Préserver la forêt pour s’enrichir grâce aux plantes médicinales

Sous les forêts anciennes des montagnes de l’ouest de Da Nang, les jardins de ginseng Ngoc Linh ouvrent une nouvelle voie de développement durable. En misant sur les plantes médicinales et la protection des forêts, les localités montagneuses cherchent à créer des moyens de subsistance durables et à réduire la pauvreté.

Le Ngoc Quang, secrétaire du Comité municipal du Parti de Da Nang, et la délégation de travail ont effectué une visite de terrain dans les zones de culture de plantes médicinales des communes de l’ouest de la ville.
Le Ngoc Quang, secrétaire du Comité municipal du Parti de Da Nang, et la délégation de travail ont effectué une visite de terrain dans les zones de culture de plantes médicinales des communes de l’ouest de la ville.

Au cœur des montagnes verdoyantes de Nam Tra My, Tra Linh, Tra Leng ou encore Tra Van, dans l’ouest de Da Nang (au Centre du Vietnam), les jardins de ginseng Ngoc Linh grandissent discrètement sous la canopée des forêts anciennes. Dans ces territoires longtemps confrontés à l’isolement, aux glissements de terrain et au manque d’infrastructures, une nouvelle voie de développement se dessine progressivement : faire de la forêt le socle des moyens de subsistance et des plantes médicinales le moteur d’un développement durable pour les régions montagneuses.

Une nouvelle dynamique née de la forêt

Ce message a été souligné par le secrétaire du Comité municipal du Parti de Da Nang, Le Ngoc Quang, lors d’une séance de travail avec les permanences des comités du Parti des communes de Nam Tra My, Tra Leng, Tra Tap, Tra Van et Tra Linh. Selon lui, le développement des zones montagneuses de l’ouest ne peut être dissocié de la protection des forêts et de la création de moyens de subsistance durables pour les habitants. Dans cette stratégie, le ginseng Ngoc Linh ainsi que les plantes médicinales locales doivent devenir les atouts compétitifs spécifiques de la région.

Ces dernières années, les montagnes de l’ouest de Da Nang connaissent une transformation progressive. Aux côtés des cultures traditionnelles sur brûlis, de nombreuses localités ont osé se tourner vers la culture de plantes médicinales à forte valeur économique, telles que le ginseng Ngoc Linh, la cannelle de Tra My ou diverses espèces locales cultivées sous couvert forestier. Dans les communes de haute montagne, le vert des forêts ne symbolise plus seulement la protection de l’environnement, mais ouvre également de nouvelles perspectives économiques pour les minorités ethniques.

Selon les rapports des autorités locales, les superficies consacrées aux plantes médicinales continuent de s’étendre, contribuant à créer des emplois et à améliorer les revenus des populations montagnardes. Plusieurs communes maintiennent un taux élevé de couverture forestière, tandis que la gestion, la protection et la prévention des incendies de forêt sont mises en œuvre avec rigueur.

La situation socio-économique présente également des signes encourageants. En 2025, les recettes budgétaires de la commune de Tra Leng ont dépassé les prévisions de 136 %, tandis que celles de Nam Tra My ont atteint 142 %. Les secteurs de l’éducation, de la santé et de la protection sociale continuent par ailleurs d’être assurés de manière stable.

Cependant, derrière ces signaux positifs subsistent de nombreuses difficultés. Après les catastrophes naturelles de 2025, plusieurs axes routiers ont subi d’importantes dégradations. De nombreux hameaux restent privés d’électricité, de réseau de télécommunications ou d’accès routier jusqu’au centre administratif. Le taux de pauvreté demeure élevé dans certaines localités, atteignant 38,26 % à Tra Tap et 34,83 % à Tra Leng. De plus, de nombreuses zones d’habitation restent exposées à un risque élevé de glissements de terrain, alors que les terrains destinés à la réinstallation sécurisée restent limités.

Selon Le Ngoc Quang, le développement des régions montagneuses de l’ouest doit être intégré à la stratégie globale de développement de la ville. Il appelle à adopter une vision fondée sur le principe : « préserver pour développer, développer pour protéger la forêt », afin de créer progressivement un espace économique dédié aux plantes médicinales, à l’économie écologique et au tourisme communautaire, porteur de l’identité propre des montagnes occidentales de Da Nang.

Développer les infrastructures pour retenir les habitants

Parallèlement au développement des plantes médicinales, les autorités municipales demandent aux localités de concentrer leurs efforts sur les infrastructures essentielles : routes, électricité, eau, télécommunications et infrastructures numériques. Selon le secrétaire du Comité municipal du Parti, l’infrastructure numérique et l’accès aux services publics en ligne doivent désormais être considérés comme des infrastructures fondamentales pour les zones montagneuses. Ils constituent une base essentielle pour accélérer la transformation numérique dans la gestion administrative, l’éducation, la santé et les services à la population.

Le Ngoc Quang a demandé aux communes n’ayant pas encore achevé l’installation des infrastructures informatiques de finaliser ces travaux avant la fin mai 2026. Il a également insisté sur la priorité à accorder aux projets stratégiques concernant les routes, le réseau électrique et les télécommunications destinés à soutenir le développement des zones de culture du ginseng Ngoc Linh et des plantes médicinales. « Il faut mettre fin au plus vite aux zones encore privées de couverture réseau et d’électricité », a-t-il affirmé.

Concernant la stabilisation des populations montagnardes, les autorités ont demandé un recensement précis des zones exposées aux catastrophes naturelles et aux glissements de terrain afin d’élaborer des plans de relocalisation adaptés. Les nouveaux sites de réinstallation devront être associés à la stabilité des activités de production et à la création de moyens de subsistance durables. La ville envisage également d’expérimenter des zones résidentielles et de petits pôles industriels liés aux zones de production spécialisée et au développement du tourisme communautaire.

Le président du Conseil populaire municipal de Da Nang, Nguyen Duc Dung, a salué l’esprit de solidarité et les efforts déployés par les localités montagneuses dans leur développement socio-économique. Selon lui, les propositions formulées par les autorités locales sont pertinentes et portent sur des enjeux majeurs tels que les infrastructures stratégiques, les mécanismes spécifiques aux régions montagneuses, le soutien au développement des plantes médicinales et l’organisation des zones de peuplement. Il estime que les futures politiques devront accorder une attention particulière aux zones montagneuses et défavorisées afin de mieux répondre aux réalités du terrain.

Concernant la politique de location des espaces forestiers, Nguyen Duc Dung a proposé d’étudier des mécanismes plus adaptés afin d’encourager les habitants à investir dans le développement des plantes médicinales tout en protégeant les forêts. Il suggère notamment des exonérations ou réductions des frais de location forestière pour les minorités ethniques participant à la protection des forêts et à la culture de plantes médicinales sous couvert forestier, afin de concilier préservation des forêts, moyens de subsistance durables et réduction effective de la pauvreté.

De son côté, le vice-président du Comité populaire de Da Nang, Ho Quang Buu, considère que les infrastructures interrégionales et intercommunales constituent un moteur essentiel pour ouvrir de nouvelles perspectives de développement aux zones montagneuses. Des axes stratégiques tels que la route 40B, la route de la zone de sécurité historique ou encore l’axe Tra My – Phuoc Thanh doivent être modernisés et aménagés de manière cohérente afin de soutenir le développement économique et social ainsi que les zones de culture des plantes médicinales.

« L’expérience montre que les routes menant à Tra Linh, une fois modernisées, ont permis aux habitants non seulement de sortir de la pauvreté, mais aussi de s’enrichir progressivement », a souligné Ho Quang Buu. Il a également indiqué que Da Nang publierait prochainement un projet de soutien au développement des plantes médicinales et du ginseng afin de favoriser la préservation et l’expansion des zones de production. La ville entend également maintenir et développer le marché du ginseng de Nam Tra My comme marque emblématique des montagnes de l’ouest.

Au cœur de la chaîne de Truong Son, les jardins de ginseng cultivés sous la canopée forestière ne représentent pas seulement un espoir économique. Ils incarnent aussi une démarche visant à préserver les forêts, les terres et les habitants des régions frontalières occidentales de la ville. C’est ici qu’émerge progressivement un nouvel espace de développement, où économie des plantes médicinales, économie écologique et tourisme communautaire avancent ensemble sous le vert durable des grandes forêts.

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