Des classes dans la maison communautaire du poste de garde-frontière de My Ly, nichée entre les villages montagneux des commune de Bac Ly et My Ly, jusqu’aux « conférences sans papier » dans la zone côtière de Quynh Mai, le mouvement d’alphabétisation numérique populaire se propage avec vigueur dans les régions frontalières de la province de Nghe An.
Ce programme ne se limite pas à apprendre aux habitants à lire, à écrire, à se familiariser avec les ordinateurs et Internet, mais aussi à utiliser les smartphones, à accéder aux services publics en ligne ou encore à effectuer des paiements électroniques. Autant d’étapes vers la formation de véritables citoyens numériques aux confins du pays.
Le 22 mai 2025, le Comité populaire de la province de Nghe An a publié le plan n° 378/KH-UBND visant à déployer le mouvement d’alphabétisation numérique dans toute la province.
L'objectif est que, d'ici fin 2025, 80 % des cadres, fonctionnaires et agents publics devront maîtriser les principes de la transformation numérique et savoir utiliser les principales plateformes digitales ; et que 80 % des lycéens, étudiants et adultes devront posséder des compétences numériques de base.
D’ici 2026, 100 % des fonctionnaires, élèves du primaire et citoyens adultes seront formés aux savoirs et aux compétences numériques, prêts à s’intégrer pleinement dans la société digitale.
La lumière de la technologie dans les montagnes frontalières
En fin d’après-midi, au village Huoi Cang 1, commune de Bac Ly, la petite salle du poste de garde-frontière de My Ly résonne de rires et de conversations.
Autour des ordinateurs et des téléphones intelligents, des H’Mong, Kho Mu et Thai, écoutent avec attention les soldats leur expliquer comment installer une application, enregistrer une identité numérique, ou effectuer des démarches administratives en ligne.
Cette « classe d’alphabétisation numérique populaire », initiative du Commandement des gardes-frontières de Nghe An, a pour but d’aider les populations dans les zones reculées à accéder à la technologie et à réduire la fracture numérique.
Cut Van Khuyen, du village Huoi Cang 2, s'est exclamé avec enthousiasme : « Avant, pour remplir les formulaires administratifs, il fallait marcher des dizaines de kilomètres des routes forestières. Quand il pleuvait, impossible d’y aller. Maintenant, grâce aux explications des soldats, je peux tout faire sur mon téléphone, dès qu’il y a du réseau. »
Madame Lu Thi Dun, du village Huoi Cang 1, a confié : « Avant, j’entendais parler des services publics en ligne sans savoir ce que c’était. Maintenant, après la formation, tout devient clair et simple. J’ai même commencé à aider d’autres femmes du village. »
Selon le lieutenant-colonel Nguyen Xuan Hoa, commissaire politique adjoint du poste de garde-frontière de My Ly, les cours sont organisés de façon souple, en profitant du matériel existant et de la période intersaisonnière des travaux agricoles, l'après-midi ou le soir.
Les programmes ne se limitent pas à l’apprentissage technologique : ils incluent aussi la sensibilisation au droit, à la sécurité frontalière, à la prévention des fraudes en ligne et à la protection des données personnelles.
En parallèle, le poste de garde-frontière de My Ly maintient une classe d’alphabétisation pour les femmes issues de l’ethnie H’Mong du village de Pieng Vai, commune de My Ly.
Cette classe, qui compte 11 apprenantes, fonctionne régulièrement depuis plus de six mois.
Les « enseignants en uniforme vert » enseignent non seulement les mathématiques et le vietnamien, mais aussi les compétences en matière de santé, d'éducation des enfants et de développement économique du foyer.
Le lieutenant-colonel Cu Pa Po, chef de l'équipe de mobilisation de masse, a déclaré : « Les conditions de vie sont encore difficiles. Il faut se rendre dans chaque foyer pour convaincre les élèves de venir en classe et assurer la régularité des cours. »
Une dynamique en expansion
Le modèle d’alphabétisation numérique ne se limite plus aux montagnes, il s’étend désormais aux postes de garde-frontière du littoral de Nghe An.
Au poste de de garde-frontière de Quynh Phuong, situé dans le quartier maritime de Quynh Mai, la transformation numérique est devenue une nouvelle approche pour accélérer et optimiser les actions de propagande et de mobilisation des jeunes.
Le lieutenant-colonel Nguyen Xuan Quang, commissaire politique adjoint du poste, a précisé : « Le numérique rend nos campagnes de communication auprès des jeunes plus rapides et plus efficaces. Nous utilisons les réseaux sociaux comme Zalo, Facebook ou Fanpage pour diffuser des informations, partager des exemples de personnes exemplaires et de bonnes actions, etc. »
Le poste a également expérimenté le modèle des « conférences sans papier », où les documents imprimés sont remplacés par des présentations interactives et des vidéos courtes - une méthode à la fois économique, vivante et facile à comprendre.
Des « groupes de soutien numérique » ont été créés pour accompagner la population dans les paiements sans espèces et l’utilisation des services publics en ligne, contribuant ainsi à rapprocher l’administration électronique du quotidien des pêcheurs.
Grâce à l’acquisition de compétences numériques, les minorités ethniques, en particulier les femmes ethniques, disposent de davantage d’outils pour participer à l’économie numérique.
La technologie et la connaissance deviennent de véritables leviers pour aider les régions frontalières à sortir du sous-développement, suivre le rythme du progrès et contribuer à la construction d’un espace de prospérité partagée dans ces régions reculées.
Une clé pour l’avenir
Le colonel Tran Dang Khoa, commissaire politique adjoint du Commandement des gardes-frontières de Nghe An, a affirmé : « Le mouvement d’alphabétisation numérique populaire est une orientation juste, née des besoins réels et répondant aux exigences du développement social actuel. Pour les gardes-frontières, il s’agit d’une mission essentielle afin d’élever les compétences technologiques et numériques des soldats. »
Avant le lancement du mouvement, le Commandement des gardes-frontières a ordonné à toutes les unités de renforcer leurs connaissances technologiques et d’organiser des formations approfondies sur la sécurité des réseaux, la gestion des données et l’exploitation des systèmes d’information.
Les compétences professionnelles et la capacité d’adaptation des officiers et soldats s’en trouvent nettement améliorées, constituant une base solide pour bâtir une Armée populaire du Vietnam moderne, disciplinée et hautement qualifiée.
Selon le colonel Tran Dang Khoa, la transformation numérique n’est pas une tâche ponctuelle, mais bien la clé du renouveau des méthodes d’action et du renforcement de l’unité nationale à l’ère nouvelle.
Pour que la vulgarisation numérique prenne véritablement son essor, il est nécessaire de sensibiliser et de faire évoluer les mentalités des officiers, des soldats et de la population ; d'organiser des formations aux compétences numériques ; et de soutenir les groupes vulnérables, tels que les personnes âgées, les ménages pauvres et les minorités ethniques, afin de leur permettre d’accéder pleinement aux technologies de l’information.