Bien que le nombre de visiteurs internationaux au Vietnam ait dépassé le cap des deux millions pour le troisième mois consécutif, les évolutions défavorables liées aux conflits au Moyen-Orient et la hausse des prix du pétrole exercent une pression croissante sur les tarifs aériens.
Ces facteurs placent désormais l’industrie touristique nationale face à des défis complexes pour l’année 2026.
Les dernières données de l’Office national des statistiques indiquent qu’en février 2026, le pays a accueilli plus de 2,2 millions de touristes étrangers, après les 2,45 millions enregistrés en janvier 2026 et les 2,02 millions de décembre 2025.
Pour les deux premiers mois de l’année, le Vietnam a attiré près de 4,7 millions de visiteurs internationaux, soit une progression de 18,1 % par rapport à la même période de l’année précédente.
Néanmoins, dans un contexte de hausse des coûts opérationnels mondiaux, de volatilité des prix des carburants et d'incertitudes géopolitiques influençant les comportements de voyage, l'écosystème touristique affronte des obstacles majeurs pour atteindre ses objectifs annuels.
Tran Tuong Huy, directeur adjoint de l'Institut de recherche sur le tourisme social, analyse que ce secteur demeure extrêmement sensible aux fluctuations sécuritaires et politiques.
Les tensions actuelles au Moyen-Orient, particulièrement entre les États-Unis, Israël et l'Iran, provoquent une envolée des prix du pétrole et des coûts de fonctionnement du tourisme.
Cette augmentation des coûts de production contraint de nombreux voyagistes à ajuster leurs tarifs, ce qui influence directement les décisions des clients internationaux ou les incite à différer leurs projets de voyage.
De plus, cette région constitue un axe aérien stratégique pour les flux de touristes européens vers le Vietnam.
Pham Huong Trang, de l’Université RMIT Vietnam, estime que la légère baisse constatée en février constitue un signal d’alerte précoce.
L’augmentation mondiale des coûts du transport aérien réduit l’accessibilité pour les voyageurs long-courriers en provenance d’Europe et d’Amérique, tandis que l’instabilité géopolitique perturbe les itinéraires de transit essentiels.
Parallèlement, la concurrence régionale s’intensifie : des pays comme la Thaïlande ou l’Indonésie assouplissent continuellement leurs politiques de visas et renforcent leurs campagnes de promotion.
Face à cette situation, le secteur doit impérativement élaborer des solutions proactives pour préserver ses parts de marché et atteindre son objectif de 25 millions de visiteurs internationaux cette année.
Tran Thi Bao Thu, représentante de la compagnie touristique Vietluxtour, précise qu’à court terme l’entreprise privilégie les marchés de proximité stables et dynamise les produits touristiques domestiques.
À long terme, une coordination plus étroite entre transporteurs aériens et voyagistes sera indispensable afin d’optimiser les acheminements et de réduire les coûts.
Par ailleurs, selon BenThanh Tourist, le Vietnam conserve des atouts structurels importants tels qu’un environnement sûr, des tarifs compétitifs et un réseau aérien international favorable, notamment avec l’Asie du Nord-Est, pour attirer davantage de visiteurs.
Pour maintenir cette dynamique de croissance, le professeur Nguyen Quyet Thang souligne la nécessité de diversifier les marchés afin d’éviter toute dépendance excessive à certains segments traditionnels.
Le marché intérieur, fort de près de 100 millions d’habitants, demeure un socle fondamental garantissant la stabilité du secteur face aux crises internationales.
Pham Huong Trang réaffirme qu’une structure de marché diversifiée constitue un facteur décisif de résilience pour l’industrie touristique.
Le tourisme domestique, marqué par une fréquence de voyage plus élevée et des attentes qualitatives accrues, n’est plus une simple solution de circonstance, mais doit être érigé en pilier stratégique parallèlement au marché international.