Valoriser les mangroves au sud de Da Nang

Dans les communes du sud de la ville de Da Nang (au Centre du Vietnam), la préservation des mangroves se poursuit jour après jour, portée par la mobilisation de la communauté et la conviction d’un développement plus vert.

Un vaste écosystème aquatique

Selon plusieurs études scientifiques ainsi que le Service des ressources naturelles et de l’environnement du district de Nui Thanh (ancienne province de Quang Nam), l’ensemble de la zone humide de la lagune An Hoa couvre environ 1 900 hectares de surface en eau, s’étendant sur les anciennes communes de Tam Giang, Tam Quang (aujourd’hui Nui Thanh), Tam Hoa (aujourd’hui Tam Anh) et Tam Hai.

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Une vue partielle de la mangrove au hameau Dong Xuan (commune de Nui Thanh). Photo : Journal Da Nang.

Les mangroves et les herbiers marins ne se contentent pas de stabiliser le littoral, ils constituent également une véritable ceinture verte, capable d’aider le sud de Da Nang à s’adapter au changement climatique.

Les surfaces les plus importantes se concentrent dans l’ancienne commune de Tam Giang (29,75 ha), Tam Hai (22,5 ha) et Tam Nghia (aujourd’hui Nui Thanh, 18,57 ha). La majorité des mangroves se situe à l’extérieur des digues (86,8 ha, soit 82,37 %), contre 17,63 % à l’intérieur.

Dans les zones d’estuaire et les secteurs côtiers fortement salins et soumis aux marées, dominent des formations végétales composées de palétuviers tels que mam, ban, duoc et vet tru. Sur les bancs de sable, moins affectés par les marées, apparaissent d’autres communautés végétales adaptées. À Nui Thanh et Tam My, subsistent notamment des peuplements typiques de cocotiers d’eau, accompagnés d’espèces comme o ro ou rang.

Au total, la flore des mangroves recense 25 espèces appartenant à 19 familles, dont 13 espèces principales. Celles-ci représentent à elles seules 34,3 % des espèces de mangroves recensées au Vietnam.

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Des habitants de la commune de Tam Hai participent à la restauration de la mangrove. Photo : Journal Da Nang.

Grâce à cette richesse écologique, les habitants vivant le long de la rivière Truong Giang tirent traditionnellement leurs moyens de subsistance de la pêche sous couvert forestier. Autrefois, ces forêts étaient considérées comme un véritable « trésor » pour les villages de pêcheurs, tant les ressources halieutiques y étaient abondantes.

Mais la dégradation des mangroves a profondément affecté ces équilibres. Entre 1975 et 2010, plus de 420 hectares ont disparu, entraînant une chute marquée des captures et des revenus.

Une forêt en voie de renaissance

Face à ce déclin, dû à la fois aux activités humaines et au changement climatique, les autorités de Nui Thanh ont engagé de nombreux programmes de reboisement, avec le soutien d’organisations non gouvernementales et de projets de restauration portés par l’ancienne province de Quang Nam.

En 2025, 12 hectares de forêts brise-vent ont été plantés à Tam Quang, 8 hectares de palétuviers à Dong Tuan (Tam Hai) dans le cadre du projet « Renforcement des capacités locales pour une gestion durable des zones humides », ainsi que 4 hectares supplémentaires à Long Thanh Tay (Tam Hai), financés par le programme « Bouclier vert » de l’organisation CRS.

Ces efforts ont permis de porter la superficie totale des mangroves à plus de 100 hectares. Leur renaissance contribue non seulement à limiter l’érosion et à protéger les ressources marines, mais ouvre aussi de nouvelles perspectives, notamment en matière de tourisme écologique.

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Vue d’ensemble de la mangrove au hameau Binh Trung (commune de Tam Hai), après sa restauration, désormais choisie comme site de découverte touristique. Photo : Journal Da Nang.

À Binh Trung (Tam Hai), la mangrove restaurée s’étend sur plus de 29 hectares, formant une bande verte remarquable au cœur d’un paysage fluvial. Le tournant s’est opéré entre 2014 et 2025, grâce à un projet de restauration soutenu par CRS (États-Unis).

Plus de 15 hectares de palétuviers ont été replantés, avec une forte implication des habitants, notamment des femmes. Les débuts furent difficiles : conditions salines, sols vaseux, plants emportés par les vagues ou attaqués par coquillages et mollusques. Mais grâce à une vigilance constante, notamment par l’installation de pieux et un entretien régulier, le taux de survie atteint aujourd’hui 85 à 90 %, ce qui constitue un résultat remarquable.

Désormais, certaines zones présentent un couvert forestier dense, avec des arbres atteignant 4 à 5 mètres de hauteur. Le réseau de racines forme un véritable système biologique, jouant un rôle de rempart naturel, atténuant les vagues, limitant l’érosion, luttant contre l’intrusion saline et protégeant les terres.

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La mangrove du hameau Long Thanh Tay (commune de Tam Hai), en plein développement, contribue à restaurer les ressources halieutiques et à assurer des moyens de subsistance aux habitants locaux. Photo : Journal Da Nang.

Tran Tan Truong, habitant du hameau de Long Thanh Tay (Tam Hai), a lui-même planté une centaine de palétuviers autour de sa maison. « Après deux ans, la plupart ont bien poussé. Cela permet de faire revenir poissons et crevettes, tout en protégeant le sol et en atténuant la force des vagues », explique-t-il.

Selon Huynh Van Cuong, président du Comité populaire de Tam Hai, le potentiel de développement du tourisme écologique est désormais réel. Avec ses paysages préservés, sa biodiversité et son air pur, la région pourrait devenir une destination prisée des amoureux de la nature.

Les autorités locales entendent ainsi associer protection des mangroves et développement du tourisme communautaire, une orientation inscrite dans la Résolution du premier Congrès du Parti de la commune de Tam Hai.

« Après près d’une décennie d’efforts, la superficie des mangroves à Tam Hai dépasse désormais 65 hectares. Au-delà des chiffres, c’est surtout un changement de modèle de développement : passer de l’exploitation à la conservation, du court terme au durable », souligne Huynh Van Cuong.

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