Réveiller le potentiel de l’économie verte du bambou sur les terres arides de Dak Lak

La province de Dak Lak considère désormais le bambou non seulement comme une culture à fort potentiel dans les zones arides et dégradées, mais également comme une option stratégique de la restructuration du secteur agricole, en lien avec l'adaptation au changement climatique et le développement d'une économie verte.

Au-delà de sa valeur économique, le bambou présente également des avantages en terme de l’environnement naturel. Photo : Danviet.
Au-delà de sa valeur économique, le bambou présente également des avantages en terme de l’environnement naturel. Photo : Danviet.

Dans la province de Dak Lak (dans les Hauts Plateaux du Centre du Vietnam), en particulier dans les zones arides de l’ouest, à proximité des régions frontalières le bambou s’affirme progressivement comme une culture à fort potentiel, contribuant à améliorer les moyens de subsistance des populations locales et à promouvoir une économie verte.

Dans un contexte de changement climatique de plus en plus sévère, le choix de cultures capables à la fois de s’adapter aux conditions naturelles et de générer une valeur économique stable devient une exigence urgente.

Dans la commune d’Ea Sup, province de Dak Lak - où les sols arides et le climat caniculaire rendent de nombreuses cultures peu performantes - certaines variétés de bambou démontrent toutefois une remarquable capacité d’adaptation.

Conscients de ce potentiel, de nombreuses familles se sont engagées activement dans la culture du bambou.

À titre d’exemple, la famille de Tran Thi Phuong, dans le hameau n° 5, a converti, il y a près de cinq ans, plus de 5 000 m² de plantations d’anacardiers à faible rendement en bambou.

Afin d’en améliorer la productivité, elle a investi dans un système d’irrigation goutte à goutte associé à l’énergie solaire.

À ce jour, plus de 500 pieds de bambou assurent une production régulière, générant un revenu annuel d’environ 100 millions de dongs.

« Depuis toujours, nous avons cultivé diverses plantes, mais le passage au bambou s’est révélé particulièrement efficace, car cette plante permet des récoltes tout au long de l’année, même sur des terres pauvres. En pratique, la culture du bambou demande peu d'entretien et sa vente est facile, ce qui nous garantit des revenus stables », confie-t-elle.

Selon Dang Thi Thanh Nhung, vice-présidente permanente du Comité populaire de la commune d’Ea Sup, la culture du bambou a certes apporté des avantages économiques à certains ménages, mais son développement reste confronté à de nombreux obstacles.

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Dans la commune d’Ea Sup - où les sols arides et le climat caniculaire rendent de nombreuses cultures peu performantes - certaines variétés de bambou démontrent toutefois une remarquable capacité d’adaptation. Photo : VOV.

Les surfaces cultivées en bambou sont actuellement réduites, dispersées et ne constituent pas encore une zone de matières premières concentrée, ce qui complique le lien entre production et consommation et l’attraction d’investissements dans la transformation.

Néanmoins, plusieurs variétés de bambou s’adaptent bien aux climats chauds et secs, sont faciles à cultiver, nécessitent peu d’investissement et offrent des cycles d’exploitation courts, générant ainsi des revenus réguliers - des atouts particulièrement adaptés aux conditions de production des zones défavorisées.

À partir de ce constat, la commune d’Ea Sup envisage d’étendre les superficies de plantation, de structurer progressivement des zones de production concentrées et d’attirer des entreprises pour développer des partenariats en matière de production et de commercialisation.

Au-delà de sa valeur économique, le bambou présente également des avantages en terme de l’environnement naturel, notamment face à l'aggravation du changement climatique. Il pousse rapidement, contribue à la rétention des sols et à la lutte contre l’érosion, et absorbe efficacement le carbone.

Avec environ 3 500 hectares de bambou existants, Dak Lak dispose encore d’un potentiel considérable pour développer durablement cette filière, à condition d'y investir judicieusement, de l'organisation des zones de production de matières premières jusqu'à l'application de normes de gestion forestière.

Selon Nguyen Hoang Tiep, directeur adjoint du Centre de certification de la gestion forestière durable (FSC), l’application de normes de gestion forestière durable - en particulier la certification forestière et la certification FSC pour les forêts de bambou - permettra d’accroître la valeur des produits et d’élargir l’accès aux marchés.

« Le gouvernement a promulgué le décret 06 relatif aux gaz à effet de serre, qui prévoit également des dispositions spécifiques concernant les projets de reboisement en général et de plantation de bambou en particulier, en lien avec les activités de réduction des émissions. Il est donc nécessaire de fournir aux agriculteurs des orientations techniques concrètes pour leurs pratiques quotidiennes, afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre », souligne-t-il.

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La province de Dak Lak considère le bambou non seulement comme une culture à fort potentiel dans les zones arides et dégradées, mais également comme une option stratégique de la restructuration du secteur agricole. Photo : VOV.

S’inscrivant dans l’orientation générale de restructuration du secteur agricole, la province de Dak Lak considère désormais le bambou non seulement comme une culture à fort potentiel dans les zones arides et dégradées, mais également comme une option stratégique de la restructuration du secteur agricole, en lien avec l'adaptation au changement climatique et le développement d'une économie verte.

Selon Dang Thi Thuy, directrice adjointe du Service de l’Agriculture et de l’Environnement de la province de Dak Lak, pour exploiter pleinement ce potentiel, la province entend concentrer ses efforts sur la planification des zones de production de bambou, encourager les entreprises et les coopératives à investir dans une production associée à la transformation en profondeur, tout en renforçant les liens au sein des chaînes de valeur.

L’objectif est d’accroître la valeur des produits, d’élargir les marchés nationaux et internationaux, et de créer des emplois tout en augmentant les revenus des populations locales.

Fort de résultats initiaux encourageants, le bambou s’impose progressivement non seulement comme une culture adaptée aux conditions extrêmes, mais aussi comme une nouvelle voie pour le développement de l’économie verte à Dak Lak.

Structurée de manière rigoureuse et intégrée aux chaînes de valeur, la filière bambou pourrait à la fois améliorer les conditions de vie des populations défavorisées et ouvrir la voie à un développement durable du secteur agricole local.

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