La ville est aujourd’hui confrontée à une nécessité urgente : transformer son mode de gestion des déchets vers un modèle moderne, circulaire et durable.
Bouteilles en plastique, canettes ou morceaux de papier, autrefois considérés comme de simples déchets, deviennent désormais de « petites ressources » pour les élèves de l’école primaire Hoa Phuoc, dans le quartier de Hoa Xuan, à Da Nang.
Le programme « Échanger des déchets contre des cadeaux », organisé régulièrement par les organisations de jeunesse de l’école, encourage les élèves à collecter et trier eux-mêmes les déchets recyclables pour les échanger contre de petits présents. Une ambiance enthousiaste se diffuse de la salle de classe à la cour de récréation, à travers des gestes simples mais porteurs de sens.
Nguyen Ngoc Bao Han, élève de la classe 5/3, partage avec enthousiasme :
« Les enseignants nous apprennent à jeter les déchets au bon endroit pour protéger l’environnement, ce qui aide chacun à améliorer sa conscience écologique. Le message que nous voulons transmettre est que, pour protéger l’environnement, il faut apprendre à trier les déchets et à les jeter correctement, afin d’améliorer notre cadre de vie et la société. »
Selon Nguyen Thi Thanh Thuy, enseignante à l’école primaire Hoa Phuoc, ce programme va au-delà d’une simple activité extrascolaire :
« L’école et les organisations de jeunesse encouragent les élèves à collecter et trier les déchets plastiques, y compris ceux apportés de chez eux. En plus des cours, ces activités permettent aussi aux élèves de créer des modèles STEM à partir de matériaux recyclés. »
Le mouvement en faveur d’un mode de vie écologique dans les écoles de Da Nang s’étend progressivement. De nombreuses initiatives telles que « Le camion du petit plan », « Journée d’échange de déchets contre des cadeaux » ou « École verte » ont permis de collecter des dizaines de tonnes de déchets recyclables, contribuant à la réduction des déchets plastiques tout en soutenant financièrement les élèves défavorisés.
Dans un contexte d’urbanisation rapide, la quantité de déchets ménagers, industriels et plastiques à Da Nang ne cesse d’augmenter, exerçant une forte pression sur les systèmes de collecte et de traitement. Actuellement, la ville génère plus de 4 450 tonnes de déchets solides ménagers par jour, dont environ 1 400 tonnes dans les zones urbaines. Cette quantité devrait continuer à croître.
La ville dispose aujourd’hui de cinq sites de traitement des déchets, utilisant principalement des méthodes telles que l’enfouissement sanitaire, le compostage et l’incinération directe. Toutefois, la capacité de collecte et de traitement reste inférieure aux besoins réels, avec environ 2 050 tonnes traitées par jour.
Le professeur associé Cao Truong Son, responsable du groupe de recherche sur la gestion environnementale et le développement durable à l’Académie d’agriculture du Vietnam, souligne :
« Bien que Da Nang ait élaboré une stratégie de transition, le modèle de gestion des déchets reste essentiellement linéaire. La ville développe actuellement un projet d’usine de valorisation énergétique des déchets, mais celui-ci n’est pas encore achevé. Ainsi, l’enfouissement demeure la méthode principale. »
Face à une urbanisation accélérée, le modèle traditionnel « collecter puis enfouir » n’est plus adapté. Les déchets doivent désormais être considérés comme une ressource dans une logique d’économie circulaire. La gestion des déchets ne relève pas uniquement de la technique, mais aussi de la gouvernance urbaine et de l’évolution des comportements.
Da Nang met en œuvre son objectif de « ville environnementale » à travers des solutions globales : promotion du tri à la source, adoption de technologies avancées, sensibilisation du public et développement progressif d’une économie circulaire dans la gestion des déchets. Des projets pilotes tels que l’audit des déchets, l’économie circulaire ou la coopération avec les entreprises sont en cours, ouvrant la voie à des transformations plus profondes.
Nguyen Tien Quang, directeur de la Chambre de commerce et d’industrie du Vietnam (VCCI) pour la région Centre – Hauts Plateaux du Centre, affirme :
« La ville doit évoluer vers un modèle intégré de gestion des déchets fondé sur les principes de l’économie circulaire : réduction, réutilisation, recyclage, valorisation énergétique et traitement final, avec la participation des autorités, des entreprises et de la communauté. Il est également nécessaire de mettre en place des mécanismes et politiques favorisant la transition d’une économie linéaire vers une économie circulaire. »
Des petites bouteilles en plastique dans les cours d’école aux stratégies urbaines de grande envergure, le chemin vers une ville de Da Nang verte, propre et durable commence par la conscience de chaque citoyen. Et ces « jeunes pousses vertes » d’aujourd’hui pourraient bien constituer le socle d’un avenir durable pour la ville.