Selon le Plan directeur de la capitale avec une vision à cent ans, la ville entend gérer la qualité de l’air à l’échelle de l’ensemble urbain, plutôt que de traiter la pollution comme un simple problème environnemental.
Le plan souligne que la dégradation de l’air à Hanoï résulte de l’augmentation du trafic, des émissions industrielles, des chantiers de construction et du brûlage des résidus agricoles.
La ville privilégie ainsi un modèle urbain « compact et vert », fondé sur les transports publics, le TOD (développement urbain orienté vers les transports en commun), les ceintures vertes et les infrastructures écologiques afin de réduire les émissions sans diminuer la densité de population.
Cette orientation marque un tournant majeur pour Hanoï, qui vise toujours une forte croissance, l’extension de l’espace urbain et une population de 17 à 19 millions d’habitants entre 2046 et 2065, tout en contrôlant la pollution et en améliorant la qualité de vie.
Le plan divise l’espace de gestion de la qualité de l’air en trois zones.
La première zone, soumise à une protection stricte, couvre le centre historique, les zones politico-administratives, les quartiers à forte densité et les secteurs où l’indice de qualité de l’air (AQI) est régulièrement mauvais. Elle comprend également les écoles, hôpitaux et populations vulnérables nécessitant une protection environnementale renforcée.
La deuxième zone concerne le contrôle intensif des émissions dans les périphériques 2, 3 et 4, les nouveaux quartiers urbains, les zones industrielles et les centres logistiques, principaux foyers d’émissions liés au trafic, à la construction et à l’industrie.
La troisième zone correspond aux espaces tampons écologiques et d’absorption de la pollution, notamment le corridor du fleuve Rouge, le système fluvial Nhue - Day, la rivière To Lich, les lacs de régulation, les forêts spéciales, les forêts de protection, les arbres urbains, les corridors verts, les ceintures vertes et les zones agricoles. Ces espaces ont pour fonction d’absorber, réguler et disperser les polluants dans toute la ville.
Quatre groupes de solutions prioritaires
Hanoï identifie quatre axes majeurs pour améliorer la qualité de l’air : transports, industrie-construction, urbanisme-habitat et coordination régionale.
Dans les transports, la ville privilégie un réseau de mobilité verte lié au modèle TOD, le développement des lignes de métro radiales et circulaires, ainsi que la transition des véhicules thermiques vers les véhicules électriques.
Le plan prévoit également la création de zones à faibles émissions dans le centre-ville, les sites touristiques et les espaces fortement fréquentés afin de limiter les véhicules polluants.
Dans l’industrie et la construction, les sites les plus polluants et les villages artisanaux seront déplacés hors des zones habitées. Les zones industrielles traditionnelles seront converties en modèles industriels écologiques à faibles émissions.
Les nouveaux projets immobiliers devront appliquer des normes environnementales strictes, avec le contrôle des poussières, l’utilisation de matériaux verts et les économies d’énergie. Les villages artisanaux seront également classés selon leur niveau d’émission afin de mieux contrôler la pollution.
Dans le domaine urbain et résidentiel, la ville veut augmenter les espaces verts, plans d’eau et parcs ouverts, tout en préservant rigoureusement corridors, ceintures et coins verts afin d’équilibrer le microclimat et renforcer la capacité naturelle de purification de l’air.
Hanoï entend aussi protéger strictement les forêts de protection de Soc Son, le parc national de Ba Vi, ainsi que les lacs de régulation, le fleuve Rouge et les rivières urbaines, considérés comme des infrastructures environnementales essentielles. Les rivières To Lich, Nhue et Day seront réhabilitées pour restaurer l’écosystème urbain.
Sur le plan régional, Hanoï jouera un rôle central de coordination avec les provinces voisines pour contrôler la pollution interrégionale, harmoniser les normes d’émission et partager les données de surveillance environnementale. La ville souhaite également utiliser l’IA, les mégadonnées et les « jumeaux numériques » pour suivre les émissions et gérer la qualité de l’air en temps réel.
Enfin, Hanoï donnera la priorité au développement des stations automatiques de surveillance de l’air dans le centre-ville et les zones industrielles, connectées au réseau national de surveillance environnementale.
Selon le plan, les programmes de réduction de la pollution atmosphérique, de développement urbain bas carbone et de transition vers des transports verts figurent parmi les projets prioritaires à mettre en œuvre en urgence pour la période 2026-2030.