Le Vietnam est reconnu comme l’un des pays possédant une biodiversité parmi les plus riches au monde, avec de nombreuses aires protégées d’importance internationale, des paysages naturels uniques et renommés, des écosystèmes forestiers, marins et de zones humides particulièrement diversifiés, ainsi qu’un grand nombre d’espèces rares, précieuses et menacées, et des ressources génétiques de grande valeur.
La biodiversité constitue un fondement essentiel pour garantir l’équilibre écologique et maintenir les fonctions vitales des écosystèmes au service de la vie humaine et du développement socio-économique.
Elle représente également un atout majeur pour le développement durable de secteurs clés de l’économie tels que l’agriculture, la pêche, la médecine traditionnelle et le tourisme.
C’est pourquoi la conservation de la nature et de la biodiversité a été affirmée comme une mission prioritaire dans les orientations et politiques du Parti, ainsi que dans la Constitution et le système juridique du Vietnam.
Des avancées importantes au service du développement socio-économique
Les politiques de conservation de la nature et de la biodiversité ont bénéficié d’une attention particulière de l’ensemble du système politique, permettant d’obtenir des résultats significatifs contribuant au développement socio-économique, à la protection de l’environnement écologique et à la sécurité nationale.
Le cadre réglementaire continue d’être renforcé et modernisé afin de créer une base juridique permettant une conservation globale des différentes composantes de la biodiversité et de valoriser celles-ci au service du développement du pays.
Le réseau des aires naturelles protégées s’est progressivement étendu et leur gestion devient de plus en plus efficace.
Les activités de conservation ex situ ont été élargies et ouvertes à une participation accrue de la société.
Par ailleurs, les efforts de protection et de restauration des écosystèmes marins, forestiers et des zones humides ont été intensifiés, contribuant à l’amélioration de l’environnement écologique et de la biodiversité.
Dans le même temps, de nombreuses espèces animales et végétales rares et menacées ont été protégées et restaurées.
Des progrès importants ont également été enregistrés dans la collecte, la conservation et l’utilisation durable des ressources génétiques.
Les mesures de contrôle des espèces exotiques envahissantes, de lutte contre le commerce illégal d’animaux sauvages ainsi que de promotion de l’accès aux ressources génétiques et du partage des avantages ont été renforcées.
Il convient également de souligner que la mise en œuvre de modèles de moyens de subsistance durables, de tourisme écologique et de mécanismes de paiement pour services environnementaux forestiers a contribué à améliorer les conditions de vie des populations tout en encourageant leur participation à la protection des forêts et à la conservation de la biodiversité.
Les secteurs économiques de l’agriculture, de la sylviculture, de la pêche et de la santé, engagés dans l’exploitation, la production et la commercialisation de produits issus des ressources naturelles, accordent désormais une attention croissante aux exigences de conservation de la biodiversité afin de répondre aux normes du commerce international.
Parallèlement, plusieurs systèmes d’information et bases de données ont été développés, notamment la base nationale de données sur la biodiversité, la base de données des sites Ramsar du Vietnam, la base de données sur la biosécurité ainsi que celle consacrée au patrimoine naturel vietnamien.
La coopération internationale dans le domaine de la conservation de la nature et de la biodiversité a également été renforcée, illustrant la responsabilité du Vietnam envers la communauté internationale dans la protection de l’environnement et de la biodiversité mondiale, notamment à travers la mise en œuvre du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal adopté en 2022, ainsi que de nombreux autres engagements et accords internationaux relatifs à la conservation de la nature et de la biodiversité.
Défis et solutions pour les années à venir
Les pressions exercées par le développement socio-économique sur la biodiversité continuent de s’accentuer en raison des besoins croissants en terres et en espaces aquatiques destinés aux projets de développement.
À cela s’ajoutent les effets du changement climatique et de la pollution environnementale, qui menacent gravement de nombreux écosystèmes et espèces sauvages, parfois jusqu’à un niveau de dégradation difficilement réversible.
La gestion publique spécialisée en matière de conservation de la nature et de biodiversité concerne de nombreux secteurs et domaines différents.
Les dispositions juridiques et les responsabilités administratives demeurent encore fragmentées, ce qui complique l’application d’une gestion unifiée et cohérente.
Les ressources consacrées à la conservation de la nature et de la biodiversité restent limitées et insuffisantes face aux besoins réels.
Il manque notamment des mécanismes efficaces permettant de mobiliser les financements issus de la société.
Par ailleurs, la sensibilisation et le sens des responsabilités des autorités, des différents secteurs et de la population restent encore insuffisants.
L’exploitation et la consommation d’espèces sauvages, ainsi que l’utilisation non durable des ressources biologiques, persistent dans certaines régions, sans que la préservation de la biodiversité soit pleinement prise en compte.
Des solutions prioritaires pour améliorer l’efficacité de la gestion publique
Afin de renforcer l’efficacité de la gestion publique en matière de biodiversité, plusieurs mesures prioritaires doivent être mises en œuvre.
Premièrement, il convient de poursuivre la révision et la proposition d’amendements à la Loi sur la biodiversité de 2008 ainsi qu’aux textes juridiques connexes, afin d’assurer une approche cohérente et harmonisée des orientations, des objectifs et des modalités d’application répondant aux exigences de la réalité actuelle, tout en intégrant rapidement les engagements internationaux relatifs à la conservation de la nature et de la biodiversité.
Il est également nécessaire de mettre en place un mécanisme de coordination intersectorielle pour améliorer l’efficacité de la gouvernance.
Deuxièmement, il importe de renforcer les capacités des personnels spécialisés et d’améliorer les infrastructures dédiées à la gestion et à la conservation de la biodiversité du niveau central jusqu’aux collectivités locales.
Il est également nécessaire de garantir une mise en œuvre fluide et rapide des nouvelles responsabilités issues de la décentralisation administrative.
Des mécanismes favorisant la coopération et la participation des forces spécialisées — police de l’environnement, gardes-frontières, gardes forestiers, inspection des pêches, gestion du marché, douanes — ainsi que des communautés locales, des entreprises et des organisations sociales doivent être étudiés et proposés.
Troisièmement, il est essentiel d’accélérer la mise en œuvre de la Stratégie nationale sur la biodiversité à l’horizon 2030, avec une vision jusqu’en 2050, ainsi que des plans, programmes et projets de conservation déjà approuvés par le Premier ministre.
Les projets prioritaires du ministère de l’Agriculture et de l’Environnement devront être déployés afin d’atteindre les objectifs fixés dans les différentes stratégies et planifications nationales.
La transformation numérique et l’application de l’intelligence artificielle devront également être renforcées dans les opérations d’inventaire, de suivi, ainsi que dans la construction et la modernisation du système national d’information et de bases de données sur la biodiversité.
Quatrièmement, il convient d’accorder une attention particulière aux activités d’orientation et de contrôle de l’application des dispositions légales relatives à la conservation de la nature et de la biodiversité.
Cinquièmement, des mécanismes de mobilisation des ressources financières pour la conservation de la nature et de la biodiversité doivent être étudiés et proposés. Les ressources disponibles devront être prioritairement allouées aux programmes et projets stratégiques afin d’atteindre les objectifs fixés dans la Stratégie nationale sur la biodiversité à l’horizon 2030 et 2050.
Sixièmement, il est nécessaire de renforcer davantage la coopération internationale et d’élargir les partenariats bilatéraux et multilatéraux dans le domaine de la conservation de la nature et de la biodiversité.