Les inondations urbaines résultent de la combinaison de plusieurs facteurs : pluies intenses, marées hautes, faible altitude du terrain, affaissement des sols, capacités limitées des réseaux de drainage et réduction des espaces naturels de stockage des eaux.
Les solutions doivent donc être adaptées aux caractéristiques de chaque secteur et s’inscrire dans une approche globale.
L'architecte Nguyen Dinh Hoa, de l'Institut d'économie et de gestion de Hô Chi Minh-Ville, a souligné que l'eau suit la topographie, les canaux et le réseau d'assainissement, et non les frontières administratives.
La ville doit aborder la question des inondations par l'ensemble du bassin hydrographique pas par le traitement isolé des zones inondables et élaborer des cartes communes indiquant l'altitude du terrain, les sens d'écoulement, les zones de stockage d'eau et les principaux points d'obstruction.
Ces données permettront d'identifier les causes et d'établir des priorités d'investissement.
Le Ngoc Linh, directeur adjoint du Service de la construction de Hô Chi Minh-Ville, a indiqué que la métropole comptait 23 bassins de drainage principaux.
L’extension de ses limites administratives a accru la diversité des conditions topographiques et hydrologiques.
Par ailleurs, certains plans d’urbanisme sont devenus obsolètes tandis que les réseaux d’assainissement, les canaux et les stations de pompage restent insuffisamment coordonnés.
Le plan de lutte contre les inondations pour la période 2026-2030 prévoit de réexaminer les réseaux d’évacuation des eaux dont la capacité a été réduite, les tronçons ayant perdu leur pente en raison de l’affaissement du sol, les zones d’ensablement ainsi que les exutoires affectés par les marées hautes.
Selon Le Ngoc Linh, la ville doit renforcer ses capacités de prévention des inondations et d’évacuation des eaux à l’échelle de chaque bassin et sous-bassin versant.
Nguyen Dinh Hoa souligne que la planification de la lutte contre les inondations doit être étroitement articulée avec l’aménagement du territoire et le développement urbain.
Le rehaussement des routes, le nivellement des terrains, la construction de nouveaux quartiers résidentiels et la disparition de canaux peuvent modifier les écoulements et réduire les capacités naturelles de stockage des eaux.
Il est donc indispensable d’évaluer non seulement les effets de chaque projet pris isolément, mais aussi leur impact cumulé sur l’ensemble du territoire.
Il propose que la ville identifie et protège les bassins de régulation, les corridors des canaux et des cours d’eau, les zones basses ainsi que les principaux axes d’évacuation des eaux. Ces espaces devraient être clairement délimités sur les cartes d’urbanisme.
L’aménagement des espaces de stockage des eaux devrait tenir compte de la topographie, de la capacité de stockage et de la fonction d’utilisation des sols de chaque zone.
Dans les quartiers exposés à un risque élevé d'inondations importantes, il convient d'envisager des mesures telles que l'amélioration des infrastructures, l'ajustement de la densité de construction, la création de corridors de drainage ou, lorsque cela s'avère nécessaire, le relogement des habitants, tout en garantissant leurs moyens de subsistance et leurs droits.
Le Ngoc Linh a souligné que les ouvrages de contrôle des marées doivent être intégrés aux réseaux d'assainissement, aux canaux, aux stations de pompage et aux bassins de régulation. Si l'on se contente d'empêcher l'entrée des eaux extérieures sans améliorer, de manière coordonnée, le drainage interne, le risque d'inondation persistera.
Compte tenu d’un investissement prévisionnel supérieur à 5,6 milliards de dollars, Hô Chi Minh-Ville doit établir ses priorités en fonction de la gravité et de la fréquence des inondations, du nombre d’habitants protégés, de l’efficacité attendue des solutions, de leur articulation avec les infrastructures existantes et de leurs coûts d’exploitation à long terme.
Les responsabilités en matière de gestion et d’entretien des ouvrages après leur mise en service devront également être clairement définies.