Dak Lak (dans les Hauts Plateaux du Centre du Vietnam) dispose d’une vaste superficie de terres forestières, et le bambou est considéré comme une option appropriée, nécessitant de faibles investissements et offrant des moyens de subsistance stables aux populations locales, en particulier aux minorités ethniques.
Toutefois, la superficie totale consacrée au bambou dans la province n’atteint actuellement qu’environ 3 500 hectares, dont seulement 50 hectares sont plantés avec de nouvelles variétés à haut rendement et de haute qualité, le reste étant principalement constitué de bambou forestier naturel.
Le développement demeure dispersé, peu structuré, avec une faible coordination entre les acteurs, une consommation essentiellement limitée aux pousses de bambou fraîches, et l’absence de zones de matières premières concentrées ainsi que de chaînes de transformation approfondie.
Les participants ont estimé que, pour faire du bambou une filière à forte valeur ajoutée, la province doit rapidement planifier des zones de culture dédiées, renforcer la coopération entre les « quatre acteurs » (l’État, les scientifiques, les entreprises et les agriculteurs), attirer les entreprises à investir dans la transformation, et diversifier les produits, allant de l’artisanat aux matériaux de construction, en passant par les biens de consommation et l’exportation.
« Il est nécessaire d’adopter une résolution thématique spécifiquement consacrée au développement de la filière bambou. Les autorités joueront un rôle moteur dans la création d’un environnement favorable à la mise en relation entre les entreprises et les producteurs de bambou, notamment les agriculteurs.
Quant aux administrations locales, elles accompagneront les agriculteurs à la fois par la formation professionnelle et par le développement de la production de bambou, afin de générer une efficacité économique, de promouvoir l’économie verte, de protéger l’environnement et d’améliorer les revenus des agriculteurs », a souligné Phan Van Thang, directeur du Centre de recherche sur les produits forestiers non ligneux.
Selon Dang Thi Thuy, directrice adjointe du Service de l’Agriculture et de l’Environnement de Dak Lak, ce colloque constitue une étape initiale importante permettant à la province d’identifier clairement son potentiel, de lever les goulets d’étranglement et de construire progressivement une chaîne de valeur du bambou durable, associant le développement de l’économie rurale à la protection de l’environnement et à l’adaptation au changement climatique.
L’intérêt porté au marché des crédits carbone ouvre également de nouvelles perspectives pour le développement, dans les temps à venir, de modèles d’économie verte fondés sur le bambou à Dak Lak.
« Le monde s’intéresse aujourd’hui de plus en plus aux crédits carbone, qui constituent l’une des opportunités majeures pour Dak Lak dans le développement de la filière bambou. Pour en faire une véritable filière économique, les autorités locales et les agriculteurs doivent adopter un état d’esprit audacieux, oser innover et considérer le bambou non seulement comme une culture forestière ordinaire, mais aussi comme une filière à forte valeur économique, développée selon une chaîne de valeur complète », a estimé Dang Thi Thuy.