Parallèlement à l’amélioration des mécanismes de gestion, la capitale ambitionne de constituer un réseau vert continu afin d’améliorer l’environnement et la qualité de vie.
Développer de manière cohérente les forêts et la végétation urbaine
Le 15 juin 2026, le Conseil populaire de Hanoï a adopté la résolution n° 38/2026/NQ-HĐND relative à la gestion, à la protection, à l’exploitation, à l’utilisation et au développement durable des surfaces forestières, ainsi qu’au développement des espaces arborés et des plantations dispersées sur le territoire municipal.
Selon cette résolution, la gestion et le développement des forêts doivent garantir la cohérence et la continuité des écosystèmes, en lien avec les espaces écologiques interrégionaux et le plan directeur global de la capitale de Hanoï à l’horizon de 100 ans. La ville encourage le développement de l’écotourisme, des activités de villégiature et de loisirs en forêt, ainsi que la recherche scientifique et l’éducation à l’environnement, conformément à la réglementation.
La résolution prévoit également le développement d’espaces verts sur les terrains publics qui n’ont pas encore été attribués, loués ou utilisés, en tenant compte de leur durée prévisionnelle d’utilisation. Sur les terrains laissés vacants pendant moins de cinq ans, la ville privilégie l’aménagement de pelouses, la plantation de fleurs à cycle court, l’installation de bacs à plantes mobiles, la création d’aires de jeux communautaires, de parcs temporaires en accès libre et de petites places végétalisées. Pour les terrains vacants pendant plus de cinq ans, elle encourage la création de parcs écologiques intégrant des plans d’eau.
Le développement des espaces verts ne doit pas modifier la destination à long terme des terrains ni entraîner la construction d’ouvrages permanents ou la création d’immobilisations susceptibles de compromettre la récupération des terrains et la réalisation des projets prévus par les plans d’aménagement. La ville encourage également les organisations, les ménages, les particuliers et les communautés à participer aux plantations dispersées, en assurant le financement conformément aux plans établis et en mobilisant des ressources issues de la participation sociale.
En ce qui concerne les espèces végétales, la résolution privilégie les essences indigènes ainsi que celles capables de filtrer les poussières, d’absorber le bruit, de s’adapter au climat urbain et de présenter des qualités paysagères tout en étant faciles à entretenir. Les arbres d’ombrage doivent garantir la sécurité de la circulation et limiter les risques de chute pendant la saison des pluies et des tempêtes.
De la plantation d’arbres à la gestion des infrastructures vertes urbaines
Le 12 octobre 2026, le Comité populaire de Hanoï a adopté la décision n° 143/2026/QĐ-UBND relative à la gestion des parcs, des espaces arborés et des plans d’eau. Le texte exige que le développement de la végétation soit coordonné avec la planification urbaine, les infrastructures techniques et le paysage urbain. Il prévoit également de renforcer la protection des arbres existants, de clarifier les responsabilités de gestion et de mobiliser des ressources issues de la participation sociale.
Les projets d’investissement et de développement urbain doivent respecter les normes de superficie et de densité des espaces verts prévues par les plans approuvés. Avant l’approbation des projets architecturaux et paysagers, un plan de végétalisation des façades doit être élaboré en cohérence avec la conception urbaine.
Pour les projets de construction ou de rénovation des trottoirs, des terre-pleins centraux, des îlots de circulation, d’élargissement des routes et d’autres aménagements susceptibles d’affecter les arbres existants, les maîtres d’ouvrage doivent élaborer un plan de gestion des arbres et se coordonner avec les organismes responsables afin de limiter autant que possible leur abattage, leur déplacement ou la coupe de leurs racines. Les nouvelles plantations doivent être adaptées aux conditions climatiques et pédologiques, à la sécurité routière, aux infrastructures techniques et au paysage urbain.
La décision prévoit également des inspections périodiques pour évaluer les risques de chute, les maladies et l’état de sécurité des arbres, afin de prendre rapidement les mesures nécessaires. Une attention particulière est accordée à la préservation des arbres centenaires, patrimoniaux et rares. Le recensement des arbres, leur numérotation et la mise à jour des données relatives à leur nombre, à leurs espèces, à leur état et à leur emplacement doivent permettre d’améliorer l’efficacité de la gestion.
Le Service de la construction de Hanoï est chargé de conseiller le Comité populaire municipal sur la gestion des parcs, des espaces arborés et des plans d’eau. Il assure également l’orientation et le contrôle de la mise en œuvre, l’examen des projets, l’élaboration des plans d’investissement et la mise à jour de la base de données. Les comités populaires au niveau communal ainsi que le comité de gestion des parcs de haute technologie et des zones industrielles de la ville exercent leurs missions conformément à la répartition des compétences. La ville encourage les organisations et les particuliers à investir dans la plantation, l’entretien et la protection des arbres, ainsi que dans la rénovation des parcs et des jardins publics, dans un souci de transparence et de préservation de leur fonction au service de la communauté.
Selon Nguyen Minh Thanh, professeur associé et docteur, membre de l’Association vietnamienne des sciences et techniques forestières et ancien maître de conférences principal à l’Université forestière de Hanoï, le choix des arbres d’ombrage doit tenir compte des conditions écologiques, de leur durabilité et de leur capacité à résister aux contraintes du milieu urbain. Pour créer des espaces verts se rapprochant des forêts naturelles, aucune espèce ne devrait représenter plus de 20 % du nombre total d’arbres. Les plantations mixtes doivent respecter les caractéristiques de chaque espèce et privilégier les essences indigènes. Pour les arbres importés, il convient de choisir des espèces dont la culture a déjà réussi au Vietnam.
Tran Huu Bao, directeur adjoint du Service de la construction de Hanoï, indique que cette approche globale vise à remédier au manque d’homogénéité des essences plantées dans certaines rues, à la répartition inégale des parcs, à la dégradation des équipements et à l’insuffisance des données de gestion.
Pour la période 2026-2030, le Service de la construction s’attachera à perfectionner les mécanismes de gestion, les critères et les directives techniques, à contrôler les normes relatives aux espaces verts dans les projets, à constituer une base de données numérique, à rénover les parcs existants et à en aménager de nouveaux selon une liste de priorités. La ville prévoit également de valoriser les terrains interstitiels et inutilisés pour y développer la végétation, d’harmoniser les plantations le long des rues en privilégiant des essences indigènes très résistantes et de développer des espaces publics autour de l’axe paysager du fleuve Rouge.
Hanoï ambitionne de dépasser les 10 m² d’espaces verts urbains par habitant d’ici à 2030 et de constituer un réseau intégré de parcs, de jardins publics, de plans d’eau et de corridors verts à l’échelle de la ville, contribuant ainsi à améliorer le cadre de vie et la capacité d’adaptation au changement climatique.
Végétaliser les piliers de ponts et les passages souterrains pour étendre les espaces verts publics
Parallèlement au développement des espaces arborés dans les parcs, les jardins publics et les rues, le Service de la construction de Hanoï expérimente la végétalisation de certaines infrastructures de transport, en tirant parti des structures en béton pour ajouter des surfaces vertes dans les zones densément peuplées. Les sites concernés comprennent les piliers de la ligne ferroviaire urbaine Cat Linh-Ha Dong, le long de la rue Nguyen Trai, le pont routier supérieur à l’intersection Le Van Luong-Lang Ha et le passage souterrain Le Van Luong-To Huu.
Chaque axe fait appel à des espèces végétales adaptées à son emplacement et à sa configuration, afin de créer des points d’intérêt paysagers et de valoriser des espaces où les méthodes traditionnelles de plantation sont difficiles à mettre en œuvre.
À l’issue de la phase pilote, les autorités évalueront les résultats, les coûts d’entretien et les exigences de sécurité avant d’envisager une extension du dispositif. Cette initiative vient compléter la stratégie de développement d’espaces verts à plusieurs niveaux et contribue à étendre la végétalisation urbaine.