Lors du dernier jour du Chôl Chnăm Thmây, des centaines de personnes participent au bain du Bouddha dans la salle principale de la pagode Pothiwong, dans l’après-midi du 16 avril. Photo : VNE
Lors du dernier jour du Chôl Chnăm Thmây, des centaines de personnes participent au bain du Bouddha dans la salle principale de la pagode Pothiwong, dans l’après-midi du 16 avril. Photo : VNE

Le rituel du bain des parents lors du Nouvel An khmer à Hô Chi Minh-Ville

De nombreux Khmers vivant dans le quartier de Bay Hien accomplissent le rituel du bain et s’agenouillent pour demander pardon à leurs parents à l’occasion du Chôl Chnăm Thmây, la fête célébrant le passage à la nouvelle année.

En khmer, Chôl Chnăm Thmây signifie « entrer dans la nouvelle année ». Cette fête a lieu à une période où la nature est en plein renouveau, luxuriante et pleine de vitalité. Selon le calendrier khmer, le Nouvel An 2026 s’est déroulé du 13 au 16 avril.

À cette occasion, les fidèles se rendent à la pagode pour prier pour la paix, offrir des repas aux moines, pratiquer la libération d’animaux et ériger des monticules de sable. Le dernier jour est le plus important, marqué par les rituels du bain du Bouddha, des moines et des parents, afin d’accumuler des mérites, exprimer la piété filiale et honorer les ancêtres.

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Sur le côté de la salle principale de la pagode, Kim Lam Nhat Tien utilise des seaux d’eau parfumée, préalablement offerts au Bouddha, pour laver son père, Kim Lam Quang, âgé de 53 ans.

Cette coutume, pratiquée le troisième jour du Chôl Chnăm Thmây, est transmise dans sa famille depuis plusieurs générations. « Cela permet d’exprimer notre piété envers nos parents et grands-parents », explique la jeune femme de 24 ans, versant doucement l’eau sur la tête de son père.

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L’eau sacrée est ensuite rapportée à la maison pour permettre aux autres enfants de manifester leur respect filial. Sous le regard d’un moine, Kim Lam Nhat Quang, 29 ans, s’agenouille à son tour pour laver ses parents.

Il précise que ce rituel peut être réalisé à la pagode ou à domicile. Même très occupés, les enfants s’efforcent toujours de se réunir pour accomplir le bain de leur mère.

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M. Quang verse délicatement l’eau sur les pieds, les mains et le corps de sa mère. Pendant le rituel, il murmure des excuses pour les moments où il l’a peinée au cours de l’année écoulée, tout en lui souhaitant santé et longévité.

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À la fin de la cérémonie, les enfants s’agenouillent et inclinent la tête jusqu’aux pieds de leurs parents pour demander pardon. En réponse, ces derniers posent leurs mains sur le dos de leurs enfants, signe de pardon et d’affection.

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À une centaine de mètres de là, Dien Thi Cai, 69 ans, est assise sur une chaise devant sa maison, laissant tour à tour ses enfants et petits-enfants lui donner le bain.

Originaire de Soc Trang, sa famille vit depuis 38 ans au sein de la communauté khmère de la rue Bui The My. Veuve depuis 16 ans, elle partage son foyer avec 14 membres de sa famille. Après son retour de la pagode, ses enfants préparent une bassine d’eau agrémentée de pétales de chrysanthème pour la laver.

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Le bain du Bouddha est l’un des rituels les plus attendus du Chôl Chnăm Thmây. De nombreux Khmers patientent pendant des heures dans les pagodes pour pouvoir accomplir ce geste sacré.

Les statues de Bouddha, celles de la pagode comme celles apportées par les fidèles, sont alignées. On verse de l’eau parfumée sur leur tête avant de les essuyer soigneusement. Ce rituel symbolise la purification, le nettoyage des « impuretés » de l’esprit.

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Après avoir lavé les statues, les fidèles utilisent des pétales de fleurs pour asperger d’eau les moines âgés. Dans la culture khmère, ce geste représente des vœux de longévité et de bénédiction pour la nouvelle année.

« Ce rituel vise à apporter sérénité, santé et à orienter les individus vers une vie meilleure », partage le vénérable Nguyen Tri, abbé de la pagode Pothiwong.

Les participants s’aspergent également entre eux pour chasser les malheurs et attirer chance et santé.

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Après la partie solennelle, l’ambiance devient plus animée : les habitants des environs envahissent les ruelles, s’aspergent joyeusement d’eau et participent à des jeux traditionnels.

Au début de l’année 2025, Hô Chi Minh-Ville comptait plus de 50 000 habitants d’origine khmère. Il s’agit de l’une des communautés ethniques les plus importantes de la ville, aux côtés des Chinois et des Chams, contribuant à la richesse de sa diversité culturelle.

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