La transition écologique des transports n’est donc plus seulement une tendance, mais une nécessité urgente pour permettre au Vietnam d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.
Selon le Dr Nguyen Tuan Quang, directeur adjoint du Département du changement climatique, le secteur des transports représentait en 2018 environ 12 % des émissions totales de gaz à effet de serre du Vietnam, soit l’équivalent de 42,5 millions de tonnes de CO₂. En 2020, ce chiffre est tombé à environ 37 millions de tonnes grâce à l’augmentation des véhicules respectueux de l’environnement, notamment les véhicules électriques. Toutefois, cette baisse reste insuffisante si la transition n’est pas accélérée de manière plus ambitieuse.
Dans sa Contribution déterminée au niveau national (NDC) actualisée, le Vietnam s’est fixé pour objectif de réduire de 15,5 % ses émissions totales de gaz à effet de serre d’ici 2030. À lui seul, le secteur des transports devra réduire ses émissions d’environ 10,6 millions de tonnes de CO₂. Fait notable, plusieurs solutions prioritaires reposent directement sur l’électrification des transports.
Les experts estiment que cette électrification ne permet pas seulement de réduire les émissions polluantes, mais offre également des opportunités d’innovation technologique, de développement de l’industrie auxiliaire et de renforcement de la compétitivité de l’économie vietnamienne. Il s’agit également d’un processus de restructuration complète de l’écosystème des transports vers un modèle à faibles émissions, plus efficace et plus durable.
Certaines collectivités locales ont déjà commencé à mettre en œuvre des modèles de mobilité verte. À Huế, les autorités collaborent avec des entreprises pour développer des taxis électriques, des vélos publics et d’autres services de transport respectueux de l’environnement afin de réduire la dépendance aux véhicules individuels fonctionnant aux énergies fossiles.
Cependant, selon Cung Trong Cuong, directeur de l’Institut de recherche pour le développement de la ville de Hue, les principaux obstacles ne résident pas uniquement dans les infrastructures ou les investissements, mais aussi dans les mentalités et les habitudes de déplacement de la population. Il est donc nécessaire de renforcer les campagnes de sensibilisation et de développer des projets pilotes afin de modifier progressivement les comportements et d’accélérer la transition.
Les expériences internationales montrent que les transports verts ne sont efficaces qu’à condition d’associer des politiques volontaristes, des investissements dans les infrastructures et des applications technologiques avancées. En Inde, la zone entourant le Taj Mahal interdit depuis 1996 les véhicules à essence et diesel, n’autorisant que les véhicules propres. De son côté, la Chine utilise l’intelligence artificielle et des systèmes de surveillance intelligents pour contrôler les émissions polluantes, tout en mettant en place de nombreuses politiques incitatives en faveur des véhicules électriques et des moyens de transport utilisant des énergies propres.
Selon le professeur associé et docteur Nguyen Dinh Tho, le Vietnam se trouve aujourd’hui à un moment décisif pour accélérer la réduction des émissions dans les transports. Pour concrétiser cet objectif, il est essentiel de finaliser rapidement le cadre juridique, d’harmoniser les normes relatives aux infrastructures de recharge et de mettre en place des politiques incitatives suffisamment fortes afin d’encourager à la fois les entreprises et les consommateurs à participer à la transition verte. Parallèlement, des politiques de soutien adaptées devront être prévues pour les catégories de travailleurs affectées par cette transition.