Renforcer la protection de l’environnement dans le secteur de l’aquaculture

L’aquaculture continue de jouer un rôle stratégique dans le secteur halieutique du Vietnam, contribuant de manière significative à la croissance de la production, aux exportations et aux moyens de subsistance de millions de personnes.

Renforcer la protection de l’environnement dans le secteur de l’aquaculture

Toutefois, avec l’expansion constante des activités d’élevage, la pression exercée sur l’environnement s’intensifie.

Selon un rapport du ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, les exportations de produits aquatiques ont enregistré en 2025 une hausse de 13,1 % par rapport à 2024, atteignant 11,34 milliards de dollars. Ces résultats témoignent du dynamisme du secteur, mais soulèvent également des enjeux environnementaux importants dans les zones d’élevage.

D’après l’autorité des pêches et de la surveillance des ressources halieutiques, le suivi et l’alerte environnementale dans l’aquaculture ne se limitent pas à la collecte de paramètres techniques, mais constituent un véritable système de prévention précoce pour l’ensemble des zones de production. La surveillance régulière d’indicateurs tels que l’oxygène dissous (DO), le pH, la température, la salinité ainsi que des gaz toxiques comme NH3 et NO2 permet de détecter rapidement les anomalies de la qualité de l’eau.

Lorsque ces paramètres dépassent les seuils autorisés, les éleveurs peuvent mettre en œuvre des mesures adaptées, telles que le renouvellement de l’eau, l’augmentation de l’aération ou l’utilisation de produits biologiques. Ces interventions contribuent à limiter les risques d’apparition de maladies et d’autres facteurs nuisibles. Un environnement stable favorise également la résistance des espèces élevées, réduisant les pertes et les dommages en cours de production.

Au-delà de la prévention des risques, le système de surveillance environnementale constitue un outil technique essentiel pour optimiser les pratiques d’élevage. Les données collectées permettent aux producteurs d’ajuster les rations alimentaires, la fréquence d’alimentation, ainsi que le calendrier de renouvellement de l’eau, tout en stabilisant les paramètres comme l’alcalinité et le pH.

Sur le terrain, le réseau de surveillance a été considérablement étendu, avec 1 192 points de mesure couvrant divers types d’élevage, notamment les crevettes d’eau saumâtre, le pangasius, les mollusques, le tilapia, l’aquaculture en cages en eau douce, ainsi que l’élevage marin et d’autres espèces.

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Les résultats observés entre 2021 et 2024 montrent que certains paramètres ont dépassé les seuils à différentes périodes, principalement en lien avec la pollution organique et bactérienne. Toutefois, en 2025, une diminution a été enregistrée pour certains indicateurs comme l’oxygène, le pH et la salinité, tandis que les cas de mortalité massive dans les élevages tendent à reculer.

Certaines expériences locales illustrent ces évolutions. Dans certaines zones, l’application stricte des procédures et l’amélioration de la sensibilisation des éleveurs, combinées à des alertes environnementales opportunes, ont contribué à une meilleure maîtrise de la qualité de l’eau.

Cependant, les risques environnementaux demeurent. La dégradation des milieux aquacoles reste préoccupante, sous l’effet du changement climatique et de la pollution provenant des eaux usées domestiques, agricoles et industrielles. Par ailleurs, certaines réglementations ne répondent pas encore pleinement aux exigences pratiques, notamment en matière de prévention et de gestion des sources de pollution.

Selon Phung Duc Tien, vice-ministre de l’Agriculture et de l’Environnement, le développement durable et responsable de l’aquaculture constitue une orientation incontournable. Le renforcement du contrôle des rejets, l’innovation technologique, la transformation numérique et la mobilisation de l’ensemble de la société sont identifiés comme des leviers essentiels.

Pour surmonter les limites actuelles, des responsables sectoriels soulignent la nécessité de compléter le cadre juridique, de renforcer les dispositifs de surveillance et d’encourager une approche proactive fondée sur la prévention. À plus long terme, les avancées scientifiques et technologiques devraient permettre de mettre en place des systèmes de suivi intelligents, capables d’anticiper les risques et de répondre plus efficacement aux évolutions complexes de l’environnement aquacole.

NDEL
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