L’événement visait à présenter des solutions technologiques adaptées aux défis du changement climatique, en mettant particulièrement l’accent sur les méthodes de réduction des émissions de méthane dans la culture du riz.
Il s’agissait également de stimuler des modèles d’affaires innovants associant production agricole à faibles émissions, mécanismes de crédits carbone et coopération scientifique internationale.
Lors de l’ouverture de l’atelier, le Dr Atsuro Matsuda, conseiller auprès de NARO et directeur du projet de réduction des émissions de gaz à effet de serre en agriculture dans le cadre du programme BRIDGE (Japon), a expliqué que l’objectif était de présenter des technologies concrètes pour aider les agriculteurs à recycler les pratiques culturales traditionnelles vers des méthodes réduisant les émissions de gaz à effet de serre.
Il a souligné l’importance d’intégrer ces techniques aux systèmes de crédits carbone, en ouvrant des opportunités économiques nouvelles pour les producteurs.
Une des solutions technologiques phares présentées a été la technique dite d’irrigation alternée mouillage-sécheresse (AWD), intégrée dans le cadre du programme de crédits carbone J-Credit développé au Japon. Des essais réalisés aux Philippines ont montré que cette méthode pouvait réduire d’environ 30 % les émissions de méthane par rapport aux pratiques de riziculture traditionnelles, tout en maintenant la productivité des cultures.
Cette approche s’inscrit dans les efforts visant à accélérer l’adoption de technologies vertes dans les pays en développement et à renforcer les échanges scientifiques entre le Japon et ses partenaires.
À partir de ces expériences, NARO a contribué à l’élaboration de méthodologies pour un mécanisme commun de crédits carbone (JCM – Joint Crediting Mechanism) entre le Japon et d’autres pays partenaires, ouvrant ainsi la voie à la diffusion plus large de modèles de production de riz à faibles émissions et à la création de revenus supplémentaires sur les marchés des crédits carbone.
Dans son intervention, la Professeure agrégée Lê Minh Thùy, responsable du groupe de recherche sur les technologies de capteurs du Laboratoire de l’Université de Technologie de Hanoi, a souligné que cet atelier constituait une plateforme essentielle pour renforcer la coopération scientifique et le transfert technologique entre les deux pays.
Elle a expliqué que l’application de technologies intelligentes et de capteurs pouvait aider à réduire significativement les émissions de méthane dans les rizières, tout en améliorant l’efficacité de la production. Selon elle, une coopération renforcée avec le Japon — considéré comme un pays leader en technologies agricoles avancées — permettrait au Vietnam d’accéder à des solutions adaptées à ses conditions locales, contribuant ainsi à l’efficacité du secteur et à une transformation vers une agriculture à faibles émissions.
De son côté, le Professeur Phạm Văn Cường, directeur adjoint de l’Académie d’Agriculture du Vietnam, a rappelé que le Vietnam était l’un des principaux pays producteurs et exportateurs de riz au monde, avec quelque 7,1 millions d’hectares de surfaces cultivées et une production annuelle d’environ 43 millions de tonnes.
Dans le contexte des engagements internationaux renforcés pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, il a souligné que le secteur rizicole vietnamien devait se transformer vers des pratiques plus durables et à faible impact environnemental, tout en augmentant la valeur ajoutée de ses produits et en répondant aux attentes des marchés internationaux.
L’atelier a ainsi mis en lumière l’importance de l’innovation, de la coopération scientifique internationale et de l’application de pratiques agricoles respectueuses du climat, en tant que leviers pour la modernisation du secteur rizicole et la réalisation des engagements climatiques du Vietnam.