Le Vietnam veut créer des « locomotives scientifiques » : l’IA, le quantique et les semi-conducteurs parmi les priorités

Le Vietnam ambitionne de faire émerger des « locomotives scientifiques » dans les domaines de l’intelligence artificielle (IA), des technologies quantiques et des semi-conducteurs, considérés comme des secteurs prioritaires dans la stratégie nationale de développement scientifique et technologique.

Le Vietnam se fixe pour objectif de constituer de nombreux groupes de recherche d’excellence. Photo: tienphong.vn
Le Vietnam se fixe pour objectif de constituer de nombreux groupes de recherche d’excellence. Photo: tienphong.vn

Le Programme d’excellence en recherche fondamentale dans les sciences naturelles pour la période 2026-2035 (PEBR) fixe notamment l’objectif de constituer, d’ici 2030, environ 30 groupes de recherche de haut niveau dans les sciences naturelles, dont au moins trois capables d’exercer un rôle de leadership à l’échelle régionale.

Le ministre des Sciences et des Technologies, Vu Hai Quan, a récemment approuvé ce programme, qui vise à faire de la recherche fondamentale d’excellence un pilier central du système national de science, technologie et innovation. L’objectif est de renforcer les capacités de recherche au niveau international, de former des équipes scientifiques de rang mondial et de créer un environnement de recherche avancé, contribuant ainsi à renforcer la position scientifique du Vietnam et à poser les bases du développement des technologies stratégiques et des technologies de base à long terme.

Concernant les groupes de recherche d’excellence, le programme prévoit la création d’environ 30 groupes d’ici 2030, dont au moins trois atteignant un niveau de leadership régional. D’ici 2035, ce nombre devrait atteindre 50 groupes, dont au moins dix ayant une influence académique internationale reconnue.

En matière de publications scientifiques, le programme vise à multiplier par 1,5 d’ici 2030 le nombre d’articles publiés dans les revues classées Q1 de la base de données Web of Science ainsi que dans les revues relevant du Nature Index, par rapport à la moyenne de la période 2021-2025. Cet objectif devrait être doublé d’ici 2035.

Le Vietnam souhaite également accroître son influence scientifique internationale. D’ici 2030, le pays ambitionne de disposer d’au moins un axe de recherche se rapprochant du top 5 % mondial en termes d’impact scientifique mesuré par les indices de citation normalisés par discipline. D’ici 2035, au moins trois axes de recherche devraient atteindre ce niveau.

Le programme prévoit également le développement de nouvelles orientations scientifiques et de technologies de base. D’ici 2030, au moins dix nouveaux axes de recherche devront voir le jour, dont au moins trois présentant un potentiel pour devenir des plateformes de technologies stratégiques. D’ici 2035, dix nouveaux axes supplémentaires devraient être créés, dont cinq susceptibles de déboucher sur des technologies de base.

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Le programme PEBR privilégie les missions de recherche liées au développement des technologies stratégiques. Photo: tienphong.vn

Le Vietnam vise également à ce qu’au moins 10 % des projets relevant de ces nouveaux axes de recherche d’ici 2030, puis 20 % d’ici 2035, aboutissent à des résultats pouvant faire l’objet de brevets internationaux ou être transférés vers des projets de développement de produits technologiques stratégiques.

En matière de ressources humaines scientifiques, le programme prévoit de soutenir et d’intégrer au sein de l’écosystème PEBR au moins 500 docteurs, doctorants, postdoctorants et jeunes chercheurs d’ici 2030, dont au moins 100 jeunes scientifiques capables de diriger des équipes de recherche indépendantes de niveau international. D’ici 2035, ce chiffre devrait atteindre 1 000 scientifiques, dont au moins 200 jeunes chercheurs à fort potentiel de leadership.

Sur le plan de la coopération internationale, le programme fixe l’objectif de mettre en œuvre au moins 100 projets de recherche internationaux d’ici 2030, puis 300 d’ici 2035, avec une participation substantielle de partenaires étrangers. Chaque groupe de recherche d’excellence devra disposer d’au moins un partenaire stratégique international.

Selon le ministère des Sciences et des Technologies, la sélection, le financement et l’évaluation des projets seront réalisés sur une base concurrentielle, transparente et fondée sur l’excellence scientifique, en combinant expertise scientifique et indicateurs internationaux normalisés tels que le FWCI ou le CNCI.

Le programme encourage les propositions issues de la communauté scientifique dans le respect de la liberté académique, tout en accordant une priorité aux domaines présentant une importance stratégique pour le développement scientifique et technologique national.

Les financements seront concentrés sur les équipes capables de mener des recherches à fort potentiel de rupture, avec des investissements de long terme. Le mode de gestion reposera sur les résultats obtenus et leur impact, avec des évaluations intermédiaires et finales permettant d’ajuster les objectifs et les modalités de mise en œuvre. Le programme prévoit également une acceptation mesurée du risque scientifique inhérent à la recherche fondamentale, clairement distinguée des infractions administratives ou financières.

Le ministère souligne enfin que les financements seront orientés vers des programmes de recherche à moyen et long terme, sur une période de cinq à dix ans, associés au développement de technologies stratégiques et de produits technologiques clés.

Une attention particulière sera accordée aux domaines susceptibles de générer des percées scientifiques majeures et de contribuer à l’émergence de technologies de base dans des secteurs tels que les technologies quantiques, l’intelligence artificielle, les matériaux avancés, les biotechnologies, les nouvelles énergies, les semi-conducteurs ainsi que d’autres domaines prioritaires selon les périodes de développement.

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