La conférence a réuni les 21 économies membres de l’APEC, ainsi que le Conseil consultatif des entreprises de l’APEC (ABAC) et les dirigeants de plusieurs organisations internationales, dont l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), l’ASEAN, le Conseil de coopération économique du Pacifique (PECC) et le Secrétariat du Forum des îles du Pacifique (PIF).
La MRT 32 s’est déroulée dans un contexte marqué par de nombreuses difficultés auxquelles continue de faire face le système commercial mondial. Selon l’unité de soutien aux politiques de l’APEC (PSU), les avancées technologiques rapides, le vieillissement démographique, le changement climatique ainsi que les perturbations des chaînes d’approvisionnement exercent un impact considérable sur le marché du travail, la compétitivité et les systèmes de production mondiaux.
Dans ce contexte, l’APEC demeure un forum majeur de coopération économique régionale, mobilisé pour relever les défis liés au commerce, à l’investissement et à la croissance durable. Inspirée du thème de l’Année APEC 2026 : « Construire une communauté Asie-Pacifique prospère », en cohérence avec la Vision Putrajaya 2040 et le Plan d’action d’Aotearoa, la Chine, pays hôte, a défini trois priorités : ouverture, innovation et coopération.
Lors de la première session consacrée à l’édification d’un ordre commercial et économique régional ouvert et prévisible, les ministres ont pris connaissance du rapport présenté par la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, sur les résultats de la 14e Conférence ministérielle de l’OMC (MC14), tenue en mars 2026 à Yaoundé, au Cameroun, ainsi que sur la récente session plénière du Conseil général de l’OMC.
La majorité des ministres du Commerce de l’APEC ont réaffirmé l’importance d’un système commercial multilatéral fondé sur des règles, avec l’OMC en son centre. Ils ont reconnu le rôle essentiel de l’Organisation dans la promotion du commerce mondial et souligné que les règles convenues au sein de l’OMC constituent un pilier incontournable du système commercial international.
Les participants ont toutefois estimé que l’OMC devait engager des réformes substantielles afin d’améliorer l’ensemble de ses fonctions — règlement des différends, négociations commerciales, surveillance des politiques et traitement des nouvelles problématiques — pour mieux répondre aux mutations du commerce mondial et aux intérêts de ses membres.
Pour sa part, le Vietnam a officiellement ratifié l’Accord de l’OMC sur les subventions à la pêche en septembre 2025 et rejoint le mécanisme multipartite d’arbitrage d’appel provisoire (MPIA) en octobre 2025. Hanoi a appelé les économies membres de l’APEC à poursuivre le dialogue, le partage d’informations, les bonnes pratiques, l’assistance technique et le renforcement des capacités, afin de soutenir les discussions en cours à l’OMC et d’aboutir à des avancées concrètes et substantielles.
La deuxième session, consacrée à la promotion de nouveaux moteurs pour une coopération commerciale et d’investissement innovante et dynamique, a mis en lumière l’impact croissant des technologies émergentes, notamment l’intelligence artificielle (IA), sur le commerce mondial. Les ministres ont reconnu que ces évolutions ouvraient de nouvelles opportunités de coopération tout en posant des défis importants aux économies, aux entreprises et aux travailleurs.
Parallèlement, l’industrie verte apparaît désormais comme un nouveau levier de croissance économique mondiale, alors que la communauté internationale accélère la transition vers des modèles de développement durables et sobres en carbone.
Dans un contexte de profonde transformation de l’économie mondiale sous l’effet de la transition numérique, de la transition verte et de l’innovation technologique, le renforcement des nouveaux moteurs de coopération commerciale et d’investissement devient une nécessité pour bâtir une région Asie-Pacifique plus dynamique, mieux connectée et plus durable.
S’exprimant lors de cette session, le vice-ministre Nguyen Sinh Nhat Tan a formulé quatre recommandations en faveur de la coopération régionale dans le domaine du commerce et de l’investissement.
Premièrement, promouvoir un État facilitateur, des entreprises pionnières et un partenariat public-privé étroit.
Deuxièmement, renforcer la coopération afin de mettre en place des mécanismes préférentiels permettant de mobiliser et d’utiliser efficacement les ressources, dans l’esprit selon lequel « les ressources internes constituent le fondement stratégique, durable et décisif, tandis que les ressources externes jouent un rôle important et catalyseur ».
Troisièmement, intensifier la coopération dans le développement de ressources humaines hautement qualifiées, capables de répondre aux exigences des transitions verte et numérique.
Quatrièmement, encourager davantage la coopération et le transfert de technologies, avec le soutien des économies membres et des grandes entreprises mondiales, notamment dans les domaines de l’intelligence artificielle, des biotechnologies, des technologies quantiques, des semi-conducteurs et de l’énergie.
La MRT 32 s’est achevée le 23 mai par l’adoption d’une Déclaration conjointe des ministres du Commerce de l’APEC, accompagnée d’une annexe relative à la feuille de route sur les services innovants, compétitifs et résilients.