Le gaz naturel, un atout majeur pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050

Face à la hausse rapide de la demande énergétique et aux impacts croissants du changement climatique, le Vietnam mise sur le gaz naturel comme levier central de la transition énergétique, conciliant sécurité d’approvisionnement, compétitivité économique et neutralité carbone d’ici 2050.

Panorama de l'atelier. Photo / VNA.
Panorama de l'atelier. Photo / VNA.

Les acteurs du secteur énergétique se sont réunis à Hanoï le 22 janvier lors d’un atelier scientifique organisé par l’Association vietnamienne des énergies propres (VCEA), consacré au rôle du gaz naturel dans la promotion d’une production industrielle plus verte et dans la réalisation de l’objectif national de neutralité carbone d’ici 2050.

Dans son discours d’ouverture, le président de la VCEA, Mai Duy Thien, a souligné que la transition écologique constitue à la fois une tendance inévitable et une nécessité urgente, dans un contexte marqué par le durcissement des réglementations environnementales à l’échelle mondiale.

Pour le Vietnam, le passage d’un modèle de croissance fortement dépendant des énergies fossiles à des pratiques de développement plus vertes est indispensable afin de respecter ses engagements internationaux, de garantir la sécurité énergétique nationale et de renforcer la compétitivité de l’économie, a-t-il affirmé.

Les projections indiquent une hausse rapide de la demande énergétique du pays à l’horizon 2050, notamment dans les secteurs de l’industrie, des ménages et des services. Cette évolution exercera une pression croissante sur les capacités actuelles d’approvisionnement et sur les stratégies de réduction des émissions. Comptant parmi les pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique, le Vietnam subit des pertes économiques annuelles estimées à environ 3 % de son PIB.

Dans ce contexte, une transition énergétique rapide, cohérente et résiliente apparaît comme une priorité stratégique.

Nguyen Khac Quyen, directeur adjoint de l’Institut vietnamien de stratégie et de politique pour l’industrie et le commerce, a présenté une feuille de route détaillée pour le déploiement du gaz naturel dans l’industrie sur la période 2025-2035.

Selon lui, le gaz naturel continuera de jouer le rôle d’énergie de transition clé, dans un contexte de déclin de la production nationale et de croissance soutenue de la demande des secteurs de l’énergie et de l’industrie.

La production issue des 26 gisements gaziers du Vietnam a culminé entre 2010 et 2015, avant d’enregistrer une forte baisse à partir de 2016. Entre 2021 et 2025, les volumes annuels produits se sont situés entre 5,95 et 8,08 milliards de mètres cubes.

Afin de combler le déficit croissant, le pays a intensifié ses importations de gaz naturel liquéfié (GNL). La première cargaison de GNL est arrivée au terminal de Thi Vai en juillet 2023, marquant un tournant majeur dans la structure de l’approvisionnement, avec une transition d’une dépendance quasi exclusive à la production nationale vers un portefeuille diversifié de sources domestiques et importées. Une étape supplémentaire a été franchie en janvier 2026, lorsque la société publique PV Gas a signé son premier contrat d’approvisionnement en GNL à long terme avec le groupe Shell, garantissant des livraisons d’environ 400 000 tonnes par an pour la période 2027-2031 et posant ainsi les bases d’un approvisionnement stable à moyen et long termes.

Malgré ces avancées, les participants à l’atelier ont également mis en évidence plusieurs défis persistants, notamment la diminution des réserves gazières nationales, la dépendance accrue au GNL importé, le caractère encore insuffisamment développé et fragmenté des infrastructures gazières et de GNL, ainsi que des cadres réglementaires qui peinent à suivre le rythme de l’expansion du marché.

Les échanges ont permis de dégager un large consensus en faveur d’une stratégie de développement du gaz naturel fondée sur la stabilité et la flexibilité, étroitement articulée avec les projets de production d’électricité à partir de GNL, une utilisation industrielle élargie au-delà du seul secteur électrique, ainsi qu’une intégration progressive de solutions à faibles émissions telles que le gaz vert et l’hydrogène.

Parmi les principales recommandations figurent la mise en place d’une planification intégrée des infrastructures gazières, électriques et industrielles, l’adoption de modèles d’approvisionnement flexibles – tels que les gazoducs directs, les installations de GNL satellites et les pôles énergétiques intégrés – ainsi que la reconnaissance formelle du rôle stratégique des infrastructures gazières au sein des zones industrielles et économiques.

Ces orientations devraient s’appuyer sur des mécanismes de partenariat public-privé (PPP) et sur des contrats d’achat de gaz à long terme, afin de garantir des approvisionnements sûrs, stables et économiquement viables.

VNA/NDEL
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