Les acquis du développement du Vietnam reposent sur une approche centrée sur l’être humain

Les performances économiques du Vietnam, conjuguées à l’amélioration constante des indicateurs de développement humain, constituent des preuves concrètes de la priorité accordée par le pays à la promotion et à la protection des droits de l’homme.

La professeure Reena Marwah, du Jesus and Mary College de l’Université de Delhi, en Inde. Photo : VNA.
La professeure Reena Marwah, du Jesus and Mary College de l’Université de Delhi, en Inde. Photo : VNA.

Pour la professeure Reena Marwah, chercheuse et enseignante spécialisée dans le commerce international et la politique de la mondialisation au Jesus and Mary College de l’Université de Delhi (Inde), les stratégies et politiques mises en œuvre par le Parti et l’État vietnamiens ont permis de créer les meilleures conditions pour que la population puisse travailler, améliorer ses conditions de vie et bénéficier des fruits du développement.

Une approche centrée sur l’être humain au cœur du développement

Au cours des quatre dernières décennies, le Vietnam a enregistré des avancées remarquables, reconnues par la communauté internationale. Parallèlement à son développement économique, le pays a accordé une attention croissante à la garantie et à la promotion des droits de l’homme.

Selon la professeure Reena Marwah, la participation active du Vietnam aux mécanismes internationaux relatifs aux droits de l’homme témoigne des efforts constants du pays dans ce domaine. En 2025, le Vietnam a de nouveau été élu membre du Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour le mandat 2026-2028, une reconnaissance internationale des actions menées en faveur de la protection et de la promotion des droits fondamentaux.

Ayant participé aux réunions de sous-commissions du Comité des droits de l’homme à Genève, la chercheuse indienne estime mesurer pleinement la portée de cet engagement.

Elle souligne que le Vietnam s’est progressivement affirmé comme une économie dynamique, capable de réduire considérablement la pauvreté. Le taux de pauvreté a fortement diminué au fil des années, tandis que les autorités vietnamiennes ont déployé de nombreuses politiques publiques, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé et de l’assurance maladie, afin d’améliorer l’accès de la population aux services essentiels.

Depuis le lancement de la politique de Đổi Mới (Renouveau), l’État vietnamien a accordé une importance particulière à la création d’emplois, à l’amélioration des conditions de travail et au développement industriel. Cette orientation a contribué à une progression continue du revenu moyen par habitant.

Aujourd’hui, le revenu par habitant du Vietnam dépasse celui de nombreux pays ayant un niveau de développement comparable. Le pays est désormais classé parmi les économies à revenu intermédiaire.

La professeure Reena Marwah rappelle que le Vietnam, qui avait rejoint l’ASEAN plus tardivement que certains autres membres et bénéficiait auparavant de politiques de soutien spécifiques en raison de ses besoins de développement, a néanmoins enregistré une croissance remarquable.

Cette progression économique s’est accompagnée d’une amélioration du revenu des habitants, d’un meilleur accès à l’éducation, d’une réduction de la pauvreté ainsi que du renforcement d’un système de gouvernance visant à fournir des services publics essentiels à la population.

Ces résultats expliquent également pourquoi le Vietnam figure aujourd’hui parmi les pays ayant un indice de développement humain (IDH) élevé, avec un niveau d’environ 0,76. Le gouvernement vietnamien s’est fixé pour objectif d’atteindre un indice de 0,8 entre 2026 et 2030.

Pour la professeure Reena Marwah, ces progrès témoignent d’une transformation profonde réalisée en un laps de temps relativement court depuis la réunification nationale au milieu des années 1970.

« Le Vietnam a obtenu ces résultats grâce à une approche centrée sur l’être humain », estime-t-elle, considérant que cette expérience constitue une référence intéressante pour de nombreux pays en développement.

Les politiques sociales comme moteur du développement humain

L’accès à l’éducation, aux soins de santé, à la réduction de la pauvreté et à la protection sociale constitue l’un des fondements essentiels des droits de l’homme. Selon la professeure Reena Marwah, le modèle de développement vietnamien accorde une place importante à ces domaines à travers des politiques publiques concrètes.

Elle rappelle qu’à la fin de l’année 2025, le taux de couverture de l’assurance maladie au Vietnam avait atteint 95 %, tandis que l’espérance de vie moyenne s’établissait autour de 75 ans.

Ces indicateurs traduisent, selon elle, l’importance accordée par les autorités vietnamiennes aux services sociaux fondamentaux. Sans un système de santé accessible et efficace, l’amélioration de l’espérance de vie n’aurait pas été possible.

De même, les progrès réalisés n’auraient pas pu être atteints sans les politiques en faveur de l’accès aux soins, à l’éducation, ainsi que les programmes de soutien destinés aux communautés ethniques minoritaires et aux groupes à faibles revenus.

Ces actions constituent, à ses yeux, une expression concrète de la protection des droits fondamentaux de la population.

En 2025, le gouvernement vietnamien a également adopté le décret no 30, définissant les critères permettant d’identifier les travailleurs à faibles revenus éligibles à certains dispositifs de soutien, notamment dans le cadre du Programme national de réduction durable de la pauvreté.

Pour les personnes appartenant à ce groupe, l’État prévoit des mesures supplémentaires en matière de protection sociale et d’accès aux services publics, afin qu’elles puissent bénéficier des mêmes opportunités que les autres catégories de la population.

La professeure Reena Marwah souligne l’importance de ces programmes nationaux ciblés. Elle indique que l’Inde met également en œuvre des politiques similaires et estime que, dans un contexte où les ressources nationales restent limitées, il est essentiel de maximiser l’impact social des politiques publiques.

Selon elle, pour obtenir des résultats durables, les pouvoirs publics doivent identifier précisément les populations vulnérables et veiller à ce qu’aucun groupe ne soit laissé de côté.

Les droits de l’homme doivent être replacés dans le contexte global du pays

Les droits de l’homme doivent être appréhendés dans le cadre d’un processus de développement global, en tenant compte des réalités historiques, sociales et culturelles propres à chaque pays. L’expérience du Vietnam illustre cette approche, estime la professeure Reena Marwah.

Après plusieurs décennies de lutte pour l’indépendance et la réunification nationale, le Vietnam a accordé une importance particulière à la reconstruction et à la consolidation des fondations du développement national.

Sur le plan historique, rappelle-t-elle, le pays a dû concentrer ses efforts sur la reconstruction de l’État, l’édification nationale et la mise en place des bases essentielles du développement, à savoir les ressources humaines et la communauté.

À l’instar de nombreux pays asiatiques, le Vietnam accorde également une grande importance aux valeurs collectives. Cette caractéristique joue un rôle essentiel, car elle met en avant la responsabilité de chaque individu dans la construction et le développement du pays.

Chaque citoyen possède un rôle et une responsabilité propres dans l’œuvre nationale, tout en contribuant au maintien de l’harmonie collective. Les valeurs orientées vers la communauté sont profondément ancrées dans les sociétés asiatiques, où la famille et la communauté occupent une place importante.

Selon la chercheuse indienne, la notion de bien-être humain ne peut pas être réduite uniquement aux libertés individuelles ou aux intérêts personnels. Elle doit également intégrer la prospérité et le bien-être de l’ensemble de la communauté.

« C’est seulement dans cette perspective que l’être humain peut véritablement atteindre le bonheur », souligne-t-elle.

La professeure Reena Marwah estime par ailleurs qu’il n’existe pas de modèle unique applicable à tous les pays.

« Ce qui est adapté à un pays peut ne pas nécessairement convenir à un autre », explique-t-elle, ajoutant que chaque nation a la responsabilité de promouvoir et de mettre en œuvre les droits de l’homme en fonction de ses propres conditions, au bénéfice de l’ensemble de la société et non d’un nombre limité d’individus.

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Pour elle, l’objectif ultime est de permettre à la nation dans son ensemble de prospérer, en veillant à ce que le développement profite au plus grand nombre.

Le Vietnam contribue, avec la communauté internationale, à l’élaboration des normes relatives aux droits de l’homme

Ces dernières années, le Vietnam a activement participé aux mécanismes internationaux dans le domaine des droits de l’homme. Cette participation reflète, selon la professeure Reena Marwah, une approche fondée sur l’ouverture, le dialogue et la coopération internationale.

Elle rappelle que le Vietnam a participé à quatre reprises au processus d’examen périodique universel (EPU) depuis 2009.

Le pays a également été membre du Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour les mandats 2014-2016 et 2023-2025, avant d’être réélu pour la période 2026-2028.

Pour la chercheuse, cette participation traduit la volonté du Vietnam de s’adapter aux normes internationales et de contribuer à leur mise en œuvre.

« En participant au mécanisme du Conseil des droits de l’homme, le Vietnam travaille avec la communauté internationale à l’élaboration et à l’application des normes relatives aux droits de l’homme », souligne-t-elle.

Parallèlement à son engagement international, le Vietnam poursuit également le renforcement de ses capacités institutionnelles et administratives afin d’améliorer l’application concrète des principes relatifs aux droits de l’homme.

Selon elle, la mise en œuvre effective constitue un élément essentiel. Elle doit s’accompagner du renforcement des capacités, de l’information et de la sensibilisation de la population afin que les citoyens puissent mieux comprendre les exigences et les standards internationaux.

Cette démarche contribue à améliorer la position du pays à long terme, tout en favorisant le dialogue et la coopération internationale dans ce domaine.

La professeure Reena Marwah considère que les résultats obtenus par le Vietnam sont significatifs et que sa participation ainsi que ses contributions au Conseil des droits de l’homme des Nations unies sont importantes.

À ses yeux, les quatre cycles d’examen périodique universel auxquels le Vietnam a participé constituent en eux-mêmes une illustration de l’engagement constant du pays en faveur de la promotion des droits de l’homme.

Un modèle de développement fondé sur l’être humain et l’engagement international

L’expérience du Vietnam montre que le développement économique et la promotion des droits de l’homme constituent deux dimensions complémentaires d’un même processus. Les progrès enregistrés dans la réduction de la pauvreté, l’amélioration de l’accès aux services essentiels, le renforcement de la protection sociale et l’élévation de l’indice de développement humain traduisent une orientation constante visant à placer l’être humain au centre des politiques de développement.

Selon la professeure Reena Marwah, la trajectoire du Vietnam illustre l’importance d’une approche globale, dans laquelle la croissance économique doit aller de pair avec l’amélioration des conditions de vie de la population et la garantie des droits fondamentaux.

Au-delà des résultats économiques, le Vietnam a également renforcé son rôle au sein des mécanismes multilatéraux relatifs aux droits de l’homme, en participant activement aux discussions internationales et en contribuant au dialogue sur les normes et les pratiques en la matière.

Cette démarche reflète une conception selon laquelle la promotion des droits de l’homme ne relève pas uniquement d’engagements internationaux, mais doit également être ancrée dans les réalités historiques, culturelles et sociales de chaque pays.

Pour la chercheuse indienne, l’expérience vietnamienne constitue une source d’inspiration pour les pays en développement, notamment dans la manière de mobiliser les politiques publiques afin de créer des opportunités pour l’ensemble de la population, tout en veillant à ne laisser personne de côté.

Dans un contexte mondial marqué par de nombreux défis, la capacité à concilier développement économique, progrès social et respect des droits fondamentaux demeure un enjeu majeur. Le parcours du Vietnam au cours des dernières décennies illustre ainsi l’importance d’une vision du développement durable fondée sur l’être humain, la solidarité sociale et la coopération internationale.

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