Les localités vietnamiennes sont appelées à faire de la diplomatie un levier concret de développement, en transformant les relations extérieures en projets, investissements et résultats tangibles au service de la croissance. Tel est le message central de la 22e Conférence nationale des affaires étrangères locales, organisée le 2 août à Hanoï dans le cadre de la 33e Conférence diplomatique, sous la présidence du ministre des Affaires étrangères, Lê Hoài Trung.
Réunissant plus de 500 représentants des ministères, des collectivités locales, des missions diplomatiques vietnamiennes à l’étranger et du ministère des Affaires étrangères, la conférence était placée sous le thème : « Élever l’action extérieure des collectivités locales afin de mobiliser efficacement les ressources internationales au service du développement ».
Une diplomatie locale tournée vers des résultats concrets
Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le ministre des Affaires étrangères Lê Hoài Trung a souligné que la conjoncture internationale demeurait marquée par de profondes mutations, avec l’intensification des rivalités stratégiques et commerciales, la recomposition des chaînes d’approvisionnement mondiales ainsi que l’accélération des avancées scientifiques et technologiques.
Dans ce contexte, la diplomatie doit continuer à adapter ses méthodes d’action pour accompagner efficacement le développement national, a-t-il déclaré, rappelant que le Vietnam vise désormais une croissance économique de 10 %, un objectif qui nécessite une mobilisation accrue des ressources extérieures.
Selon lui, le 14e Congrès national du Parti a franchi une nouvelle étape en qualifiant pour la première fois les affaires étrangères de « mission essentielle et permanente » de l’ensemble du système politique, alors que le XIIIe Congrès les avait définies comme un secteur « pionnier ».
Le ministre a insisté sur le fait que la diplomatie locale ne devait plus être évaluée uniquement au nombre d’activités organisées ou de relations établies, mais à travers des résultats concrets. Il a ainsi proposé quatre critères d’évaluation : produire des résultats tangibles, créer une véritable valeur ajoutée, respecter les calendriers fixés et répondre aux attentes de la population.
Afin de concrétiser cette orientation, Lê Hoài Trung a présenté quatre priorités pour les prochaines années.
La première consiste à intégrer pleinement la diplomatie dans les stratégies de développement des collectivités territoriales. Chaque province ou ville est invitée à définir des priorités claires, à identifier ses partenaires stratégiques et à transformer ses orientations diplomatiques en programmes et projets réalisables.
La deuxième priorité vise à renforcer la diplomatie au service du développement. Les collectivités sont appelées à transformer leurs partenariats internationaux en investissements, transferts de technologies, projets scientifiques et innovations, tout en développant la diplomatie économique, culturelle, scientifique et technologique ainsi que la communication extérieure.
La troisième orientation porte sur l’amélioration des mécanismes de coordination entre les autorités locales, le ministère des Affaires étrangères et les représentations diplomatiques du Vietnam à l’étranger, avec la mise en place progressive d’une base de données commune afin de faciliter le partage d’informations et la coordination des actions.
Enfin, la quatrième priorité concerne le renforcement des capacités institutionnelles et humaines. Le ministre a plaidé pour la consolidation des services locaux chargés des affaires étrangères ainsi que pour la formation d'équipes de diplomates maîtrisant les langues étrangères, les compétences en négociation internationale, l’analyse stratégique et les réalités du développement local.
Des résultats encourageants
Présentant le rapport central de la conférence, le vice-ministre des Affaires étrangères Ngô Lê Văn a estimé que la diplomatie locale avait connu une évolution notable depuis la précédente conférence nationale.
Selon lui, les collectivités territoriales accordent désormais davantage d’importance à l’efficacité des coopérations qu’à leur seule multiplication. Les activités diplomatiques sont progressivement intégrées aux stratégies de développement économique et social, tandis que les autorités locales jouent un rôle plus actif dans la recherche de partenaires et de ressources internationales.
À ce jour, les localités vietnamiennes assurent la mise en œuvre de quelque 900 accords internationaux et ont organisé plus de 2.500 conférences et séminaires internationaux.
La diplomatie locale contribue également à attirer des investissements de meilleure qualité, à faciliter l'accès des produits vietnamiens aux marchés étrangers, à développer les chaînes de valeur mondiales ainsi qu'à promouvoir les échanges scientifiques et technologiques.
Les programmes de coopération internationale ont également permis de mobiliser plus de 1.500 projets financés par des organisations non gouvernementales étrangères, représentant plusieurs centaines de millions de dollars.
Dans le domaine culturel, le Vietnam compte désormais 79 reconnaissances, réseaux et mécanismes de l'UNESCO, tandis que de nombreuses manifestations culturelles et touristiques organisées par les collectivités locales sont devenues de véritables vitrines internationales.
Parallèlement, les coopérations dans les domaines de l'innovation, de la transformation numérique, de la protection consulaire, des Vietnamiens résidant à l'étranger et de l'information extérieure continuent de se renforcer.
Entre 2024 et 2026, le ministère des Affaires étrangères et les représentations diplomatiques vietnamiennes ont organisé plus de 270 réunions de travail avec les collectivités locales, neuf grandes conférences de mise en relation avec des partenaires étrangers et près de 2.000 activités de connexion internationale. Ils ont également facilité la signature de plus de 420 accords de coopération.
Renforcer la qualité des partenariats
Les débats ont toutefois mis en évidence plusieurs défis.
Certaines collectivités peinent encore à intégrer pleinement la diplomatie dans leur stratégie de développement, tandis que les résultats restent inégaux d'une province à l'autre. Les difficultés concernent également les ressources humaines, les moyens financiers, la transformation numérique, les cadres juridiques ainsi que les mécanismes de coordination entre les différents niveaux administratifs.
Les représentants des collectivités ont néanmoins partagé plusieurs expériences jugées prometteuses.
Hanoï entend faire du Parc de haute technologie de Hòa Lac un pôle régional dans les domaines des semi-conducteurs et de l'intelligence artificielle.
Hai Phong a présenté son modèle de « diplomatie au service du développement », fondé sur un suivi systématique de la mise en œuvre des engagements internationaux après leur signature.
La province d'An Giang souhaite tirer parti du marché halal ainsi que des opportunités offertes par l'APEC 2027 afin de promouvoir ses exportations agricoles et aquacoles.
De leur côté, Huê et Ninh Binh ont mis en avant le rôle de la diplomatie culturelle et de l'économie du patrimoine comme nouveaux moteurs de croissance durable.
Les collectivités ont également plaidé pour une décentralisation accrue, accompagnée d'indicateurs de performance (KPI), ainsi que pour la création d'une base de données nationale intégrée utilisant l'intelligence artificielle afin d'améliorer la gestion et l'évaluation des activités diplomatiques.
À l'issue de la conférence, plusieurs collectifs et personnalités ont reçu des distinctions du ministère des Affaires étrangères en reconnaissance de leurs contributions au développement des relations extérieures locales.
Les orientations adoptées lors de cette 22e Conférence nationale visent à faire de la diplomatie locale, au cours de la période 2026-2028, un véritable pilier des stratégies de développement des provinces et des villes, capable de mobiliser plus efficacement les ressources internationales et de contribuer à la croissance rapide et durable du Vietnam.