Elle vise également concrétiser, à l’horizon 2045, la vision d’un Vietnam développé à revenu élevé, afin de bâtir un pays pacifique, indépendant, démocratique, prospère, puissant, civilisé et heureux, poursuivant résolument sa marche vers le socialisme.
Après quarante années de Renouveau (Đổi Mới), le Vietnam a posé des fondations essentielles qui contribuent progressivement à la réalisation de ces objectifs. La taille de son économie n’a cessé de croître, son statut sur la scène internationale s’est continuellement renforcé et le revenu par habitant s’est progressivement amélioré. Selon le rapport du ministère des Finances, au deuxième trimestre ainsi qu’au cours du premier semestre 2026, l’économie vietnamienne a poursuivi sa dynamique de croissance dans la quasi-totalité des secteurs ; les équilibres macroéconomiques sont restés globalement stables, l’inflation a été maîtrisée et la sécurité énergétique garantie.
Au premier semestre, le produit intérieur brut (PIB) est estimé en hausse de 8,18 %, soit la progression la plus élevée depuis 2011, plaçant le Vietnam parmi les économies les plus dynamiques. Les principaux moteurs de la croissance, investissement, consommation et exportations, ont enregistré leurs meilleures performances depuis de nombreuses années. L’indice moyen des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 4,38 % sur les six premiers mois de l’année, demeurant dans la fourchette de l’objectif fixé (environ 4,5 %). Ces résultats, particulièrement encourageants, témoignent des efforts de l’ensemble du système politique et constituent une base solide pour l’entrée du pays dans une nouvelle phase de développement.
Au deuxième trimestre et durant les six premiers mois de 2026, l’économie a ainsi continué de progresser dans la plupart des secteurs ; les fondamentaux macroéconomiques sont demeurés stables, l’inflation a été contenue et la sécurité énergétique assurée.
Toutefois, selon de nombreux économistes, l’écart qui sépare encore le Vietnam de l’objectif fixé pour 2030, un PIB par habitant d’environ 8 500 dollars américains, conformément aux orientations du XIVe Congrès du Parti, demeure considérable. Cela impose de poursuivre avec détermination le renouvellement de la pensée en matière de développement, d’améliorer la qualité de la croissance, la productivité du travail, la compétitivité, la résilience ainsi que l’autonomie de l’économie nationale.
Selon le professeur associé Vu Van Phuc, ancien rédacteur en chef de la Revue communiste (Tạp chí cộng sản), la transition vers un modèle de développement fondé sur la science, la technologie, l’innovation et la transformation numérique constitue à la fois une nécessité urgente et la voie incontournable pour permettre au Vietnam d’atteindre son objectif de devenir, d’ici à 2045, un pays développé à revenu élevé.
Il est donc indispensable, parallèlement au perfectionnement des institutions, de mettre en œuvre avec vigueur les orientations du Parti en matière de développement scientifique et technologique, d’innovation et de transformation numérique nationale ; de donner la priorité aux secteurs technologiques stratégiques, aux technologies fondamentales et aux technologies de base, notamment l’industrie des semi-conducteurs, l’intelligence artificielle, les mégadonnées (big data), l’informatique en nuage (cloud computing), les biotechnologies ainsi qu’aux domaines susceptibles de générer des avancées majeures en matière de productivité, de qualité et de valeur ajoutée. Il est également essentiel de développer des technologies vietnamiennes afin de produire des biens à forte valeur de connaissance, créant ainsi un espace favorable à l’émergence et au développement de nouveaux moteurs de croissance.
Si la science et la technologie constituent les nouveaux moteurs de la croissance, la pratique de l’économie des ressources et la lutte contre le gaspillage représentent, quant à elles, un levier efficace pour accroître les moyens consacrés au développement. Dans un contexte où les ressources nationales demeurent limitées, chaque ressource gaspillée correspond à une opportunité de développement perdue.
La professeure associée Pham Thi Tuy, vice-directrice de l’Institut d’économie politique de l’Académie nationale de politique Hô Chi Minh, estime que la réalisation de l’objectif visant à faire du Vietnam, d’ici à 2030, un pays en développement doté d’une industrie moderne et d’un revenu intermédiaire supérieur exigera, pour la période 2026-2030, une pensée dépassant les approches traditionnelles ainsi qu’un ensemble de solutions globales et véritablement innovantes. Dans un contexte de ressources nationales limitées, l’application rigoureuse du principe d’« économie des ressources et de lutte contre le gaspillage » doit être élevée au rang de stratégie fondamentale de mobilisation des ressources endogènes.
Sous l’angle de l’économie politique, le gaspillage ne se limite pas aux pertes financières directes ; il est plus grave encore lorsqu’il se traduit par une perte d’opportunités et de temps, les ressources dormantes - telles que les terres, les biens publics ou les capitaux des entreprises publiques - restant immobilisées dans des projets suspendus ou prisonnières de mécanismes de gestion rigides. Une révision générale résolue, accompagnée de la levée des obstacles juridiques afin de remettre ces ressources au service du développement, permettra de mobiliser des capitaux considérables au profit de l’économie nationale...
Le XIVe Congrès du Parti a défini les nouveaux moteurs de la croissance tout en exigeant que ces orientations stratégiques soient rapidement traduites en résultats concrets. La science, la technologie, l’innovation, la transformation numérique, le perfectionnement des institutions ainsi que le renforcement des capacités des cadres ne pourront pleinement jouer leur rôle que s’ils sont mis en œuvre de manière coordonnée, résolue et efficace à tous les échelons, dans tous les secteurs et dans l’ensemble des collectivités locales.