L’Université de médecine de Hanoï et son hôpital universitaire ont inauguré, le 26 octobre, le premier système d’imagerie par résonance magnétique (IRM) à très haut champ de 5 Tesla (5 T) en Asie du Sud-Est. Cette technologie ouvre de nouvelles perspectives pour le diagnostic, la recherche médicale et la formation des professionnels de santé.
Cette mise en service marque une étape importante dans la modernisation des équipements médicaux au Vietnam. Elle s’inscrit également dans l’ambition de faire de l’Université de médecine de Hanoï un établissement national de référence, fondé sur un modèle d’université de recherche de premier plan dans la région.
Selon les informations présentées lors de la cérémonie, le système d’IRM 5 T est le premier équipement de cette catégorie conçu pour une utilisation clinique sûre sur l’ensemble du corps. Il offre un rapport signal sur bruit et un contraste tissulaire supérieurs à ceux des appareils de 1,5 T et 3 T couramment utilisés.
Les applications de cette technologie ont fait l’objet de plus de 110 publications scientifiques internationales entre 2022 et 2026.
Des images plus précises pour détecter les lésions
Grâce à son champ magnétique de 5 teslas, l’appareil permet de visualiser avec davantage de précision les structures microscopiques du cerveau et des parois vasculaires.
L’imagerie haute résolution des parois des vaisseaux peut notamment contribuer à l’évaluation des anévrismes cérébraux, des espaces périvasculaires chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer et de l’angiopathie amyloïde cérébrale.
La visualisation détaillée de l’hippocampe et du signe dit de la « queue d’hirondelle » peut également aider à localiser les foyers d’épilepsie temporale et à améliorer le diagnostic précoce de la maladie de Parkinson.
L’un des principaux atouts de cette technologie réside dans ses capacités d’exploration vasculaire sans injection de produit de contraste.
La technique 4D-ASL-MRA permet d’observer la dynamique de la circulation sanguine cérébrale et les réseaux de circulation collatérale, notamment en cas de rétrécissement ou d’obstruction des vaisseaux. Elle représente une option particulièrement intéressante pour les patients souffrant d’insuffisance rénale sévère ou présentant des allergies aux produits de contraste.
Le système dispose également de séquences avancées, notamment GluCEST, permettant d’étudier le glutamate, et APT-CEST, consacrée à l’imagerie du transfert de protons amides.
Ces techniques peuvent contribuer à caractériser les tumeurs cérébrales, notamment les méningiomes et les gliomes, à évaluer leur grade et à distinguer une récidive tumorale des lésions provoquées par la radiothérapie, sans recourir systématiquement à des interventions invasives.
Dans l’imagerie abdominale, les séquences de diffusion à champ de vue réduit, associées à des algorithmes d’intelligence artificielle, permettent de limiter les artéfacts liés à la respiration et aux mouvements intestinaux.
Elles améliorent notamment la détection des tumeurs neuroendocrines du pancréas, l’évaluation de la teneur hépatique en fer et en graisse, l’étude de la perfusion rénale sans produit de contraste ainsi que la caractérisation des tumeurs de la prostate selon la classification PI-RADS v2.1.
La technologie 5 T offre également des possibilités d’évaluation approfondie de la fibrose myocardique et une visualisation détaillée des petites articulations et des plexus nerveux périphériques.
Un outil stratégique pour la recherche et la formation
Selon le professeur associé et docteur Nguyen Lan Hieu, directeur de l’Hôpital universitaire de médecine de Hanoï, cette nouvelle installation devrait améliorer la qualité des soins spécialisés.
Sa haute résolution pourrait faciliter la détection précoce de lésions précancéreuses, de petits foyers épileptiques et de signes de neurodégénérescence. Elle devrait également permettre à davantage de patients d’accéder à des techniques de pointe au Vietnam, limitant ainsi le recours aux soins à l’étranger.
Au-delà de ses applications cliniques, le système constitue une infrastructure de recherche répondant aux standards internationaux. Il ouvre des perspectives pour l’étude des fonctions cérébrales, du métabolisme tissulaire et des mécanismes biologiques à l’échelle microscopique.
Dans le domaine de la formation, il permettra aux médecins résidents, aux étudiants de troisième cycle et aux chercheurs de se familiariser avec des technologies comparables à celles utilisées dans les grands centres médicaux internationaux.
L’Université de médecine de Hanoï et son hôpital ambitionnent ainsi de devenir un centre régional de formation de l’ASEAN spécialisé dans l’IRM à très haut champ.
Faire de l’innovation un bénéfice concret pour les patients
Lors de la cérémonie, Vu Manh Ha, membre suppléant du Comité central du Parti communiste du Vietnam et vice-ministre permanent de la Santé, a souligné que la mise en service de l’IRM 5 T allait bien au-delà de l’acquisition d’un équipement moderne.
Elle ouvre, selon lui, de nouvelles possibilités pour développer le diagnostic spécialisé, promouvoir la recherche scientifique et améliorer la formation des professionnels de santé.
Dans un contexte de transformation numérique et d’innovation technologique du secteur sanitaire, le vice-ministre a insisté sur la nécessité de convertir les progrès techniques en bénéfices réels pour les patients.
Il a demandé à l’université et à l’hôpital d’élaborer un plan d’utilisation adapté aux besoins médicaux, de développer progressivement les techniques spécialisées et de veiller à la pertinence des indications cliniques.
Il a également appelé à renforcer la coopération entre les spécialités médicales, l’imagerie diagnostique et les disciplines scientifiques connexes, tout en favorisant les programmes de recherche de qualité et les partenariats internationaux.
La formation d’équipes hautement qualifiées, le respect des procédures de fonctionnement, la maintenance des équipements et la maîtrise des coûts doivent également garantir un accès sûr et efficace aux soins de haute technologie.
Un partenariat pour le transfert de technologies
À cette occasion, l’Hôpital universitaire de médecine de Hanoï et l’entreprise United Imaging Healthcare ont signé un protocole d’accord portant sur le transfert de technologies, la formation spécialisée et l’optimisation du système pour les médecins, ingénieurs et techniciens vietnamiens.
Les deux établissements entendent intégrer cette technologie dans leurs programmes de formation de troisième cycle et développer des projets de recherche multicentriques avec de grands établissements médicaux internationaux.
L’objectif est également de comparer les données cliniques recueillies grâce à l’IRM 5 T avec celles d’autres centres de recherche, afin de favoriser des publications scientifiques internationales fondées sur les données de patients vietnamiens.
La mise en service de ce système traduit ainsi la volonté de l’Université de médecine de Hanoï et de son hôpital universitaire de renforcer simultanément les soins, la recherche et la formation, au service de la santé publique et du développement durable du secteur médical vietnamien.