Cette combinaison stratégique constitue un bouclier efficace permettant aux autorités de détecter rapidement les risques et d’intervenir à temps afin de protéger le « poumon vert » du delta du Mékong.
Dans l’après-midi du 14 mai, selon les dernières statistiques du Comité provincial de prévention et de lutte contre les incendies de forêt de Ca Mau, l’ensemble de la région subit actuellement une vague de sécheresse particulièrement sévère, avec plus de 50 500 hectares de forêt exposés à un risque d’incendie.
Plus alarmant encore, les surfaces forestières placées au niveau maximal d’alerte incendie (niveau V) atteignent déjà 27 100 hectares. Les zones classées aux niveaux III et IV représentent respectivement 11 700 et 11 600 hectares.
Gros plan sur le système de caméras moderne « œil omniscient », installé en toute sécurité sur une tour d'observation de 26 mètres de haut dans la zone administrative du parc national d'U Minh Ha.
Les zones les plus menacées se concentrent dans les massifs forestiers de la Société unipersonnelle d’exploitation forestière U Minh Ha, du Parc national d’U Minh Ha, du Centre de recherche expérimentale forestière du Sud-Ouest ainsi que du service des gardes forestiers de l’archipel de Hon Khoai.
Dans l’« épicentre de la sécheresse » qu’est U Minh Ha, de vastes superficies de forêt primaire de mélaleucas sont totalement asséchées, laissant une couche végétale dense, friable et extrêmement inflammable. Dans un contexte de chaleur persistante, la moindre imprudence liée à l’usage du feu peut suffire à déclencher un incendie majeur. Plusieurs secteurs ont ainsi été placés sous surveillance renforcée afin de permettre une intervention immédiate en cas d’incident.
Pour faire face à cette saison sèche particulièrement éprouvante, Ca Mau a décidé de miser sur les solutions technologiques. L’initiative la plus marquante reste le déploiement d’un système de caméras spécialisées au sein du Parc national d’U Minh Ha, comparées à des « yeux électroniques » veillant sans relâche sur la forêt.
Ces dispositifs sont installés sur des tours d’observation d’environ 26 mètres de hauteur, dans les zones administratives et les secteurs strictement protégés. Chaque ensemble de caméras associe des capteurs thermiques et des objectifs optiques. Grâce à une rotation continue à 360 degrés, 24 heures sur 24, et à une portée visuelle pouvant atteindre cinq kilomètres, un seul système peut surveiller efficacement une superficie de 2 500 hectares.
Doté d’images en qualité 4K et d’un zoom de 30 à 40 fois, le dispositif est capable de détecter les plus petites fumées ou départs de feu dès les premiers instants, avant d’envoyer immédiatement une alerte au centre de contrôle ainsi qu’aux équipes de surveillance sur le terrain. Grâce à ces données, les autorités peuvent localiser précisément la menace et mobiliser rapidement les effectifs et équipements nécessaires.
L'équipe spéciale du parc national d'U Minh Ha assemble et définit soigneusement les paramètres des drones spécialisés avant de les déployer pour des vols de patrouille forestière pendant la saison sèche.
En complément des « yeux électroniques » fixes, le Parc national d’U Minh Ha s’est également équipé de drones thermiques afin de renforcer les capacités de surveillance aérienne. Le Thanh Dung, directeur adjoint du parc, explique les avantages de ces appareils :
« Au début de la saison des pluies, les tours d’observation étant construites en métal, les équipes ne peuvent pas rester en poste lors des orages et de la foudre. Dans ces situations, les drones se révèlent extrêmement efficaces pour détecter les foyers d’incendie. »
En cas de feu, les drones ne se contentent pas de transmettre les coordonnées exactes du sinistre ; ils permettent également de déterminer l’itinéraire le plus rapide pour guider les secours, optimisant ainsi le temps d’intervention.
Malgré l’efficacité de ces technologies, les dangers continuent de menacer la forêt. L’imprudence de certaines personnes pénétrant illégalement dans les bois pour récolter du miel, ainsi que les éclairs des orages de début de saison, restent des causes potentielles d’incendie.
Paradoxalement, les pluies hors saison, censées apporter un peu de fraîcheur, éliminent parfois la couche d’acidité présente sur la végétation au sol, ce qui peut favoriser une propagation plus rapide des flammes en cas d’incendie.
Face à cette situation, le Parc national d’U Minh Ha cherche actuellement à obtenir un budget d’environ 7,2 milliards de dôngs afin d’installer trois nouveaux ensembles de caméras. L’objectif est de compléter à terme un réseau de surveillance de haute technologie capable de couvrir presque l’intégralité des forêts gérées par le parc.