayant rendu des services méritoires à la nation, qui en assure la conservation.

Selon le Commandement militaire provincial, à la mi-août, les équipes compétentes avaient achevé les travaux d’exhumation dans quatre cimetières : Dinh Lap, Cao Loc, Ban Trai et Bong Lau.

Sur les 353 sépultures concernées par la campagne de prélèvements, 223 ont permis de recueillir des échantillons biologiques. Ceux-ci ont tous été transmis à l’Institut national de médecine légale pour analyse ADN.

Proche de l’un des deux soldats dont l’identité a pu être établie au cours de cette campagne, Dam Thi Muoi, habitante de la commune de Xuan Duong, a témoigné avec émotion :

« Pendant de nombreuses années, notre famille a espéré retrouver la tombe de mon oncle, le soldat Vi Van Eo, afin de savoir exactement où il reposait. Nous sommes très heureux d’avoir enfin pu la retrouver. Nous remercions le Parti, l’État et l’Armée d’avoir permis le transfert de ses dépouilles au cimetière des Morts pour la Patrie de Loc Binh. Toute notre famille leur en est profondément reconnaissante. »

Une mission dictée par le cœur

Engagé depuis de nombreuses années dans la collecte d’informations et les prélèvements ADN destinés à identifier les soldats disparus, le lieutenant-colonel Nguyen Duc Thuc, chargé des politiques sociales au sein du Département politique du Commandement militaire de Lang Son, évoque les difficultés liées à la géologie locale et à la rigueur du climat.

Chaque cimetière présente des caractéristiques géologiques particulières et certains ont été réaménagés à plusieurs reprises. Lors des fouilles, les équipes ont découvert des tombes situées à plus de deux mètres de profondeur, sous plusieurs couches de pierre, de briques, de chaux et de sable, avant de parvenir aux petites urnes funéraires.

Dans plusieurs sépultures inondées, les militaires ont dû travailler longuement à tâtons pour repérer et recueillir les fragments de dépouilles.

« Pour nous, chaque tombe exhumée ne représente pas seulement une opération professionnelle. Elle marque le retour d’un soldat resté pendant de longues années sur un ancien champ de bataille », explique Nguyen Duc Thuc.

Cette conviction anime également les jeunes cadres et soldats, appelés à faire preuve de courage, de responsabilité, de minutie et de recueillement dans l’accomplissement de leur mission.

Chargés du tri, du codage et de la conservation des échantillons biologiques, les personnels médicaux militaires constituent le dernier maillon du dispositif scientifique. Leur travail doit garantir la sécurité et la grande précision de chaque échantillon ADN conservé.

Selon le colonel Nguyen Van Khai, responsable du service médical du Commandement militaire provincial, les connaissances scientifiques actuelles rendent indispensable une conservation rigoureuse et fiable des prélèvements biologiques.

« Sans qu’il soit nécessaire de le rappeler, chaque membre des équipes de prélèvement mesure pleinement sa responsabilité et accomplit cette mission particulière avec la plus grande détermination. Nous savons qu’elle offre une occasion précieuse de ramener plus rapidement les héros tombés au combat dans leur région natale et auprès de leur famille, mettant ainsi fin à des décennies d’attente », souligne-t-il.

D’après le colonel Nguyen Cong Khue, commissaire politique du Commandement militaire et vice-président permanent du comité directeur provincial chargé de la recherche, du regroupement et de l’identification des dépouilles, les opérations sont conduites de manière coordonnée et scientifique.

La priorité consiste à renforcer la coopération entre les forces armées, les services compétents et les autorités locales afin de vérifier les informations relatives aux soldats et à leurs tombes, puis de mener des recherches dans les zones susceptibles d’abriter des sépultures.

Ce travail exige de la persévérance : certains renseignements nécessitent de longues vérifications, tandis que plusieurs sites doivent être inspectés à de nombreuses reprises avant qu’une intervention puisse être décidée.

La « Campagne de 500 jours et nuits pour intensifier la recherche, le regroupement et l’identification des dépouilles des soldats morts au combat » reste semée de difficultés. Chacune de ses étapes revêt toutefois une profonde portée humaine et sacrée.

Car l’objectif ultime n’est pas seulement de retrouver des restes humains, mais aussi de rendre un nom et une identité aux soldats qui ont héroïquement sacrifié leur vie pour l’indépendance et la liberté de la Patrie ainsi que pour le bonheur du peuple.

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