Des essais concluants pour préparer la généralisation du dispositif
Le 28 mai, le vice-ministre de l’Agriculture et de l’Environnement, Hoang Trung, a présidé une réunion consacrée à l’évaluation de l’avancement du système national de traçabilité des produits agricoles, forestiers et halieutiques.
Selon Nguyen Van Long, le projet pilote est mis en œuvre selon une approche progressive : expérimenter, évaluer et ajuster afin de perfectionner l’ensemble du dispositif avant son extension à l’ensemble des filières.
Depuis le lancement du programme, le ministère a publié des directives spécifiques sur la traçabilité du durian et organisé plusieurs sessions de formation dans les provinces de Dong Thap et Dak Lak réunissant plus de 600 représentants des autorités locales, entreprises et producteurs.
À ce jour, seize entreprises participent au projet pilote. Deux d’entre elles bénéficient d’un accompagnement direct afin d’appliquer l’intégralité des procédures de traçabilité.
Une étape importante a été franchie avec l’exportation réussie de deux conteneurs de durians vers la Chine à travers le poste-frontière de Huu Nghi, utilisant des étiquettes électroniques de traçabilité. Cette opération a permis de valider l’ensemble du processus en conditions réelles.
Une base de données en forte expansion
Le système recense désormais près de 18 000 produits répartis dans 112 catégories provenant de 26 provinces et villes du pays. Il couvre déjà 919 lots de marchandises, 547 exploitations agricoles, 255 zones de production et 149 entreprises.
Au-delà du durian, les autorités étendent progressivement la traçabilité à d’autres filières stratégiques telles que le riz, la viande, les œufs, les produits laitiers, le thé, les fruits et les produits de la pêche.
Pour Nguyen Van Long, l’une des principales leçons tirées de cette phase pilote est la nécessité d’impliquer l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur — producteurs, négociants, centres de conditionnement, entreprises exportatrices et fournisseurs de solutions technologiques — afin de garantir la fiabilité des données collectées.
Des infrastructures numériques prêtes pour le déploiement
Selon Nguyen Bao Trung, chef adjoint du département de la transformation numérique (ministère de l’Agriculture et de l’Environnement), les infrastructures techniques sont désormais prêtes pour un déploiement opérationnel en 2026. Les plateformes développées par les entreprises Netacom et CheckVN ont passé avec succès les évaluations de sécurité informatique avant leur intégration dans le système centralisé du ministère.
L’expérience acquise avec le durian a également montré l’importance de définir clairement les responsabilités de chaque intervenant dans la chaîne d’approvisionnement afin d’assurer l’authenticité et la transparence des informations.
Un outil de transparence, non une contrainte administrative
Les autorités vietnamiennes insistent sur le fait que la traçabilité n’a pas vocation à devenir une nouvelle procédure administrative pour les entreprises exportatrices.
« Il s’agit avant tout d’un outil de gestion destiné à renforcer la transparence des informations et à améliorer l’efficacité de l’action publique », a souligné le vice-ministre Hoang Trung.
Le ministère prévoit désormais d’accélérer la mise en service des modules déjà opérationnels à partir du 1er juillet, tout en poursuivant les tests de cybersécurité et en privilégiant l’utilisation des systèmes existants plutôt que le développement de nouvelles plateformes.
Parallèlement, un projet de circulaire sur la traçabilité des produits agricoles est en cours de finalisation, tandis qu’un nouveau décret est élaboré en coordination avec le ministère de la Sécurité publique. L’objectif est de bâtir, à long terme, un système transparent et fiable capable de valoriser les chaînes d’approvisionnement agricoles vietnamiennes sur les marchés internationaux.