La saison du millet doré au bord de la rivière Son

Les champs de millet, cultivés en alternance avec le maïs et l’arachide le long de la rivière Son, dans la commune de Bo Trach (au Centre du Vietnam), arrivent à maturité. Sous un soleil brûlant, les agriculteurs ont commencé la récolte.

À la mi-avril, de nombreuses parcelles situées à environ 5 km du site de Phong Nha–Ke Bang entrent en pleine période de récolte. Dans les champs, le millet prend une teinte jaune éclatante.

Le millet doré, également appelé « millet queue-de-renard » (Setaria italica), est une céréale ancienne riche en nutriments. Après environ trois mois de culture, il atteint sa maturité : les épis, lourds de grains, s’inclinent comme des queues de renard.

Chaque jour, un ouvrier agricole peut gagner environ 300 000 dôngs en récoltant le millet.

« La coupe des épis est plus pénible que celle du riz, car il faut les couper un à un en restant debout, mais cela apporte un revenu supplémentaire, alors tout le monde en profite », explique Nguyen Thi Minh, ouvrière agricole.

Pour se protéger de la chaleur, les agriculteurs portent des chapeaux coniques, des casquettes et des foulards, travaillant de longues heures sous un soleil intense, leurs vêtements trempés de sueur.

À la différence du riz, mécanisable, le millet est récolté entièrement à la main. Sous un soleil brûlant, cinq à dix ouvriers, alignés côte à côte, coupent chaque épi à la faucille ou aux ciseaux, avant de les regrouper et de les ensacher pour le séchage.

Ce travail exige minutie et patience, en raison de la petite taille des épis, très serrés les uns contre les autres. Les feuilles et les tiges du millet sont couvertes de poils durs, susceptibles de provoquer des éraflures et des irritations de la peau. Les ouvriers portent généralement des vêtements à manches longues, se couvrent le visage et mettent des gants afin de limiter les blessures et de se protéger du soleil.

Chaque foyer cultive entre un et trois sao (environ 500 m² chacun), avec un rendement de 150 à 180 kg par sao.

Les grappes de millet sont coupées, rassemblées en tas, puis mises en sacs en attente de transport.

Selon les habitants, le millet est une plante facile à cultiver, peu sujette aux maladies et peu coûteuse, mais qui nécessite un entretien minutieux, notamment pour le repiquage et le désherbage. Ressemblant à l’herbe, il peut facilement être arraché par erreur.

Ngo Van Nam, qui cultive deux sao de millet, indique que la chaleur et le manque de pluie cette année ont légèrement réduit les rendements, à environ 150 kg par sao. Toutefois, comparé aux cultures traditionnelles comme le maïs ou l’arachide, le millet offre un rendement économique deux fois supérieur.

Après la récolte, le millet est mis à sécher, puis les grains sont séparés des épis. Pour les extraire, les agriculteurs les rassemblent en tas et les secouent à la main.

Chaque après-midi, les habitants profitent du vent pour vanner le grain, séparant les grains pleins des grains vides. Le millet est versé d’une hauteur d’environ un mètre : les grains lourds tombent, tandis que les grains légers sont emportés par le vent.

Une fois séché et nettoyé, le millet se vend entre 25 000 et 35 000 dôngs le kilogramme, constituant une source de revenus stable pour de nombreux foyers riverains.

Riche en nutriments, le millet peut être transformé en divers plats tels que bouillies, riz gluant, desserts sucrés, lait végétal ou galettes. La demande croissante du marché a favorisé l’expansion des surfaces cultivées ces dernières années.

La commune de Bo Trach est aujourd’hui l’une des principales zones de culture de millet de la province de Quang Tri, avec plus de 27 hectares répartis dans six villages le long de la rivière Son.

Prenant sa source dans la grotte de Phong Nha, la rivière Son s’étend sur environ 35 km avant de rejoindre la rivière Gianh. Chaque année, les crues y déposent des alluvions fertiles, favorisant les cultures à cycle court.

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