Le recours au séquençage de nouvelle génération, associé à l’analyse de l’ADN mitochondrial et de l’ADN nucléaire, ouvre de nouvelles perspectives pour améliorer l’identification des restes des soldats vietnamiens tombés pour la Patrie, y compris lorsque les échantillons sont dégradés ou contiennent de très faibles quantités d’ADN. Ces avancées pourraient permettre à davantage de familles de retrouver leurs proches disparus.
Le 21 octobre, le ministère vietnamien de la Défense a organisé à Hanoï un colloque scientifique international intitulé « Expériences et progrès scientifiques et technologiques dans l’identification par ADN des restes des soldats tombés pour la Patrie ».
L’événement a réuni 22 délégués internationaux représentant notamment l’ambassade des États-Unis au Vietnam, la Commission internationale pour les personnes disparues (ICMP) et l’Université de Géorgie (États-Unis), ainsi que des représentants du ministère vietnamien de la Défense, d’autres ministères, organismes et organisations concernés.
Ce colloque visait à favoriser le partage d’expériences internationales et l’actualisation des connaissances sur les avancées scientifiques et technologiques en matière d’analyses génétiques, de conservation et de stockage des échantillons, ainsi que de gestion et de comparaison des données.
L’objectif était d’améliorer les capacités, la qualité et l’efficacité des opérations d’identification des restes des soldats disparus, tout en étudiant l’application de nouvelles technologies à leur recherche et à leur récupération.
Dans son discours d’ouverture, le général de corps d’armée Nguyen Van Gau, vice-ministre de la Défense, a souligné que, malgré les décennies écoulées depuis la fin de la guerre, les restes de nombreux soldats n’avaient toujours pas été retrouvés ou identifiés.
Derrière chaque cas non résolu se trouvent des familles et des proches qui attendent des réponses, ainsi qu’une responsabilité collective envers ceux qui ont sacrifié leur vie pour l’indépendance et la liberté de la Patrie, a-t-il rappelé.
Selon les chiffres présentés lors du colloque, 3 818 dépouilles de soldats ont été retrouvées et rapatriées à ce jour. Par ailleurs, 211 300 échantillons ont été prélevés sur des restes de soldats non identifiés inhumés dans les cimetières des martyrs, et 786 échantillons osseux ont fait l’objet d’analyses ADN.
Le vice-ministre a estimé que ce colloque revêtait une importance concrète, en permettant aux organismes spécialisés vietnamiens de bénéficier de l’expérience internationale, d’évaluer les possibilités d’application des nouvelles technologies et de définir des solutions adaptées pour améliorer l’efficacité de leurs missions.
Il a appelé les participants à approfondir les échanges sur les exigences et les solutions relatives à la conservation à long terme des échantillons, ainsi que sur les possibilités d’application du séquençage génétique de nouvelle génération et des techniques d’analyse adaptées aux échantillons fortement dégradés ou pauvres en ADN.
Il a également insisté sur la nécessité de partager les expériences concernant l’organisation et le fonctionnement des laboratoires, ainsi que le contrôle de qualité à toutes les étapes du processus, afin de garantir la précision et la fiabilité des résultats.
« Sur la base des besoins du Vietnam et des atouts de ses partenaires, il convient de proposer des domaines de coopération concrets en matière de formation des ressources humaines, de transfert de technologies, d’assistance technique et de recherche appliquée. L’objectif est de permettre aux organismes et unités vietnamiens de maîtriser progressivement ces technologies, de les mettre en œuvre efficacement et de maintenir durablement leurs capacités », a déclaré Nguyen Van Gau.
Lors des séances de travail, les experts étrangers ont partagé leurs expériences dans la mise en place de systèmes nationaux d’identification, l’élaboration de procédures et de normes pour la conservation à long terme des échantillons, ainsi que l’utilisation de l’ADN environnemental (eDNA).
Les discussions ont également porté sur les méthodes médico-légales appliquées aux fosses communes et aux sépultures contenant des restes mélangés, les nouvelles techniques d’analyse génétique, ainsi que les perspectives offertes par le séquençage de nouvelle génération (NGS).
Une attention particulière a été accordée à l’analyse combinée de l’ADN mitochondrial (ADNmt) et de l’ADN nucléaire, notamment à l’aide des marqueurs STR, pour traiter les échantillons dégradés ou présentant une faible teneur en ADN.
Les participants ont en outre échangé sur la gestion et le fonctionnement des laboratoires, le contrôle de qualité et la construction de systèmes de données garantissant la normalisation, la traçabilité, l’interopérabilité, l’exploitation et la sécurité des informations.
Intervenant au colloque, Kathryne Bomberger, directrice générale de la Commission internationale pour les personnes disparues (ICMP), a souligné l’importance de tirer parti des expériences acquises dans d’autres pays et des progrès technologiques en matière d’identification génétique.
Selon elle, la véritable avancée ne réside pas uniquement dans l’utilisation de l’ADN pour identifier des individus, mais dans son application systématique à l’échelle de populations entières.
Elle a relevé que le Vietnam utilisait désormais le séquençage de nouvelle génération (NGS), une technologie permettant de réaliser des analyses et des identifications génétiques à grande échelle.
Kathryne Bomberger a également insisté sur le rôle essentiel des familles des personnes disparues, qui ne doivent pas être considérées uniquement comme les bénéficiaires des résultats, mais comme des partenaires pleinement associés à l’ensemble du processus d’identification.
Les observations et recommandations formulées lors du colloque seront examinées et synthétisées afin de proposer des missions, des solutions et une feuille de route destinées à renforcer les capacités d’analyse ADN, à améliorer la gestion des données et à promouvoir l’application des technologies appropriées.
Ces efforts contribueront à accélérer la recherche, la récupération et l’identification des restes des soldats tombés pour la Patrie, tout en répondant au devoir de reconnaissance et d’hommage envers ceux qui ont sacrifié leur vie pour le pays.