Au cœur du rythme de vie moderne, le village artisanal de Canh Hoach (commune de Dan Hoa, à Hanoï), situé à environ 25 km au sud-ouest du centre de la capitale vietnamienne, continue de préserver l’art de fabriquer des cages à oiseaux, un métier vieux d’environ 300 ans.
Dans les petites ruelles du village résonnent encore les sons du bambou que l’on fend et des baguettes que l’on taille, rappelant l’image d’un village artisanal autrefois réputé dans toute la région de Kinh Ky (Capitale royale).
Selon Bui Thi Thao - qui exerce ce métier depuis plus de 30 ans - la fabrication d’une cage à oiseaux nécessite environ sept étapes principales, allant du choix des matières premières, du traitement du bambou, du façonnage des cercles, de l’assemblage de la structure, du taillage des baguettes, jusqu’au polissage, au vernissage et à la décoration. Chaque étape exige minutie, habileté et persévérance.
Dans le village, chaque famille se spécialise généralement dans une étape particulière, comme le cintrage des baguettes, la fabrication des cercles ou l’assemblage de la structure, avant que les pièces ne soient réunies pour former le produit final.
Grâce à des machines, le temps de production a été raccourci : une cage est généralement achevée en trois à cinq jours, tandis que les modèles plus élaborés peuvent nécessiter d’une semaine à quinze jours. Les prix courants varient entre 500 000 et 800 000 dôngs, tandis que les commandes personnalisées peuvent dépasser un million de dôngs.
Outre la transmission du métier de génération en génération, les habitants de Canh Hoạch cherchent également à améliorer les modèles et à créer de nouveaux styles de cages afin de répondre aux goûts du marché.
Les principaux débouchés se situent à Hanoï, Da Nang, Nha Trang et Hô Chi Minh-Ville, ainsi que dans certains pays comme Singapour, la Thaïlande, la Malaisie et l’Australie, Singapour constituant le marché le plus important.
De nombreux ateliers utilisent également les réseaux sociaux pour promouvoir leurs produits, ce qui contribue à élargir les débouchés. À une certaine époque, la fabrication de cages à oiseaux représentait plus de 50 % de la valeur de la production de la commune de Dan Hoa.
Cependant, le village artisanal a également traversé des périodes difficiles lorsque les produits trouvaient difficilement preneur ; de nombreux foyers ont dû suspendre temporairement leur production et se tourner vers d’autres activités. Malgré cela, les habitants espèrent que le marché se stabilisera progressivement, permettant de relancer la production, d’améliorer la qualité des produits et d’élargir les opportunités d’exportation, afin que le métier traditionnel de Canh Hoach puisse continuer à être préservé et développé.