Le Vietnam et l’ASEAN consolident les fondements de la paix régionale à travers les principes du TAC

Un demi-siècle après la signature du Traité d'amitié et de coopération en Asie du Sud-Est (TAC) et trente et un ans après son adhésion à l'ASEAN, le Vietnam continue de promouvoir les principes fondamentaux de dialogue, de respect de la souveraineté, de règlement pacifique des différends et de coopération mutuellement bénéfique.

Le ministre des Affaires étrangères Lê Hoai Trung à Manille (Philippines). Photo : VNA.
Le ministre des Affaires étrangères Lê Hoai Trung à Manille (Philippines). Photo : VNA.

Ces principes demeurent le socle de la Communauté de l'ASEAN et un cadre essentiel pour préserver la paix, la stabilité et la coopération dans une région confrontée à des défis stratégiques de plus en plus complexes.

Depuis la signature du TAC en 1976, l’environnement régional a profondément évolué. L’intensification de la compétition entre les grandes puissances, les menaces liées à la cybersécurité, au changement climatique, à la sécurité énergétique, aux perturbations des chaînes d’approvisionnement ainsi qu’à la criminalité transnationale imposent à l’ASEAN de renforcer sa capacité d’adaptation tout en préservant les acquis de la coopération régionale.

Pour les spécialistes, ces mutations ne remettent pas en cause la pertinence des principes du TAC, mais appellent à une mise en œuvre adaptée aux réalités contemporaines.

Interrogé par l’Agence vietnamienne d’information (VNA), le directeur exécutif du Centre d’études sur l’Asie du Sud-Est (CSEAS) d’Indonésie, Arisman, estime que la force du traité réside précisément dans sa capacité d’adaptation.

Selon lui, les principes de respect de la souveraineté, de règlement pacifique des différends, de non-recours à la menace ou à l’emploi de la force et de promotion d’une coopération bénéfique pour tous conservent toute leur valeur.

Le chercheur estime que l'ASEAN devrait renforcer davantage la diplomatie préventive, consolider les mesures de confiance entre les États membres, développer la coopération maritime et continuer de s'appuyer sur le droit international, notamment la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982 (CNUDM), pour le règlement des différends.

Une analyse similaire est partagée par Beni Sukadis, coordinateur principal de l'Institut indonésien de recherche sur la défense et la stratégie (Lesperssi).

Selon lui, le respect des principes du TAC doit s'accompagner d'une coopération plus concrète entre les États membres.

Il appelle à accélérer l'intégration économique, la transformation numérique, le renforcement de la résilience des chaînes d'approvisionnement ainsi que la coopération dans les domaines de la sécurité maritime, de la cybersécurité, du changement climatique et des autres défis non traditionnels.

Au fil des décennies, le TAC a démontré sa capacité à évoluer avec son environnement. Initialement conçu comme un traité destiné aux pays d’Asie du Sud-Est, il est progressivement devenu une référence dans les relations entre l’ASEAN et ses partenaires extérieurs. Il offre aujourd’hui un cadre favorisant le dialogue, la gestion des différends et le maintien d’un environnement régional pacifique et stable.

Pour le Vietnam, les trente et une années écoulées depuis son adhésion à l’ASEAN, le 28 juillet 1995, témoignent d’un engagement constant en faveur des principes consacrés par le TAC. Entré dans l’organisation au moment où celle-ci amorçait son élargissement après la Guerre froide, le pays est progressivement devenu un membre actif, responsable et constructif, participant pleinement aux trois piliers de la Communauté de l’ASEAN : politique-sécuritaire, économique et socioculturel.

Tout au long de cette période, le Vietnam a constamment défendu les principes du respect de la souveraineté, du règlement pacifique des différends, de la non-utilisation ou de la menace de la force ainsi que du dialogue et de la coopération. Ces orientations sont également au cœur de sa politique étrangère d’indépendance, d’autonomie, de multilatéralisation et de diversification de ses relations internationales.

Les contributions du Vietnam se sont particulièrement illustrées lors de ses deux présidences de l'ASEAN, en 2010 et 2020. À ces occasions, le pays a œuvré avec les autres États membres pour promouvoir le dialogue, renforcer la coopération et poursuivre la construction de la Communauté de l'ASEAN.

En 2020, malgré les difficultés inédites engendrées par la pandémie de COVID-19, le Vietnam a contribué au maintien des mécanismes de coopération régionale, démontrant la capacité d'adaptation de l'organisation et consolidant son rôle central dans l'architecture régionale.

Alors que l’ASEAN engage désormais la mise en œuvre de la Vision de la Communauté de l’ASEAN à l’horizon 2045, le Vietnam entend poursuivre sa contribution à l’édification d’une organisation plus résiliente, innovante et tournée vers un développement durable.

Dans ce contexte, l’application cohérente et souple des principes du TAC demeure un élément essentiel pour renforcer l’unité de l’Association et préserver sa centralité.

Le secrétaire général de l'ASEAN, Kao Kim Hourn, a salué le rôle constructif joué par le Vietnam depuis plus de trois décennies au sein de l'organisation, mettant en avant ses contributions dans les domaines politique, économique et socioculturel.

De son côté, l'ambassadrice de Nouvelle-Zélande auprès de l'ASEAN, Joanna Anderson, a souligné la capacité du Vietnam à coordonner les initiatives régionales, notamment dans les domaines de la sécurité énergétique et de la coopération économique.

L'ambassadeur d'Indonésie auprès de l'ASEAN, Derry Aman, considère quant à lui le Vietnam comme un facteur de cohésion, attaché aux principes fondamentaux de l'organisation.

Cinquante ans après son adoption, le TAC demeure ainsi l'un des piliers de l'ordre régional en Asie du Sud-Est. Pour le Vietnam, qui accompagne depuis trente et un ans le développement de l'ASEAN, ces principes continueront de guider les efforts communs en faveur d'une Communauté plus unie, plus résiliente et mieux préparée aux défis de demain, au service de la paix, de la stabilité et du développement de la région comme du monde.

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