Le Journal Nhân Dân (Le Peuple) publie un article de la docteure Dang Thi Thuy Ha, de l’Institut d’études Asie-Pacifique relevant de l’Académie vietnamienne des sciences sociales, sur les années d’activités révolutionnaires du Président Hô Chi Minh en Chine.
Au cours de ses années d’activités révolutionnaires à l’étranger, la Chine fut le pays où le Président Hô Chi Minh séjourna le plus longtemps, cumulant environ douze années d’activités.
Chaque lieu où il séjourna en Chine conserve l’empreinte d’une amitié profonde et durable entre le Vietnam et la Chine, inscrite dans la cause révolutionnaire comme dans l’édification nationale.
De Guangzhou, Guilin, Kunming, Longzhou, Jingxi jusqu’à Pékin, chaque étape de son parcours fut liée à la consolidation des forces révolutionnaires vietnamiennes, à l’élargissement des relations internationales, à la mobilisation du soutien des amis chinois et à l’enracinement de l’amitié entre les deux nations.
C’est à partir de cette réalité que, après la fondation du Parti communiste du Vietnam (PCV) en 1930, les relations entre les deux pays furent décrites comme « à la fois camarades et frères ».
Après l’établissement officiel des relations diplomatiques en 1950, ces liens furent élevés à un nouveau niveau, prenant une dimension socialiste de plus en plus affirmée.
Les traces d’activités révolutionnaires du Président Hô Chi Minh en Chine
Guangzhou, centre révolutionnaire majeur de Chine, fut le lieu où le Président Hô Chi Minh séjourna le plus longtemps, et mena la plupart des actions qui jetèrent les bases du rapprochement entre les révolutions des deux pays.
Avec le soutien du Parti communiste chinois et des organisations révolutionnaires chinoises, Nguyen Ai Quoc organisa des cours politiques spéciaux afin de former les premiers cadres dirigeants de la révolution vietnamienne.
Certains responsables du Comité provincial du Parti communiste chinois du Guangdong, tels que Zhou Enlai, participèrent directement à l’enseignement de ces cours.
Le 21 juin 1925, à Guangzhou (Chine), le leader Nguyen Ai Quoc lança le journal Thanh Niên (Jeunesse), organe de l’Association de la jeunesse révolutionnaire du Vietnam.
Avec l’aide de la Fédération des marins dirigée par le Parti communiste chinois, le journal Thanh Niên fut discrètement acheminé vers le Vietnam. Il joua un rôle essentiel dans la diffusion du marxisme-léninisme au Vietnam et dans la préparation idéologique de la naissance d’un parti prolétarien vietnamien.
En 1930, le Président Hô Chi Minh organisa avec succès la réunion fondatrice du Parti communiste du Vietnam à Kowloon (Hong Kong), avec la participation de représentants du Parti communiste chinois.
Durant les années 1930 et 1940, malgré un contexte turbulent, les liens entre les deux partis communistes furent maintenus grâce à des canaux de communication, ainsi qu’à l’impression et au transport de documents.
En particulier, entre 1938 et 1941, le Président Hô Chi Minh œuvra dans le sud de la Chine sous le pseudonyme de Hô Quang, participant à l'organisation des forces révolutionnaires chinoises tout en rétablissant le contact avec l'organisation vietnamienne.
La Chine fut alors à la fois un refuge et une base stratégique préparant son retour au pays en 1941 pour diriger la révolution vietnamienne.
Des liens étroits avec les dirigeants chinois
Dès le début des années 1920, sous le nom de Nguyen Ai Quoc, le Président Hô Chi Minh établit des relations précoces avec des militants révolutionnaires et des dirigeants du Parti communiste chinois, constituant un réseau politique durable aux implications majeures pour les révolutions vietnamienne et chinoise, ainsi que pour leurs relations futures.
Tout au long de sa vie, il entretint ces relations avec sincérité et pragmatisme. Qu’il se trouve en France, en Union soviétique, en Chine ou après son retour au Vietnam, qu’il soit un révolutionnaire engagé dans des activités clandestines ou, plus tard, le chef de l’État, il accorda toujours une attention particulière à la cause révolutionnaire chinoise et fut l’un des plus fervents soutiens étrangers dans le soutien et l’encouragement de la révolution chinoise, ce qui lui a valu le respect et le soutien des dirigeants du Parti communiste chinois.
Le président Mao Zedong considérait l'aide au Vietnam comme une obligation internationale de la Chine ; le Premier ministre Zhou Enlai fut l’un des principaux dirigeants ayant directement reçu les représentants vietnamiens, mené les échanges et organisé d’importantes activités diplomatiques ; tandis que Liu Shaoqi joua un rôle actif dans la décision d’établissement des relations diplomatiques et dans la mise en œuvre de l’aide apportée au Vietnam.
Plus tard, lors d’un banquet en l’honneur du Premier ministre chinois Zhou Enlai à l’occasion de sa première visite officielle au Vietnam en 1956, le Président Hô Chi Minh le présenta comme « mon frère, mon camarade le plus proche depuis plus de trente ans ».
Le Premier ministre Zhou Enlai déclara également que le Président Hô Chi Minh était son grand frère.
Le Président Hô Chi Minh résuma l'amitié cultivée par les prédécesseurs révolutionnaires des deux pays dans le vers suivant : « Une amitié Vietnam–Chine profonde et sincère ; à la fois camarades et frères ».
Ainsi, au-delà de l’amitié traditionnelle entre la Chine et le Vietnam et de la solidarité entre les deux Partis, le rôle personnel des dirigeants des deux pays fut déterminant dans l’évolution des relations bilatérales.
Peu après avoir reçu la demande vietnamienne d’établissement de relations diplomatiques, Mao Zedong (alors en Union soviétique) répondit immédiatement : « Nous devons répondre sans délai et accepter la demande du gouvernement vietnamien d’établir des relations diplomatiques ».
Le 18 janvier 1950, le gouvernement chinois déclara : « Le gouvernement de la République populaire de Chine est prêt à établir des relations diplomatiques avec le gouvernement de la République démocratique du Vietnam et à échanger des ambassadeurs, afin de renforcer les relations diplomatiques entre les deux pays et de promouvoir l’amitié et la coopération », ouvrant ainsi un nouveau chapitre des relations bilatérales.
Le lien entre la révolution vietnamienne et celle chinoise
Le Président Hô Chi Minh fut le véritable lien entre la révolution vietnamienne et celle chinoise.
Tout d’abord, il introduisit le marxisme-léninisme dans le mouvement national vietnamien en lien étroit avec le mouvement communiste international et les expériences révolutionnaires chinoises.
Ainsi, les deux révolutions, dans les deux pays, étaient liées par les objectifs de lutte contre l'impérialisme, de libération de la nation et de transition vers le socialisme.
Ensuite, il établit des connexions humaines et organisationnelles concrètes. Grâce à ses relations avec les dirigeants chinois, il envoya de nombreux jeunes vietnamiens en Chine pour faire des études à l'Académie militaire de Whampoa, participer à des centres de formation paysanne et découvrir l'environnement organisationnel moderne du mouvement révolutionnaire chinois.
Enfin, il envisage constamment la révolution vietnamienne dans son rapport avec la révolution chinoise et avec la conjoncture de lutte anti-impérialiste en Asie.
Non seulement il sollicita l'aide de la révolution chinoise pour le Vietnam, mais il exprima également activement son soutien au peuple chinois dans sa résistance contre les Japonais, notamment en publiant des articles, en mobilisant l'opinion publique et en encourageant la solidarité internationale.
Les peuples des deux pays prirent des mesures concrètes pour soutenir et créer les conditions nécessaires à la survie et au développement des forces révolutionnaires respectives, même durant les périodes les plus difficiles.
Enfin, le Président Hô Chi Minh établit des bases révolutionnaires transfrontalières.
Sous son impulsion, la frontière du Nord du Vietnam et les régions du Guangxi et du Yunnan devinrent non seulement des zones de passage, mais aussi un espace de coordination des révolutions des deux pays.
Les deux parties établirent des postes de liaison, des structures logistiques, des centres de formation, des organes de presse et même des bases militaires selon les périodes historiques.
Les contributions du Président Hô Chi Minh sont reconnues comme un symbole vivant de l’amitié Vietnam–Chine.
De nombreuses localités en Chine conservent encore aujourd’hui des maisons commémoratives et des sites historiques liés à son activité révolutionnaire.
Son héritage majeur ne réside pas seulement dans l’ouverture d’une période d’amitié entre le Vietnam et la Chine, mais aussi dans une méthode de construction des relations de voisinage durables fondées sur trois piliers : les dirigeants, les Partis et les peuples.
Ainsi, le Président Hô Chi Minh demeure le lien le plus solide entre les deux révolutions du XXe siècle et une référence intellectuelle importante pour l’édification de relations bilatérales stables, substantielles et responsables au XXIe siècle.