La stratégie provinciale repose sur l'attraction des investissements pour une transformation profonde.
La stratégie provinciale repose sur l'attraction des investissements pour une transformation profonde.

Vers une agriculture durable grâce à la filière du cocotier biologique

Grâce au modèle de culture biologique répondant aux normes d’exportation, de nombreux foyers agricoles de la province de Vinh Long (au Sud du Vietnam) ont réussi à sortir durablement de la pauvreté et à s’enrichir.

Le cocotier ne se limite plus à la consommation locale. Il est devenu un maillon essentiel des chaînes d'approvisionnement mondiales.

Désormais classé parmi les cultures nationales stratégiques, ce secteur bénéficie d'une attention particulière de la part des autorités locales.

Dans le "Top 5" mondial

En 15 ans, la filière a connu un essor fulgurant. De 140 000 hectares pour un chiffre d'affaires à l'export de 180 millions de dollars en 2010, la superficie atteint aujourd'hui près de 201 000 hectares, avec des exportations dépassant 1,1 milliard de dollars.

Le Vietnam se hisse au 4e rang en Asie et au 5e rang mondial en termes de compétitivité globale de la filière.

Selon Cao Ba Dang Khoa, secrétaire général de l'Association de la noix de coco du Vietnam (VCA), le secteur compte environ 600 entreprises opérant dans des domaines variés : agroalimentaire, cosmétique, pharmacie, bois et artisanat.

Si le pays ne comptait que 8 usines d'exportation en 2015, il en dénombre 75 en 2025, dont plusieurs unités de haute technologie gérant des zones de matières premières certifiées.

La province de Vinh Long (Sud) s’impose comme capitale du cocotier du Vietnam avec plus de 120 000 hectares (soit 50% de la superficie nationale).
La province de Vinh Long (Sud) s’impose comme capitale du cocotier du Vietnam avec plus de 120 000 hectares (soit 50% de la superficie nationale).

Vinh Long, "capitale" du cocotier et enjeux de la chaîne de valeur

Avec plus de 120.000 ha (soit 50 % de la superficie nationale), Vinh Long s'affirme comme le moteur de la filière. En 2025, sa production est estimée à 1,3 million de tonnes pour une valeur à l'exportation de 500 millions de dollars, assurant ainsi la subsistance de près de 270 000 foyers.

Tran Vinh Phu, président du Conseil d'administration et directeur de la coopérative Tan An Luong (Vinh Long), a partagé : "Nous ne nous contentons pas de garantir l'écoulement des produits. Nous apportons également un soutien technique, établissons des codes de zones de culture et collaborons avec des entreprises de Ben Tre pour les contrôles et la certification biologique. Les noix de coco répondant aux normes sont rachetées à un prix supérieur de 5 à 10 % par rapport au marché et exportées de manière stable vers la Chine".

Il est à noter que la coopérative aide non seulement les agriculteurs à vendre des noix de coco fraîches, mais signe également des contrats pour la consommation de noix de coco sèches et la transformation des sous-produits - tels que les coques et les fibres - en objets artisanaux, augmentant ainsi les revenus et créant des emplois locaux.

Afin d'étendre ce modèle biologique, avant la réorganisation administrative, le Comité populaire de la commune de Tan An Luong a collaboré étroitement avec le secteur agricole pour organiser des formations sur les techniques d'entretien, la lutte contre les nuisibles, la tenue des journaux de production et l'élevage d'ennemis naturels, notamment le perce-oreille (chelidura).

Ces initiatives ont considérablement renforcé la conscience des habitants pour une agriculture sûre.

La stratégie provinciale repose sur l'attraction des investissements pour une transformation profonde.
La stratégie provinciale repose sur l'attraction des investissements pour une transformation profonde.

Selon les statistiques, Tan An Luong possède désormais 6 codes de zones de culture couvrant 150 ha éligibles à l'exportation.

La commune a intensifié ses efforts de sensibilisation pour inciter les agriculteurs à convertir les rizières peu productives en cocoteraies biologiques, visant ainsi des revenus stables et une agriculture propre.

Dans cette feuille de route de restructuration variétale, le rôle de l'Alliance des coopératives du Vietnam et de celle de la province de Vinh Long s'avère déterminant.

Ces institutions soutiennent l'édification de modèles de coopératives de type nouveau, facilitent la connexion entre les entreprises et les marchés, guident les procédures de certification et appuient la formation des ressources humaines, l'accès au crédit ainsi que l'acquisition de machines de transformation.

Focus sur la transformation profonde

Toutefois, des défis subsistent. Les coopératives locales pointent du doigt des coûts logistiques élevés et une transformation locale encore insuffisante.

Pour optimiser la valeur ajoutée, il est impératif de "rationaliser" la chaîne d'approvisionnement en favorisant la transformation primaire sur place.

Nguyen Van Hay, représentant d'une coopérative à Vinh Long, précise : "L'engagement contractuel à long terme avec les entreprises permet aux agriculteurs de produire sereinement, à l'abri des fluctuations imprévisibles du marché."

Face aux défis du changement climatique qui frappe durement le delta du Mékong, le cocotier est privilégié pour la restructuration des cultures.

La province de Vinh Long ambitionne d'atteindre 132 000 ha pour une production de 1,5 million de tonnes d'ici 2030.

La stratégie provinciale repose sur l'attraction des investissements dans la transformation profonde et le soutien aux partenariats entre entreprises et coopératives pour développer des zones biologiques.

L'objectif est de maintenir une croissance annuelle des exportations supérieure à 10%.

L'inscription du cocotier sur la liste des cultures nationales stratégiques marque une reconnaissance de son poids économique et constitue le socle indispensable pour que la marque "Noix de coco du Vietnam" s'impose durablement sur le marché mondial.

lecourrier
Back to top