Ces créations simples mais esthétiques proviennent d’une initiative novatrice : une « classe verte à zéro đồng » qui se tient régulièrement sans frais de participation et qui valorise des sous-produits agricoles souvent considérés comme des déchets.
Parmi les animateurs de cette activité figure Mme Trương Quế Lan, qui, malgré les températures hivernales de la région montagneuse de Lạng Sơn à l’approche du Têt Bính Ngọ 2026, accueille avec chaleur ses apprenants dans sa petite maison du quartier N20. Les matériaux utilisés pour les ateliers proviennent uniquement de sous-produits agricoles laissés après les récoltes, sans achat de fournitures supplémentaires.
Étudiante en classe de 6ᵉ à l’école secondaire Hoàng Văn Thụ, Đặng Thảo Nhi confie que, après quelques séances, elle sait désormais fabriquer des fleurs de lotus ou des cerisiers décoratives à partir d’enveloppes de maïs. « Avant, je pensais que les enveloppes de maïs et les feuilles sèches n’avaient aucune utilité. Maintenant, à chaque fois que j’en vois, je me demande ce que je peux en faire. »
Ce qui était au départ une simple activité créative est progressivement devenu un moyen d’éducation à l’environnement, d’expérience communautaire et de développement local. En sensibilisant les participants à la réutilisation des ressources naturelles disponibles, la « classe verte à zéro đồng » fait naître une conscience écologique à travers des pratiques concrètes.
Fondatrice et principale animatrice du projet, Mme Lan explique que le plus grand défi reste le traitement et la conservation des matières premières : « Si les matériaux ne sont pas préparés correctement, l’enveloppe de maïs et les feuilles sèches moisissent ou se détériorent rapidement. À une époque, nous avons accumulé une grande quantité de matières, mais nous avons presque tout perdu faute de savoir-faire approprié. Mais abandonner signifierait revenir à la gaspillage.»
Afin de surmonter ces difficultés, au début de 2025, Mme Lan s’est formée à la création à partir de matériaux naturels et à l’éducation par l’expérience. Depuis lors, elle organise régulièrement des ateliers gratuits. À ce jour, trois sessions ont été tenues, réunissant près de quarante participants et produisant environ 500 objets artisanaux, notamment des fleurs décoratives et des tableaux muraux. Beaucoup de ces objets servent à embellir des espaces privés, tandis que certains sont offerts pour promouvoir la protection de l’environnement.
L’influence de cette initiative s’étend progressivement au-delà du quartier. Inspirée par l’expérience de la classe verte, Mme Nông Thị Ghi, enseignante au lycée Ba Sơn (xã Ba Sơn), a intégré ces principes dans un projet éducatif plus large. En collaboration avec ses élèves, elle a fondé un club entrepreneurial qui développe le projet « Développer le tourisme expérientiel du village de pierre de Thạch Khuyên à partir des ressources locales ».
Ce projet a remporté le premier prix lors d’un concours provincial d’idées entrepreneuriales et a été sélectionné parmi les 20 meilleurs au niveau national en 2025. Grâce aux compétences acquises, les élèves et leur enseignante ont aidé les habitants à transformer des sous-produits agricoles en articles décoratifs pour homestays, objets souvenir ou éléments de valorisation touristique. Certains ont même été vendus, contribuant à financer les activités du club.
Dernièrement, plusieurs produits issus des ateliers ont été exposés dans l’espace public du quartier piéton Kỳ Lừa, où de nombreux visiteurs se sont arrêtés pour les admirer voire s’informer sur leur fabrication. Cette visibilité montre le potentiel d’intégration de ces créations artisanales dans le tourisme expérientiel local.
Selon Mme Phạm Thị Hương, responsable de la gestion du parc géologique mondial de Lạng Sơn, des formations ont été organisées pour 13 ménages dans le quartier Lân Nóng afin de les initier à l’usage de ces matériaux dans la décoration des homestays. Cela contribue non seulement à réduire les déchets et protéger l’environnement, mais s’inscrit aussi dans la stratégie de développement durable du tourisme communautaire.
Ainsi, d’une petite initiative locale, la « classe verte à zéro đồng » illustre comment une idée simple mais persistante peut encourager des changements positifs à partir de pratiques quotidiennes, créant des liens entre éducation, environnement et développement territorial.