Gia Lai : la forêt comme moteur d'une nouvelle économie verte grâce aux crédits carbone

Face à l'évolution de plus en plus complexe du changement climatique et à la nécessité impérieuse de réduire les émissions de gaz à effet de serre, Gia Lai s'emploie à transformer son patrimoine naturel en moteur de développement économique vert, en cohérence avec la stratégie nationale de neutralité carbone.

La zone des plantations de grands arbres dans la commune de Van Canh, province de Gia Lai. Photo : VNA.
La zone des plantations de grands arbres dans la commune de Van Canh, province de Gia Lai. Photo : VNA.

Face à l'évolution de plus en plus complexe du changement climatique et à la nécessité impérieuse de réduire les émissions de gaz à effet de serre, la province de Gia Lai (au Centre du Vietnam) s'affirme comme un acteur stratégique du marché du carbone au Vietnam.

S'appuyant sur l'ampleur de ses ressources forestières, Gia Lai s'emploie à transformer son patrimoine naturel en moteur de développement économique vert, en cohérence avec la stratégie nationale de neutralité carbone.

Dotée d'une superficie naturelle de plus de 2,15 millions d'hectares, la province compte près de 988 000 hectares de terres forestières, dont plus de 692 700 hectares de forêts naturelles.

Ce capital écologique exceptionnel ne se limite pas à la protection de l'environnement, à la régulation du climat ou à la prévention des catastrophes naturelles : il constitue également un véritable "capital carbone", permettant à Gia Lai de s'intégrer aux marchés nationaux et internationaux du crédit carbone.

Selon les estimations techniques basées sur les écosystèmes de la région, chaque hectare de forêt peut absorber entre quatre et six tonnes de CO2 par an.

La superficie forestière totale de la province de Gia Lai est estimée capable d'absorber près de 4,9 millions de tonnes de CO₂ par an.

Si ce volume de CO₂ absorbé est converti en crédits carbone et valorisé dans le cadre de mécanismes d'échange appropriés, il constituerait une ressource économique significative, contribuant à accroître la valeur des forêts et à générer des revenus durables supplémentaires pour les gestionnaires forestiers.

Malgré ce potentiel considérable, le développement du secteur doit impérativement respecter les cadres juridiques et les mécanismes de marché.

Pour les autorités locales, l'enjeu consiste à assurer une gestion rigoureuse, conciliant les intérêts de l’État, des investisseurs et des communautés locales.

Ngo Van Thang, directeur du parc national de Kon Ka Kinh, province de Gia Lai, précise que son unité gère actuellement 42 000 hectares de forêt primaire, essentiellement forêt naturelle à forte biodiversité.

L’intégration des mécanismes financiers liés au crédit de carbone permet de renforcer les ressources allouées à la conservation tout en créant des moyens de substance pour les communautés riveraines.

Grâce à la gestion contractuelle des forêts et au développement de l’écotourisme, les habitants - notamment les minorités ethniques -perçoivent désormais la préservation de leur environnement comme une source de revenus stable et durable.

Sur le plan institutionnel, Gia Lai participe activement aux initiatives nationales et internationales de réduction des émissions issues de la déforestation et de la dégradation des forêts.

La province est notamment intégrée aux négociations du contrat d’achat de réductions d’émissions (ERPA) pour la région des Hauts Plateaux, dans le cadre de la coalition LEAF.

Parallèlement, Gia Lai envisage d’élargir sa coopération et de développer de nouveaux projets de crédits carbone dans le secteur forestier et les domaines connexes.

Selon les autorités compétentes, le développement des crédits carbone forestiers constitue non seulement une source de revenus durable pour le budget local et les propriétaires forestiers, mais aussi un puissant levier pour la protection et la valorisation des forêts.

Il contribue ainsi à améliorer les conditions de vie des populations, en particulier celles des minorités ethniques dépendantes des ressources forestières, tout en favorisant l’émergence d’une économie verte et circulaire conforme aux objectifs de développement durable.

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